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Tourisme en Charente

Les trois quarts du territoire du département de la Charente sont drainés par le fleuve, capital pour l’activité économique (moulins, tuileries, papeteries) et le tourisme en Charente : ces trois-là ont fait la renommée de la région !

Page 5 / 8 - Les tuileries de Charente Sommaire
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Claire König Enseignante Sciences Naturelles

La présence de nombreux gisements d'argile dans la région a permis l'installation de fabriques de céramique : tuileries, briqueteries, poteries, faïenceries et porcelaineries.

Les tuiles en argile de Charente. © DR
Les tuiles en argile de Charente. © DR

Petite histoire des tuiles de Roumazières

Roumazières signifie « rouges ruines ». Les habitants y travaillent l'argile depuis des siècles et jusqu'au XIXe, la fabrication des tuiles est artisanale. Les tuiles sont moulées à la main, puis enfournées pour une cuisson de 60 heures. En 1875, se met en place un procédé de mécanisation mais l’essor industriel débute en 1907, avec la création de la Tuilerie briqueterie française, la TBF. Aujourd'hui encore, elle emploie la majorité des habitants de Roumezières.

Grande tuilerie mécanique Perrusson, actuellement Céramique du Midi Perrusson-Rohmer, Genouillac

Cette entreprise est créée au XIXe par Jean-Marie Perrusson. En 1912, l'usine fait partie du Comptoir des tuileries et briques des Charente et de l'Ouest, formé avec Roumazières et La Rochefoucauld. En 1963, M. Audouin forme une nouvelle société, la Sodima, et en 1968, elle devient, avec la Société céramique du Midi et la tuilerie Louis Rohmer, la nouvelle société C.M.P.R. En 1972, la production est de 60.000 tonnes : on y fabrique des tuiles filées avec un four tunnel.

Les fabriques à travers le temps

L'activité des fabriques se résumait en trois points :

Les tuileries et les briqueteries sont les principaux établissements de fabrication de céramique.

À partir de 1880, l’amélioration du matériel et des voies de communication entraînent l'industrialisation de quelques établissements. Mais un grand nombre de fabriques poursuivent son activité artisanale. La modernisation commence avec l'utilisation de presses entraînées par des machines à vapeur et l'installation de fours plus performants. Certains établissements sont alors en mesure de travailler pendant l'hiver. La première tuilerie mécanique de la région fonctionne à partir de 1898. Eugène Polakowski met au point le pressage automatique de tuiles mécaniques à emboîtement dont le brevet a été déposé par Gilardoni en 1844.

Au XXe, un grand nombre d’usines ferment, certaines se modernisent, d’autres s'industrialisent et se spécialisent dans la fabrication d'un produit unique destiné à la construction : tuiles, briques pleines ou creuses, drains, accessoires de couverture.

À partir de 1920, les améliorations concernent toutes les étapes : extraction de l'argile (pelleteuses, wagonnets), préparation (malaxeurs, presses), cuisson (fours à haute température au charbon, au fuel, puis au gaz). La majorité des sites actuellement en activité dépendent de grands groupes, comme Terreal et Lafarge.

Une particularité : la chamotte

À partir de 1910, une argile kaolinique, réfractaire (qui résiste à 1.500 °C.), est exploitée en Charente et en Charente-Maritime, aux confins de l'Aquitaine. Six usines s'installent pour sa transformation en chamotte, cette poudre obtenue après cuisson, broyage et tamisage de l'argile, est destinée à l'industrie de la céramique : mélangée à de la terre crue, elle présente des avantages : faciliter le séchage et éviter les déformations et les fentes qui se produisent souvent après cuisson.

Toit en tuile-canal, photo d'un toit dans la commune de Bouyon, dans les Alpes Maritimes. © Emerix, libre de droit
Toit en tuile-canal, photo d'un toit dans la commune de Bouyon, dans les Alpes Maritimes. © Emerix, libre de droit

Tout savoir sur la tuile

La tuile est un élément de construction utilisé comme pièce de couverture pour la toiture : tegula dérive de tegere qui signifie « couvrir ». Le terme toit a la même origine... D’après le TLF : « Pièce d'argile moulé, généralement mélangée à du sable, cuite au four, peu épaisse, de forme variable, employée pour couvrir les toits des bâtiments, des maisons. Tuile grise, jaune, noire, rose, rouge ; tuile courbe, ronde; tuile cornière, (à) gouttière; maison, toit couvert(e) de tuiles ; toit en/de tuiles ; un cent de tuiles. Tuile (à) canal, tuile creuse ou tuile romaine. Tuile en forme de demi-cylindre. La tuile à canal, la tuile à l'arc rouge des monuments romains. Elle offrait à la pluie comme un écoulement naturel sur des lits également encaissés et inclinés, par la multitude de ses conduits rectilignes. Tuile à crochet, tuile plate. Tuile de forme rectangulaire, munie d'un talon ou crochet qui permet de la fixer aux lattes de la toiture. Tuile émaillée, vernissée. Tuile de terre cuite émaillée ou vernie de diverses couleurs. Tuile à emboîtement ou tuile mécanique.Tuile fabriquée à l'aide de machines et comportant des dispositifs en relief permettant de les emboîter les unes sur les autres. Tuile gironnée etc. »

Et puis… tuileau, tuilé, tuilette et toutes sortes d’expressions françaises :

Elle se tenait plus d'inquiétude. « Vois-tu Auguste, qu'il aille nous faire une méningite? Ce serait bien encore notre veine!... Il nous manquait plus que ça comme tuile!... Alors vraiment ça serait le bouquet! (...) » (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 103).

J'ai reçu depuis mon retour dans mes lares de jolies tuiles sur la tête: 1 la mort déplorable et inattendue de mon neveu (...); 2 la maladie de ma mère (FLAUB., Corresp., 1865, p. 176)

Mon logement sous les tuiles, ma mansarde philosophique me fait toujours un peu l'effet d'un grenier quand j'y rentre après la moindre absence (Amiel, Journal, 1866, p. 235).

Ce petit homme exotique dont le visage est coloré comme une tuile (About, Grèce, 1854, p. 428).

La tuile aujourd'hui

Actuellement, la plupart des tuiles sont en terre cuite, ou en béton. La tuile canal ou tuile traditionnelle, utilisée dans le sud, s'inspire des tuiles romaines :

  • dessous : plate avec deux bords latéraux relevés, imbrex ;
  • dessus : section semi-circulaire, tegula.

On se servait de gabarits en bois sur lesquels la pâte, préformée, était plaquée. De nos jours, les tuiles-canal sont fabriquées mécaniquement par extrusion. On pose une tuile dessus avec le dos en haut, une tuile dessous avec le dos en bas, disposées tête-bêche et la tuile de couvert venant recouvrir la tuile de courant. Ainsi l'eau qui ruisselle sur le dos des tuiles de dessus est recueillie par le canal que constituent les tuiles de dessous. La tuile plate est la tuile du Nord soit en simple soit en double recouvrement. D'autres modèles ont été conçus, visant l'économie, la tuile mécanique et la tuile panne, à emboîtement double : latéral et supérieur.

(Informations provenant en partie du Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes)

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