Aigle chauve photographié en Alaska. La photo était finaliste dans la catégorie « portraits d’animaux ». © Klaus Nigge, 2017 Wildlife Photographer of the Year

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Animaux sauvages : les 10 plus belles photos primées en 2017

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Découvrez les photographes animaliers de l'année 2017. Des images époustouflantes, et parfois bouleversantes, venues du monde entier. Derrière chaque photo, une histoire. Elles sont réparties dans plusieurs catégories : portraits, sous l'eau, les animaux dans leur environnement, etc. Un environnement, hélas, de plus en plus dégradé, avec des relations avec l'Homme difficiles.

Chaque année, depuis 53 ans, le Musée d'histoire naturelle de Londres récompense le « photographe animalier de l'année » (Wildlife Photographer of the Year en anglais). En 2017, le jury eut le choix parmi 50.000 contributions venues de 92 pays différents. Toutes les espèces du monde vivant y ont leur place, qu'elles soient minuscules, grandes, communes rares, en voie d'extinction, nocturnes, aquatiques, immobiles, animales, végétales ou autres. Les photos sont réparties dans 13 thématiques.

Voici les 10 des plus belles photos retenues pour la 53e édition. Si vous vous trouvez à Londres, ne manquez pas l'exposition des photographies qui a ouvert ses portes le 20 octobre.

Grand prix 2017 : « Mémorial à une espèce »

C'est une photo très dure et déchirante qui a remporté le grand prix de la Wildlife Photographer of the Year 2017. Le cliché baptisé Mémorial à une espèce par son auteur Brent Stirton, en reportage sur le commerce illégal de l'ivoire en Afrique du Sud, nous montre un rhinocéros noir du parc Hluhluwe Imfolozi abattu — probablement par des habitants de la région entrés illégalement — pour ses cornes. L'animal a été pris en embuscade à un point d'eau.

Le rhinocéros noir est une espèce considérée par l'UICN comme « gravement menacée ». 97,6 % de sa population a disparu depuis 1960. En 2015, il en restait moins de 5.000. Un chiffre qui continue de décroître, en raison du braconnage.

Un rhinocéros noir en Afrique du Sud tué pour ses cornes. Un massacre stupide. © Brent Stirton, 2017 Wildlife Photographer of the Year

Les animaux dans leur environnement : « Le voleur nocturne »

Ce fourmilier — certains atteignent 2 m de long — a été photographié en flagrant délit par Marcio Cabral. La scène se déroulait au Brésil, dans le parc national. L'animal pourvu de longues griffes s'intéressait de près à cette termitière. Comme on peut en s'étonner, celle-ci est couverte de lueurs scintillantes dont l'éclat rivalise avec le ciel étoilé : il s'agit de larves de taupins, une espèce d'élatéridés, qui attirent des termites dans leur pièges de lumière.

Au cœur de la nuit brésilienne, un fourmilier à l’assaut d’une étonnante termitière. © Marcio Cabral, 2017 Wildlife Photographer of the Year

Animaux dans leur environnement : « Une magnificence de monarques »

Regardez bien, on aperçoit un papillon sur cet arbre au centre. C'est un monarque. Eh bien non, il est loin d'être seul. Cet arbre tout entier et ses voisins en sont couverts ! Ce rassemblement spectaculaire qui rhabille la forêt a été photographié à El Rosario, dans le Michoacán au Mexique. La photo fait partie des finalistes dans cette catégorie.

Chaque automne, les papillons monarques sont des millions à parcourir plus de 5.000 km pour migrer vers le Mexique. © Jaime Rojo, 2017 Wildlife Photographer of the Year

Portrait d’animaux : « Contemplation »

Beau et émouvant portrait d'un mâle chimpanzé vivant dans le parc national Kibale en Ouganda. À quoi songe Totti (c'est son surnom) ? Le photographe Peter Delaney raconte que Totti — nom donné en référence à un footballeur italien — avait passé la matinée dans la canopée avec 250 autres de ses camarades. Mais après avoir essuyé plusieurs « râteaux » avec des femelles malgré ses tentatives de séduction, le malheureux a finalement jeté l'éponge et s'est laissé tomber au sol.

Totti, un chimpanzé qui semble mélancolique. © Peter Delaney, 2017 Wildlife Photographer of the Year

Portraits d’animaux : « Le pouvoir de la matriarche »

Avec ce portrait saisissant, David Lloyd est arrivé finaliste dans cette catégorie. Dans la lumière rasante du crépuscule, la femelle éléphant le regardait dans les yeux. « Son regard était plein de respect et d'intelligence, l'essence de la sensibilité », a-t-il commenté.

L’œil de la matriarche. © David Lloyd, 2017 Wildlife Photographer of the Year

Comportement des reptiles : le rituel de la tortue luth

Comme l'ont fait ses ancêtres avant elle depuis des millénaires, cette tortue luth regagne la mer après avoir enfoui ses œufs dans le sable, ici, en l'occurrence, à Sandy Point, dans les Îles Vierges américaines. *« Un rituel antique » comme l'a nommé Brian Skerry qui était là pour saisir ce moment dans une lumière éthérée.

Une tortue luth regagne la mer après avoir enfoui sa ponte. © Brian Skerry, 2017 Wildlife Photographer of the Year

Comportement des invertébrés : panier de crabes

Une surprise-partie de crabe ! Au milieu de cette armée de crabes, un poulpe aussi excité qu'un « enfant dans un magasin de bonbons », raconte Justin Gilligan, qui a remporté le premier prix dans cette catégorie. La photo a été prise dans les récifs artificiels de Mercury Passage en Tasmanie.

Un poulpe parmi des dizaines de crabes. © Justin Gilligan, 2017 Wildlife Photographer of the Year

Comportement de mammifères : réunion entre amis

Dans cette catégorie, le premier prix est allé à Tony Wu qui fut témoin d'un véritable congrès de cachalots au large du Sri Lanka. Ils y étaient des dizaines rassemblés, « un espoir que les populations de cachalots vont mieux ».

Lors de ces réunions, les cachalots se frottent les uns aux autres, afin d’enlever les peaux mortes du voisin et aussi pour renforcer les liens sociaux. © Tony Wu, 2017 Wildlife Photographer of the Year

Plantes et champignons : « Tapisserie de la vie »

De la mousse sur des troncs d'arbre ? Non. Nous sommes sur une des îles Lofoten en Norvège. La mousse ici couvre des roches métamorphiques. Très abruptes, certaines falaises autour d'Hamnøy plongent dans la mer de 200 m de hauteur.

Paysage intemporel au nord de la Norvège. © Dorin Bofan, 2017 Wildlife Photographer of the Year

Sous les eaux : « Le jockey de la méduse »

Anthony Berberian est médecin à Tahiti. La plongée scientifique est l'une de ses grandes passions et d'ailleurs, il participe à des recherches sur la biodiversité des lagons. Avec cette photo d'une larve de homard qui fait du stop sur le dos d'une petite méduse morte, dont il s'est déjà nourri des tentacules, il a remporté le premier prix de cette catégorie.

Une larve de homard agrippée au dos d’une méduse morte. © Anthony Berberian, 2017 Wildlife Photographer of the Year

Retrouvez toutes les photos finalistes dans chaque catégorie sur le site du NHM.

Pour en savoir plus

Les plus belles photos du monde animal en 2016

Article de Xavier Demeersman publié le 27 octobre 2016

Voici une sélection de dix photos récompensées lors de la 52e Wildlife Photographer of the Year Awards (compétition internationale pour le meilleur photographe de la vie sauvage de l'année) organisée par le Muséum d'histoire naturelle de Londres. Des images saisissantes qui nous rapprochent du monde animal sauvage, par ailleurs malmené par l'Homme.

Sur les 50.000 photos, venues de 95 pays, soumises au jury du très prestigieux Wildlife Photographer of the Year Awards (compétition internationale pour le meilleur photographe de la vie sauvage de l'année) organisé chaque année par le NHM, le Muséum d'histoires naturelles de Londres (52e édition cette année), seule une centaine fut retenue pour la finale.

Les images ont été choisies d'une part pour leurs sens artistiques et, d'autre part, pour leur qualité d'innovation technique et « une interprétation véritable du monde naturel »« Les images gagnantes touchent nos cœurs et nous incitent à penser différemment au sujet du monde naturel », a déclaré le directeur du NHM, Sir Michael Dixon.

Voici les 10 plus belles photographies, récompensées dans diverses catégories. Toutes veulent raconter une histoire et certaines, hélas, sont dramatiques, soulignant une fois de plus les dégâts que provoque notre espèce sur toutes celles qui nous entourent (on parle de sixième extinction de masse).

Orang-outan escaladant un arbre, à Bornéo

Le Grand prix toute catégorie a été attribué à la magnifique photo ci-dessous, de Tim Laman, pour cette prise de vue originale (et aussi pour l'histoire qu'elle conte) d'un orang-outan escaladant un arbre dans une forêt de Bornéo. Le biologiste et photojournaliste américain présent sur place avait observé ce grand singe faire ses courses dans cet arbre. Aussi, sachant qu'il allait revenir, il a pris soin d'y installer des caméras GoPro HERO4 Black pour lui tirer le portrait. Le résultat est étonnant.

Grand prix du jury. Jeune mâle orang-outan photographié alors qu’il se rend dans la canopée pour faire ses courses. © Tim Laman, 2016 Wildlife Photographer of the Year

« Une histoire vitale est capturée en une photo remarquable avec cet orang-outan qui grimpe à un arbre émergent dans son habitat en diminution constante, a indiqué le président du jury, Lewis Blackwell. L'histoire est bien connue, mais nous avons besoin de photographies exceptionnelles comme celles-là pour nous le rappeler de nouveau. Cela touche nos cœurs et nos esprits et peut aider pour mener des actions de soutien afin d'arrêter la destruction ».

Rappelons que, dans cette région du monde, l'industrie de l'huile de palme transforme les grandes forêts primaires en de gigantesques champs de palmiers à huile, sans aucun égard pour tous ses habitants. Sans habitat, les orangs-outans (les « jardiniers de la forêt » ) se retrouvent affamés. À cela s'ajoute ceux qui sont chassés des palmeraies et sciemment empoisonnés.

Retrouvez toutes les photos de la série ici.

Corneille au clair de lune

La photo sonne presque comme une fable de La Fontaine : la Lune et la Corneille... C'est du moins le titre que lui a donné Gideon Knight qui a reçu le Grand prix jeunesse 2016.

Au départ, le jeune photographe britannique voulait photographier la silhouette de l'oiseau lorsqu'il était devant la Lune. La magie a opéré dans cette scène qu'il a su capter.

Une corneille, créature très intelligente et pourtant mal aimée, ici sur une branche, en compagnie du globe lunaire. « Si une image pouvait être un poème, ce serait celle-là » a déclaré Lewis Blackwell, membre du jury. © Gideon Knight, 2016 Wildlife Photographer of the Year

Une perruche attrape un varan du Bengale par la queue

C'est une magnifique composition, presque surréelle, où l'on voit une perruche attrapant par la queue un varan du Bengale qui tente de s'emparer des œufs dans le nid de l'oiseau. L'action s'est répétée plusieurs fois durant deux jours, a raconté l'auteur, le photographe indien Ganesh H. Shankar. Il s'agit de la plus belle photo 2016 dans la catégorie « oiseaux ».

Une perruche tente de chasser un varan du Bengale. La composition de la scène donne presque l’impression que c’est irréel. © Ganesh H Shankar, 2016 Wildlife Photographer of the Year

Des hyènes en plein festin de gnous

Voici à présent une scène glaçante où la mort rôde. Ce jour-là, Simon Stafford, photographe fort de 35 ans d'expérience, a surpris des hyènes en plein festin de dépouilles de gnous. Ces derniers ont payé le prix fort leur traversée du fleuve Mara (Kenya et Tanzanie) ; en dérapant sur les pentes raides, ils périrent dans la bousculade. Le malheur des uns fait le bonheur des autres... Il s'agit de la plus belle photo 2016 dans la catégorie « mammifère ».

Hyènes en plein festin de gnous. © Simon Stafford, 2016 Wildlife Photographer of the Year

Une cistude d'Europe remuant de la vase

Encore une espèce menacée d'extinction. La cistude d'Europe est une tortue aquatique que l'on rencontre dans des zones humides (eau douce) en Europe. Elle passe une grande partie de son temps sous l'eau, pour chasser et se réfugier dans la végétation. Malheureusement, la pollution des eaux, le braconnage pour la beauté de sa carapace mouchetée de points dorés et aussi la concurrence avec des espèces invasives ont réduit sa population.

Le naturaliste et photographe Marco Colombo, qui passe beaucoup de temps en leur compagnie, a saisi celle-ci en Sardaigne. La vase qu'elle a remuée a teinté la scène de tons sépia. Il s'agit de la plus belle photo 2016 dans la catégorie « reptile ».

Une scène de la vie quotidienne de la Cistude d’Europe, une espèce de tortue aquatique protégée. © Marco Colombo, 2016 Wildlife Photographer of the Year

Méduse flottant dans la lagune de la Mer Mineure, en Espagne

Comme posée sur les eaux calmes de la lagune de la Mer Mineure, en Espagne, une sorte d'« île de lumière », comme l'a qualifié Angel Fitor qui a photographié cette méduse à la dérive, bloquée à la surface par une bulle d'air qui l'empêche de plonger. Le photographe espagnol raconte qu'il a attendu trois ans qu'une telle scène se produise, dans cet environnement calme au moment du crépuscule. Il s'agit de la plus belle photo 2016 dans la catégorie « invertébré ».

Magnifique photo d’une méduse flottant dans les eaux calmes de la Mer Mineure. © Angel Fitor, 2016 Wildlife Photographer of the Year

Un léopard dans la ville, en Inde

Les villes qui n'ont de cesse de croître avec la population humaine (plus de 50 % de la population mondiale vit en ville) font reculer les territoires des animaux sauvages lesquels, pour se nourrir, se retrouvent contraints à explorer les environnements urbains. Les rencontres avec l'Homme — lequel est peu enclin à partager son territoire — sont donc de plus en plus nombreuses. Et il n'y a pas que le léopard qui dérange, l'éléphant aussi par exemple, en Afrique ou en Asie.

Le biologiste indien Nayan Khanolka a attendu plusieurs mois avant de pouvoir enfin photographier ce gros chat tacheté se déplaçant, la nuit, à pas de velours dans les rues d'une ville de la banlieue de Mumbai, en Inde. Dans la culture Warli, rappelle-t-il, le léopard est très respecté, aussi le tolèrent-ils dans leur voisinage. Mais combien de temps encore ? Il s'agit de la plus belle photo 2016 dans la catégorie « urbain ».

Tel un chat de gouttière, ce léopard part à la chasse dans les rues d’une ville de la banlieue de Mumbai. © Nayan Khanolka, 2016 Wildlife Photographer of the Year

Rassemblement de vivaneaux rouges

Rassemblement de vivaneaux rouges au large de l'île de Palau, dans le Pacifique-ouest, photographié par Tony Wu. Dans le maelström, avant l'arrivée des prédateurs, le photographe a réussi à se positionner pour saisir cette scène où les poissons changent de couleur au cours de leur danse nuptiale. Il s'agit de la plus belle photo 2016 dans la catégorie « sous-marine ».

Chaque mois, à la Pleine Lune, les vivaneaux rouges se rassemblent. Ici près de l’île de Palau, l’un des deux sites de ponte au monde. © Tony Wu, 2016 Wildlife Photographer of the Year

Triste massacre de pangolins

Cette image d'hécatombe est à la fois poignante et révoltante. Elle a été capturée par le photojournaliste anglo-australien Paul Hilton lors de la saisie d'un container qui, sous couvert de transport frigorifique de poissons, renfermait en réalité quelque 4.000 pangolins.

C'est encore mal connu mais cet animal fait l'objet du plus grand trafic animalier au monde. À un tel point que c'est désormais une espèce en grand danger d'extinction. Sa chair est prisée dans les milieux aisés, en Chine notamment et au Vietnam, ses écailles quant à elles, sont recherchées pour de supposées vertus attribuées. L'animal est facile à capturer. Pourchassé, il se met en boule, il n'y a donc plus pour le braconnier qu'à le ramasser. « Les crimes d'animaux sauvages sont un gros business, a rappelé l'auteur. Cela ne s'arrêtera seulement que lorsque la demande aura stoppé ». Il s'agit de la plus belle photo 2016 dans la catégorie « photojournalisme ».

Image terrifiante d’un massacre inutile de pangolins. Ici, 4.000 individus ont été retrouvés dans un container frigorifique en partance pour la Chine. Ce fut une des saisies d’animaux les plus importantes jamais enregistrées. © Paul Hilton, 2016 Wildlife Photographer of the Year

Un hibou pygmée en deuil

Le photographe suédois Mats Andersson a capturé le deuil d'un hibou pygmée dans les premières lueurs de l'aube. Son compagnon venait de décéder, sans doute victime d'une autre espèce de hibou, plus grande, que ces oiseaux de nuit cherchent à éviter. Il s'agit de la plus belle photographie dans la catégorie « noir et blanc ».

Le photographe a intitulé cette scène « Requiem pour un hibou ». Tristesse pour ce hibou pygmée qui a perdu son compagnon. © Mats Andersson, 2016 Wildlife Photographer of the Year

Vous pouvez retrouver ces images et celles des autres finalistes sur le site Internet du musée britannique. En outre, si vous habitez Londres ou que vous êtes de passage dans la ville, vous pouvez les retrouver dans l'exposition que propose le NHM depuis le 21 octobre. Enfin, si vous souhaitez concourir pour la prochaine édition, vous pouvez déposer vos photos jusqu'au 15 décembre.

Les animaux sauvages face au réchauffement climatique  Même de très légers changements du climat peuvent affecter fortement la biodiversité d’un secteur, voire entraîner la disparition d'animaux. C’est pourquoi le CLS, spécialisé dans la protection de la faune sauvage, s’attache à surveiller au quotidien et par satellite les espèces vulnérables comme le manchot royal ou l’éléphant de mer. Voici en vidéo un aperçu du travail effectué en Arctique.