En France, la production d’énergie est, de loin, la plus grosse émettrice de dioxyde de carbone (CO2). © chuyuss, Shutterstock

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Concentration de CO2 dans l'air : le point de non-retour (MAJ)

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Par Nathalie Mayer, Futura

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Depuis la révolution industrielle, la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air augmente en moyenne de quelque deux parties par million chaque année. En septembre 2016, elle a dépassé un seuil qui n’avait pas été atteint depuis plusieurs millions d’années. Un point de non-retour affirment les spécialistes.

Traditionnellement, c'est vers la fin du mois de septembre que la concentration de CO2 dans l’air est la plus basse de l'année. Et à en croire les chiffres commentés par la Scripps Institution of Oceanography, la concentration la plus basse de 2016 dépasse le seuil - pas si symbolique que ça - de 400 parties par million (ppm) pour atteindre quelque 401 ppm.

En 2013, des mesures réalisées à l'observatoire de Mauna Loa, à Hawaï, avaient, pour la première fois depuis 3,5 millions d'années, rapporté une concentration supérieure à 400 ppm, l'espace d'une journée seulement. Le mois de mars 2015 (voir ci-dessous) avait quant à lui marqué une nouvelle étape, en affichant des concentrations supérieures à 400 ppm tout le mois durant.

Selon les scientifiques, notre atmosphère semble bien avoir atteint un point de non-retour« Pour réduire la concentration de CO2 dans l'air, il ne suffira pas de développer des énergies renouvelables. Il nous faudra aussi trouver des moyens pour capturer le dioxyde de carbone que nous avons émis dans l'atmosphère », assure David Black, professeur à l'université de Stony Brook, à New York.

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Article initial de Jean-Luc Goudet, paru le 08/05/2015

Selon la NOAA, le taux de concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère a, en mars dernier, dépassé les 400 parties par million, soit la teneur la plus élevée jamais mesurée. Pourtant, les émissions ont stagné en 2014.

Évolution mensuelle de la concentration atmosphérique mondiale en dioxyde de carbone. La courbe rouge indique les teneurs mesurées. La noire est basée sur les mêmes valeurs mais avec un lissage des variations saisonnières. © NOAA

Mars 2014 : 398,10 ppm (parties par million, en volume). Mars 2015 : 400,83 ppm. La NOAA, l'Agence américaine océanique et atmosphérique, vient d'annoncer un record historique. Chaque semaine, ce taux est mesuré sur le volcan Mauna Loa, à Hawaï, et la NOAA établit la teneur mondiale mensuelle en s'appuyant sur 40 sites dans le monde. C'est la première fois que la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone (gaz carbonique, ou CO2) dépasse les 400 ppm.

Pourtant, selon l'IEA (International Energy Agency), comme le rapporte le communiqué de la NOAA, les émissions de dioxyde de carbone mondiales par la combustion d'énergie fossile ont stagné entre 2013 et 2014. La teneur atmosphérique a néanmoins augmenté de 2,25 ppm par an entre 2012 et 2014, soit « l'augmentation la plus élevée enregistrée sur trois années ».

Depuis les débuts de l'ère industrielle, la concentration en CO2 a augmenté de 120 ppm, « la moitié de cette hausse étant survenue depuis les années 1980 ». Selon James Butler, de la NOAA, « la suppression d'environ 80 % des émissions dues aux combustibles fossiles arrêterait la progression de la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone, mais celle-ci ne diminuera pas sans réduction supplémentaire et ne le ferait que lentement ».

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