Un généticien russe a reproduit le processus de domestication du chien avec des renards et ce en moins de 50 ans. © RT Images, Shutterstock

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Des renards domestiqués en moins de 50 ans

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Alors qu'elle aurait eu lieu il y a plus de 10.000 ans, la domestication du chien reste mystérieuse. Un généticien russe s'est armé de patience et a reproduit avec des renards ce processus supposé lent qui a conduit le chien à l'abri de nos maisons. Conclusion d'une expérience de soixante ans : quelques décennies suffisent pour faire de descendants de renards sauvages des gentils toutous.

« Je ne puis pas jouer avec toi. Je ne suis pas apprivoisé », apprend le renard au petit prince de Saint-Exupéry qui l'interroge. Et alors même que la croyance populaire affirme qu'il n'est pas possible de contrôler la nature d'un animal sauvage, le généticien russe Dmitry Belyaev a souhaité mettre à l'épreuve scientifiquement le processus de domestication, quitte à y passer du temps. Beaucoup de temps...

Il a d'abord sélectionné des renards en fonction de leur comportement en présence d'être humains. Ceux qui se montraient les moins méfiants ont servi de point de départ à ce projet un peu fou lancé dans les années 1950. Après les avoir accouplés, le généticien a une fois encore sélectionné les renardeaux les plus dociles. Puis le procédé a été répété au fil des générations, encore et encore, voyant les renards perdre peu à peu de leurs attitudes sauvages.

Dès la quatrième génération, Dmitry Belyaev a vu apparaître des comportements observés chez les chiens domestiques : léchage de main, mouvements de queue, etc. Après 50 ans de sélection, le comportement des renards est devenu, affirme-t-il, indiscernable de celui d'un chien. D'ailleurs, le laboratoire vend désormais ses renardeaux comme animaux de compagnie pour financer la poursuite de ses études. Leur aspect physique a lui aussi évolué : oreilles pendantes, jambes et museaux plus courts et têtes plus larges. Et leurs glandes surrénales sont devenues plus actives, élevant les niveaux de sérotonine dans leurs cerveaux et réduisant ainsi leurs velléités agressives.

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