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La clé du confort d’hiver : le chauffage basse température

Dossier - Les clés du confort thermique
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Protection contre le froid, le chaud, le vent, la pluie, la maison est parfois présentée comme notre troisième peau. Mais pour concevoir une telle enveloppe, garante du confort de ses occupants, encore faut-il connaître les clés du bien-être thermique. Plongée à la croisée de la biologie, de la physique et de l’écologie.

  
DossiersLes clés du confort thermique
 

« En hiver, il  n'y a pas de confort thermique sans température rayonnante sur de  grandes surfaces : de 23 à 28 °C en plancher et 30 à 40 °C pour les  murs », martèle Ivan Pujol, ingénieur thermicien et enseignant en  performance énergétique de l'habitat à Tarbes (65). Parmi les  différents moyens de chauffage, l'idéal est selon lui le mur  chauffant, particulièrement adapté à la rénovation.

Poêle d'intérieur. © Steve Heap, Shutterstock

Pour être  efficace, celui-ci doit être situé sur un mur intérieur (refend ou cloison lourde) sans meuble haut devant. Sur le plan du confort  thermique, il est encore plus performant que le plancher chauffant car la surface en vis-à-vis avec le corps est plus importante, et  donc le rayonnement plus profitable. Basés sur le même principe, les radiateurs muraux basse température à eau sont également très agréables.

Paroi lourde en briques rouges dans une serre solaire © Yvan Saint-Jours

Poêle à inertie, poêle classique et systèmes de chauffage passifs

Le poêle à inertie est aussi source de confort thermique,  à condition de choisir le bon modèle : plus il est imposant, lourd  (et onéreux), plus l'émission de chaleur se fait par rayonnement et  moins par convection (déplacement d'air). Son installation est  valable si le poêle est au centre d'une maison peu cloisonnée. « Mais  dans les constructions bioclimatiques où l'utilisation du système de  chauffage est minime, celui-ci doit être très réactif : il doit  chauffer et arrêter de chauffer rapidement selon l'ensoleillement.  Cela implique donc de favoriser le chauffage de l'air au détriment du  chauffage par rayonnement », explique Romuald Marlin, architecte  bioclimaticien à Sigoyer (05).

Certains poêles classiques intègrent des masses dans leur habillage (céramique, pierre ollaire, stéatite) : une partie de l'énergie de la combustion est transformée  en rayonnement, mais la convection reste dominante. Pour obtenir un résultat similaire à moindre coût, former une enceinte en blocs de  terre comprimée ou en galets autour d'un poêle performant classique  est une solution intéressante pour stocker l'énergie et obtenir un  chauffage basse température.

Plus écologiques, les systèmes de  chauffage passifs nécessitent une architecture appropriée. Il s'agit  par exemple de mur de fond de serre solaire, mur stockeur ou cloison lourde dans les pièces captrices, dalle sur terre-plein associée à  des carreaux de terre cuite. En hiver, lorsque le soleil est bas dans  le ciel, ces éléments reçoivent le rayonnement solaire, stockent  cette énergie et la restituent dans les pièces de vie avec un déphasage plus ou moins long, sous forme de rayonnement  infrarouge. En France, ce système de chauffage peut couvrir plus de  la moitié des besoins.

Quel que soit le type de chauffage, pour  profiter au maximum du rayonnement (issu d'apports actifs et/ou  passifs) il est primordial de s'entourer de matériaux stockeurs de  chaleur, c'est-à-dire des matériaux assez denses et à forte capacité  thermique : enduits terre ou terre-chaux, dalle de plancher d'étage  en mélange terre-copeaux, chape minéralisée (chaux et copeaux de bois cuits).