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2010 : médaille d’argent des années les plus chaudes connues

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Avec 0,62 °C au-dessus de la moyenne du XXe siècle, 2010 est numéro deux pour les records de chaleur, derrière 2005, selon le bilan établi par la NOAA. Un El Niño et une oscillation arctique particulièrement en forme sont les éléments clés de cette performance.

Le rapport State of the climate in 2010, en anglais, est téléchargeable en différentes versions (voir les liens ci-dessous). © NOAA

La planète poursuit son réchauffement, conclut en substance la NOAA (National Oceanic Atmospheric Administration) qui vient de publier un rapport sur le climat de l’année 2010 (voir tous les liens au bas de l'article). Ces données détaillées confirment les principales conclusions sur le climat de 2010 publiées au début de l'année. Réunissant le travail de 368 scientifiques de 45 pays (coordonnés par l'American Meteorological Society, AMS), le bilan porte sur 41 facteurs (« quatre fois plus que l'an dernier » souligne la NOAA), tels que les températures dans la partie basse et dans la partie haute de l'atmosphère, les quantités de précipitations, la couverture nuageuse ou la salinité des océans.

Au bilan final, la température globale de la planète aurait été en 2010 de 0,62 °C supérieure à la moyenne du XXe siècle. À l'aune des records de chaleur, elle vient en deuxième position. Le record est pour l'instant détenu par 2005, année reconnue comme la plus chaude depuis les premiers relevés de température en 1880.

D'autres valeurs remarquables ont été atteintes : le recul de la banquise arctique (troisième place pour 2010), la fonte de la calotte glaciaire du Groenland (8 % de plus que le précédent record de 2007), poursuite du recul des glaciers alpins, ininterrompu depuis vingt ans et, à l'inverse, record d'extension pour la banquise de l'Antarctique. L'année 2010 est également caractérisée par une température élevée des eaux de surface de l'océan et par la poursuite de la hausse du niveau de la mer, tandis que les contrastes de salinité ont été plus forts. Dans les zones à forte évaporation, la salinité a dépassé la moyenne alors qu'elle était faible dans les régions à fortes précipitations. Conclusion : le cycle de l'eau a été particulièrement intense.

Enfin, l'étude rapporte aussi la hausse de concentration des gaz à effet de serre, avec une augmentation de 2,60 ppm (parties par million), plus élevée que la hausse observée sur la période 1980-2010.

Comparaison des températures annuelles minimales (à gauche) et maximales (à droite), aux États-Unis, entre la période 1981-2010 et la période 1971-2000. Les couleurs indiquent les écarts observés entre ces deux périodes pour les différents États (l'échelle est donnée en degrés Fahrenheit). On remarque que pour tout le territoire des États-Unis, pour les minimas comme les maximas, les valeurs ont augmenté. En moyenne, l'élévation de la température entre ces deux périodes est de 0,28 °C. © NOAA

Des phénomènes saisonniers connus

À l'échelle de l'atmosphère, les climatologues notent la puissance particulière en 2010 du phénomène El Niňo et de l'oscillation arctique. Le premier est cet événement cyclique qui se caractérise par un courant côtier chaud dans le Pacifique venant lécher le nord de l'Amérique du Sud, au niveau du Pérou et de l'Équateur. Il est lié à un phénomène plus vaste, appelé oscillation australe, et on préfère le nommer ENSO (El Niňo-Southern oscillation).

L'oscillation arctique, elle, concerne la différence de pression atmosphérique (mesurée au niveau de la mer et moyennée) entre les régions arctiques (où elle est plus faible) et les basses latitudes (où elle est élevée). Cette différence fluctue entre deux extrêmes. Par moments, les pressions sont inférieures à la normale en Arctique et supérieures à la normale dans les basses latitudes (on dit que l'oscillation arctique est alors en phase positive). À l'inverse, les régions autour du pôle Nord peuvent être anormalement élevées tandis que celles au sud sont plus basses que la moyenne (phase d'oscillation arctique négative).

En 2010, elle est restée négative la plupart du temps, ce qui a conduit à une remontée d'air chaud vers les hautes latitudes et une descente d'air froid polaire vers le sud. D'où un hiver anormalement chaud au Canada et froid en Europe. Du côté de l'Antarctique, les masses d'air froid sont restées confinées sur le continent, ce qui a favorisé l'extension des glaciers et de la banquise.

Ces phénomènes saisonniers sont connus mais l'étude confirme encore une fois la tendance au réchauffement sur le dernier demi-siècle.