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Découvertes en Baie de Somme

Pour éviter une dégradation irréversible des paysages et de sa biodiversité, la Baie de Somme bénéficie aujourd'hui de toutes les mesures de protection applicables à un espace littoral. Voici une « promenade » dans la région de la baie, laissant l’arrière pays pour une autre occasion.

Page 8 / 9 - Manessier, peintre et artiste polyvalent Sommaire
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Claire König Enseignante Sciences Naturelles

Il est un peintre de la non-figuration souvent qualifié de mystique. D'origine picarde, il a été largement inspiré par l'aspect de la baie de Somme à marée basse. Certains l’ont sans doute découvert par le film documentaire "Les Offrandes d'Alfred Manessier" de Gérard Raynal (1992). Intériorisant le spectacle du monde, observant la richesse de la lumière qui baigne les paysages, Manessier approfondit un langage abstrait intense et dépouillé, proche de l'essentiel et du mystère.


Manessier

Il naît le 5 décembre 1911 naît, à Saint-Ouen (Somme) et sera interne au Lycée d’Amiens, en raison de la santé fragile de sa mère, puis il prépare le concours de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris où il est admis en 1929 en architecture. Plus attiré par la peinture, il s’exerce à copier Titien, Rubens, Renoir et Rembrandt, au Louvre, effectue un voyage en Hollande, soigne une pleurésie à la montagne et pour finir, s’installe à Paris.


Portrait de Manessier

Il participe au Salon des Indépendants en 1933 et, en 1935, fait un passage à l’Académie Ranson pour une initiation à la technique de la fresque. En avril il se rend à Metz pour son service militaire. Son père meurt en 36, son grand père aussi, il doit aider sa mère à maintenir le négoce familial…mais en 1937, il rejoint Paris et l’équipe de Félix Aublet et Robert Delaunay, pour la réalisation du Pavillon français des Chemins de Fer de l’Exposition Internationale. Il se marie en 1938 et s’installe 203 rue de Vaugirard où il vivra et travaillera pendant 33 ans. Il y rencontrera le sculpteur Brancusi qui habite le même quartier. Le 1er septembre 1939, la mobilisation générale le surprend au Crotoy.
Après sa démobilisation à Port Sainte-Marie sur la Garonne il s’installe, de façon précaire, à Benauge et son fils Jean-Baptiste naît, le 3 août 1940 à Cahors. En 1943, il participe à l’exposition "Douze peintres d’aujourd’hui" à la Galerie de France à Paris, avec Bazaine, Borès, Chauvin, Estève, Fougeron, Gischia, Lapicque, Le Moal, Pignon, Singier, Villon et en 45, il expose Les Pèlerins d’Emmaüs au Salon d’Automne de la Libération. Et le 13 avril 1945, sa fille Christine naît à Paris.

Il présente au premier Salon de Mai son Salve Regina, toile majeure achetée par le Musée de Nantes en 1947, puis participe à l’Exposition de la "Jeune peinture française" au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles. En octobre 1947, la Chanoine Ledeur le sollicite pour les vitraux  de Saint-Agathe des Bréseux, où sera posé son premier vitrail "Paysage bleu" inauguré en 1950.

En 48 et 49,  il retourne au Crotoy et produit une série d’huiles inspirées par la Baie de Somme : Barques dans la Baie de Somme, Barques grises, Baie de Somme, Marée Basse, Le Port bleu, Le Flot en Baie de Somme, Port du Crotoy au petit jour, et de nombreuses aquarelles.


Manessier étude de la Baie de Somme

Manessier, le port du Crotoy à l'aube

Manessier le port du Crotoy le soir


Ces trois tableaux de Manessier mettent en évidence le passage « à l’abstrait » qui ne retient que les lignes directrices de l’image, les dominantes des couleurs pour ne rendre que l’essence de ce paysage.

Il réalise ses premières expositions personnelles à Paris en 1949. Trois nouveaux séjours au Crotoy de 52 à 55, donnent une nouvelle série d’œuvres inspirées par la Baie de Somme: Marée basse, Morte-eau, Mer du Nord et Marée montante.

Deux prix internationaux consacrent alors son œuvre : le premier prix de Peinture à la Biennale de São Paulo en 1953 et le grand prix de Peinture à l’Institut Carnegie de Pittsburgh en 1955.

En février 1956, il achète une maison à Emancé, où travaille son maître verrier François Lorin et collabore avec les tisserands de l’Atelier Plasse Le Caisne pour ses tapisseries. En 1958 et 1959 , la Haute-Provence marque un tournant dans son œuvre. En 1960 il  crée en Italie les costumes et les décors pour le "Decameron" de Boccace. Il reçoit le grand prix de Peinture à Venise en 1962. Il s’occupe de tout à la fois :
peinture, costumes de théâtre, tapisseries (exécute la commande de deux tapisseries monumentales, foyer de la Musique de la Maison de l’O.R.T.F. et Salle du Conseil du Port Autonome du Havre), vitraux (crypte de l’Église Saint-Gereon à Cologne,  crypte de la cathédrale d’Essen…)


Cathédrale de St Dié- des-Vosges © wikipedia

expositions personnelles ( Etats-Unis), de voyages aussi (Scandinavie), conférences (Pavillon français de l’Exposition Universelle de Montréal), commandes importantes (tapisserie de 37 m ! pour le Centre National des Arts d’Ottawa).

Les douze tapisseries sur le thème des Cantiques Spirituels de Saint Jean de la Croix, tissées par l’Atelier Plasse Le Caisne sont présentées au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1971.

En 1973, après la démolition de son atelier parisien, il se fixe à Emancé, où il aborde un très grand format pour lithographies : Le Procès. Inquiet au sujet des méthodes de restauration du Porche Royal de la cathédrale de Chartres, il fonde avec Jean Bazaine, le 10 mars 1976, l’Association pour la Défense des Vitraux de France (A.D.V.F.).

Le 26 octobre 1980 il se rend à Berlin, pour l’inauguration du grand vitrail triangulaire Alléluia et le Musée de la Poste, à Paris, lui consacre, fin 1981, et à l’occasion de l’émission de son timbre "Alléluia", une grande rétrospective. Suivent plusieurs chantiers de vitraux : Cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg, chapelle Notre-Dame de la Bonne Nouvelle à Locronan en Bretagne, Salle Saint-Roch à Céret et l’ensemble des vitraux de la Cathédrale de Saint-Dié dont Jean Bazaine a été le maître d’œuvre, chœur de l’Église Saint-Sépulcre à Abbeville - projet qui lui tenait à cœur depuis sept ans.


Vitraux Abbeville © Baie de Somme.org

Le triptyque L’Empreinte (tapisserie) est accroché au Musée du Louvre en 1990.

Puis il participe encore à certains films. Victime d’un accident de voiture le 28 juillet 1993, il meurt le 1er août à l’hôpital d’Orléans-La Source. Ses funérailles ont lieu à Abbeville le 5 août.

 

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