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Les gaz à effet de serre dépassent (de nouveau) leurs records

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La teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone a poursuivi sa hausse, avec près de 400 parties par million en 2014 sur l'ensemble de la planète, selon le dernier rapport de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Les autres gaz à effet de serre ont eux aussi dépassé leurs concentrations de 2013.

L'industrie fait partie des secteurs produisant le plus de gaz à effet de serre (18 % de la production en 2010), avec l'énergie (35 %), les transports (14 %) et l'agriculture (14 %). © byrev, Pixabay, DP

Sans surprise, le nouveau rapport de l’OMM (Organisation météorologique mondiale, une agence de l'ONU), paru aujourd'hui, fait état d'une concentration record en gaz à effet de serre en 2014. La comptabilité tenue ici par cet organisme n'est pas celle des émissions mais celle des quantités mesurées dans l'atmosphère en différents endroits du globe et exprimées en nombre de molécules (plus précisément en proportions), les principaux gaz à effet de serre (GES) étant le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4, dont 60 % des émissions sont d'origine humaine) et le protoxyde d'azote (N2O, à 40 % d'origine humaine). S'y ajoutent d'autres gaz, comme les CFC (chlorofluorocarbures)... et la vapeur d'eau. L'effet de cette dernière est important et, qui plus est, augmente avec la température puisque l'air chaud peut en emmagasiner davantage. L'ensemble des mesures est disponible dans le bulletin de l'OMM du 9 novembre.

La production de gaz à effet de serre en 2013 par les principaux pays émetteurs. © Idé

CO2 : les plus fortes valeurs jamais enregistrées

C'est le dioxyde de carbone, ou gaz carbonique, qui contribue au réchauffement, responsable de 65 % du forçage radiatif dû aux gaz à effet de serre« Il est à l'origine de l'augmentation de ce forçage à hauteur de 83 % environ depuis une décennie et de 82 % ces cinq dernières années », détaille le bulletin de l'OMM. Les valeurs atteintes sont les plus fortes jamais enregistrées pour les trois premiers GES :

  • dioxyde de carbone (CO2) 397,7 ± 0,1 parties par million (ppm) ;
  • méthane (CH4) 1.833 ± 1 parties par milliard (ppb) ;
  • protoxyde d'azote (N2O) 327,1 ± 0,1 ppb.
Les principaux gaz à effet de serre et leur production en 2010, exprimée en tonnes équivalent CO2. © Idé

Ces valeurs, souligne l'OMM, « représentent respectivement 143 %, 254 % et 121 % des niveaux préindustriels, en 1750 ». Ces chiffres ne sont cependant pas surprenants car ils s'inscrivent dans une tendance bien établie. L'accroissement du dioxyde de carbone entre 2014 et 2013 (1,9 ppm, en valeur absolue) est d'ailleurs voisin de la moyenne des dix dernières années (2,06 ppm/an). En revanche, pour le méthane et le protoxyde d'azote, la hausse constatée est plus forte qu'entre 2012 et 2013 et, également, que la croissance moyenne durant les dix dernières années.

Globalement, « selon l'indice annuel d'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère (AGGI) publié par la NOAA (Administration américaine pour les océans et l'atmosphère), le forçage radiatif de l'atmosphère induit par les gaz à effet de serre persistants s'est accru de 36 % entre 1990 et 2014 ».

Comment fonctionne l'effet de serre ?  On parle beaucoup de gaz à effet de serre et de réchauffement climatique ces dernières années mais savez-vous exactement comment se passe le phénomène ? Unisciel et l’université de Lille nous en disent plus dans cet épisode de Kézako.