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Giec : le rapport est prêt et le réchauffement… officiellement irréversible

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Réunis toute la semaine à Valence, les experts du Giec ont fini par se mettre d'accord sur leur rapport de synthèse. La rédaction a donné lieu à de nombreuses tractations, soupesant le texte au mot près et soulignant les différences d'attitude entre les nations. Ce document devient désormais une référence pour les cinq années à venir.

Elévation de la température moyenne du globe entre 1860 et 2000. Les lignes colorées indiquent les tendances pour des périodes différentes : jaune, 25 ans ; orange, 50 ans ; bleue, 100 ans ; rouge, 150 ans. © Giec

Jusqu'à vendredi en fin d'après-midi, on ne savait pas si le rapport du Giec serait prêt samedi, tant les négociations sur les termes employés ont été difficiles. Ce rapport de synthèse sur le réchauffement climatique a été rédigé par le Giec, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (IPCC en anglais, pour Intergovernmental Panel on Climate Change), une organisation internationale qui vient de recevoir le prix Nobel de la Paix en même temps que Al Gore.

Ses experts, réunis avec des représentants de près de 140 pays à Valence, en Espagne, ont discuté toute la semaine pour finaliser cette synthèse. Il s'agissait du quatrième et dernier élément du rapport 2007, dont le premier chapitre, décrivant les données scientifiques, a été officiellement présenté au mois de mai dernier. Les deux suivants ont détaillé les impacts prévisibles et les moyens imaginables pour en réduire les conséquences. Le précédent rapport du Giec datait de 2001.

Un document de base

Les conclusions de cette synthèse ne sont donc pas surprenantes puisqu'elles avaient déjà été clairement inscrites dans les précédentes parties du rapport. La responsabilité des activités humaines dans le réchauffement observé est quasi certaine, la probabilité étant de 90 %. L'augmentation prévisible de température entre la moyenne des deux dernières décennies (1980 à 1999) et l'année 2100 devrait se situer entre 1,1 et 6,4 °C, plus probablement entre 1,8 et 4 °C. L'élévation du niveau de la mer d'ici à la fin du siècle est estimée entre 18 et 59 centimètres.

A quoi donc, alors, servira cette quatrième partie du rapport 2007 ? Elle en sera probablement un élément capital car c'est surtout elle, et non le rapport complet de trois mille pages, que liront nos gouvernants. Elle servira certainement de document de base à la négociation internationale sur l'environnement qui se déroulera à Bali, du 3 au 14 décembre prochains, et qui devra définir la succession du protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, en vigueur jusqu'en 2012. Ce document est déjà téléchargeable (sous la forme d'un texte, le fichier pesant 3,8 Mo).

L'intérêt de ce rapport de synthèse réside également... dans les difficultés qu'ont générées sa rédaction, visualisant les positions de différents pays. L'Arabie, rapporte les observateurs qui se sont exprimés dans la presse, a œuvré pour minimiser ce qui pourrait conduire à une réduction de la consommation de pétrole. Les Etats-Unis se sont battus jusqu'à la dernière minute pour retirer du rapport le terme « irréversible », utilisé dans la version originelle à propos du réchauffement. Finalement, ce qualificatif a été conservé. Le réchauffement climatique observé est donc officiellement considéré comme irréversible. Ce même pays ne voulait pas non plus conserver la prévision d'une augmentation du nombre de tempêtes tropicales au cours du siècle. Cette conclusion serait trop incertaine.

Reste que, jusqu'en 2012, ce rapport de synthèse sera un point de repère pour tous les décideurs du monde mais aussi pour nous tous. Il suffit de le télécharger...