Fracture qui s'étend à proximité du glacier de Pine Island, photographiée le 4 novembre lors d'un survol de l'Antarctique ouest dans le cadre du programme de la Nasa, IceBridge. © Nasa, Nathan Kurstz

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Antarctique : une faille spectaculaire entaille une plateforme glaciaire sur 110 km

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Par Laurent Sacco, Futura

Les plateformes glaciaires se forment et se brisent régulièrement en Antarctique en donnant de grands icebergs tabulaires. Mais celles appelées Larsen sont particulièrement instables en raison du réchauffement climatique comme le prouve la récente découverte d'une faille profonde et longue de plus de 110 km.

Il y a quelques années, la désintégration de la plateforme glaciaire Larsen B en Antarctique avait déjà fait parler d'elle car elle représentait une illustration frappante de l'effet du réchauffement climatique. Rappelons qu'une plateforme glaciaire, encore appelée barrière de glace, est très généralement une portion d'inlandsis qui s'écoule et s'étend sur l'océan en bordure de l'Antarctique, du Groenland et dans l'archipel arctique canadien.

Parfois, il peut s'agir aussi d'une portion de banquise, donc d'eau de mer gelée, dans ses régions, qui est recouverte d'une couche de neige compactée. Les plateformes glaciaires sont destinées à subir le vêlage et des icebergs tabulaires s'en détachent donc périodiquement au bout de quelques années ou décennies.

Une vidéo de présentation de la dislocation de la barrière glaciaire Larsen B. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Nasa, JPL

Une faille de 110 km de long et 530 m de profondeur

Toutefois, si certaines barrières glaciaires peuvent rester stables pendant plusieurs milliers d'années, étant en contact à la fois avec l'océan et l'atmosphère, elles sont particulièrement sensibles aux variations d'un changement climatique auxquels elles répondent beaucoup plus vite. Et de fait, c'est bien ce que l'on a observé avec les plateformes glaciaires disparues Larsen A et B depuis une vingtaine d'années. Il s'agissait dans l'ordre d'importance croissante de deux des trois segments de la barrière de Larsen qui sont associés à trois baies distinctes s'étendant le long de la côte orientale de la péninsule Antarctique.

La photo de la faille de Larsen C, une barrière glaciaire en bordure de la péninsule Antarctique est spectaculaire avec ses 110 km de long et ses 90 m de large. Mais elle n'occupe qu'une petite partie de la calotte polaire. © Nasa

La Nasa observe les barrières glaciaires depuis un moment dans le cadre de la mission IceBridge débutée en 2009. Le 10 novembre 2016, certains de ses membres ont photographié une faille spectaculaire de plus de 110 km de long, 530 m de profondeur et 90 m de large entaillant la plateforme glaciaire Larsen C. À l'échelle du continent Antarctique, dont la taille est d'environ 5.500 km et qui est donc 50 fois plus étendu, ce n'est nullement préoccupant, même si cela traduit une fois de plus la menace que fait peser sur l'Antarctique le réchauffement climatique en cours.

On doit en tout cas s'attendre dans un futur proche, mais encore indéterminé, à ce qu'un iceberg de la taille de l'état du Delaware aux États-Unis, se détache de la plateforme Larsen C.

Une impressionnante chute d’iceberg de la taille de Manhattan  Adam Lewinter et Jeff Orlowski ont filmé une rupture historique sur le glacier de Sermeq Kujalleq, au Groenland. L'événement a duré 75 minutes et le glacier s'est retiré de plus de 1,6 km. Un impressionnant spectacle que nous vous proposons de découvrir en vidéo. 

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