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En bref : le glacier himalayen Ngozumpa menace la population népalaise

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Un glacier himalayen, le Ngozumpa, est affecté par le réchauffement climatique. Un cas banal mais en l'occurrence inquiétant car la fonte de ses glaces agrandit un gigantesque lac dont les parois sont instables. Il n'y a aucun risque de rupture... pour le moment.

C'est au pied du Cho Oyo (8.201 mètres d'altitude) que se trouve le glacier Ngozumpa. De nombreux camps de base s’installent sur ce glacier. Ils permettent notamment de partir en expédition vers l'Everest situé 20 km plus à l'est. © Uwe Gille, Wikipedia commons

Le glacier himalayen Ngozumpa descend du Cho Oyu, la sixième plus haute montagne du monde (8.201 mètres d'altitude). En Himalaya aussi, le réchauffement climatique est responsable de la fonte de ses glaces. Des lacs se forment à la surface du Ngozumpa et des torrents s'écoulent à l'intérieur. Toute l'eau libérée aboutit dans un grand lac situé à la base du glacier. Ce lac est retenu par une moraine, c'est-à-dire par un empilement de fragments de roches granitiques. Il pourrait à terme mesurer 6 km de long, 1 km de large et 100 m de profondeur. L'eau retenue pourrait alors causer la rupture de la moraine et se déverser dans la vallée, engendrant des dégâts catastrophiques.

Des scientifiques étudient attentivement ce glacier pour comprendre tous les processus mis en cause et pouvoir prendre des mesures de précaution. Certains résultats sont étonnants et montrent à quel point les volumes d'eau impliqués sont prodigieux. Un exemple est donné par Ulyana Horodyskyj, de l'université du Colorado à Boulder, dans un article de la BBC. Un lac situé cette fois sur le glacier a déjà perdu 100.000 m3 d'eau en 2 jours et il ne lui a fallu que 5 jours pour en récupérer la moitié. Il est dès lors possible de se faire une idée de la quantité d'eau pouvant alimenter le lac principal chaque jour de l'été.

Malgré ces chiffres impressionnants, le lac principal devrait mettre une vingtaine d'années pour se remplir totalement mais, étant donné les difficultés d'accès dans la région, il faut agir des maintenant.