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Photo : Tour vivante vue de nuit

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Tour vivante vue de nuit

Description

La Tour Vivante est un bâtiment de logements et de bureaux qui accueille une exploitation agricole. Elle associe donc lieu de production, lieu de consommation et espaces de vie. L'imbrication de ces programmes demande une adaptation respective et donne lieu à des échanges de différentes natures. Leur entrelacement, davantage que par simple superposition, exprime la fusion des programmes (logements/bureaux avec cultures) mais la distribution des logements est complexifiée et l'exposition des surfaces agricoles n'est pas optimisée. Les programmes s'adaptent l'un à l'autre : le logement permet l'intégration de la surface agricole et l'exploitation agricole recycle les déchets de la tour et nourrit ses habitants. D'une emprise au sol de 900 m2, la Tour Vivante s'érige sur trente étages avec une surface agricole de 7 000 m2 constituée d'un linéaire continu qui se développe sur 875 m.

 

La Tour Vivante explore les limites de comptabilité entre architecture et agriculture et interroge la pertinence de fusionner lieux de vie et lieux de production.

 

Loin d’une image d’autarcie futuriste et de survivance, la Tour Vivante s’érige fièrement comme un geste architecturale ambitieux : sa forme sculpturale irrégulière et libre contraint la logique agricole à se loger dans les vides de ses entrailles. L’homme habite et dompte la nature. Dans cette fusion nature-culture, l’homme a gagné sa liberté de créer sans se soumettre à la répétitivité de l’exigence technique.

 

Car si elle était conçue d’abord sur des critères agricoles, la tour ne serait qu’un système parfaitement réglé, répété verticalement, associant deux types de constructions adaptées à leurs destinations réciproques. Or, ici, la construction ignore cette distinction fondamentale et le mode constructif est unique. Pas de construction modulaire, pas d’extension, de Plug. Pas non plus d’exploitation du dessus, du coté. C’est le corps même qui abrite les deux programmes. Le mètre carré de serre horticole demande autant de mise en œuvre que celui de l’habitation !

 

Mais cette ineptie n’empêche pas l’objet de nous fasciner car il raconte l’ambivalence de notre rapport à la nature, nos pulsions visant à la sublimer et à la terrasser en même temps.

 

D'une hauteur de 112 m, la Tour Vivante est constituée de 30 étages et oppose « pleins » et « vides » par un jeu topographique. Les « pleins » répondent systématiquement aux exigences du logement et des bureaux en termes de confort, d'isolation thermique et acoustique et d'ensoleillement, tandis que les « vides » accueillent des serres agricoles.

 

La conception de la structure est fortement associée au parti architectural de la tour. Son système structurel repose entièrement sur la technologie béton. L'idée d'une opposition entre espaces pleins (bureaux et logements) et espaces vides (cultures) exige de construire une tour sans porteurs périphériques. Pour atteindre cet objectif, le noyau central de la tour est structuré pour reprendre les efforts de contreventement et la totalité des descentes de charge. La raideur du noyau est assurée par un empattement supplémentaire de 2 m constitué d'une trame de voiles à partir desquelles des consoles traversantes soutiennent les planchers. Elles assurent la raideur aux extrémités et reprennent la charge des panneaux de façade préfabriqués en matériaux légers.

Ce système constructif permet d'associer de manière cohérente structure, espace architectural et fonction. En effet, le principe de bande périphérique autour d'un noyau accueille alternativement les pièces humides des logements, les sanitaires et les locaux utiles des bureaux ainsi que des espaces techniques pour les serres agricoles. Cette bande périphérique de 2 m accueille la totalité des locaux humides et techniques de la tour, simplifiant ainsi les descentes de gaines.

 

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