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Les clés de l’identification des minéraux

Apprenez à reconnaître les minéraux grâce à leurs propriétés physiques et chimiques. La couleur, la transparence, l’éclat ou la dureté sont des indices essentiels pour identifier les gemmes, du quartz au diamant en passant par les pierres précieuses. 

Page 2 / 6 - La couleur des minéraux Sommaire
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François Farges Professeur de minéralogie

La couleur des minéraux est la propriété des minéraux la plus évidente. Elle peut aller du violet au rouge, en passant par toutes les teintes de l’arc-en-ciel. Elle dépend des lumières absorbées par le minéral.

Les minéraux peuvent afficher toutes sortes de couleurs, du violet au rouge. Certains sont même incolores.
Les minéraux peuvent afficher toutes sortes de couleurs, du violet au rouge. Certains sont même incolores. © Dunod, DR

Un minéral qui absorbe davantage la lumière rouge que la bleue nous apparaîtra bleu. Un minéral qui absorbe toutes les longueurs d’onde de la lumière solaire (du bleu au rouge) sera noir (hématite, tourmaline, etc.).

Le minéralogiste doit avoir une vision précise des couleurs et de leurs subtiles nuances.

La fluorine peut prendre différentes teintes, comme ici le vert, le jaune et le rouge.
La fluorine peut prendre différentes teintes, comme ici le vert, le jaune et le rouge. © Dunod, DR

L’origine de la couleur

L’origine de la couleur d’un minéral est quelquefois simple, quelquefois complexe. Le rubis et l’ouvarovite sont tous deux colorés par du chrome. Mais le rubis est rouge, alors que l’ouvarovite est verte. Ceci veut dire que la structure du minéral (ici, rubis versus ouvarovite) influencera la couleur que le chrome apportera à ces deux minéraux.

Des éléments comme le chrome fournissent des nuances colorées qui dépendent de la structure du minéral.
Des éléments comme le chrome fournissent des nuances colorées qui dépendent de la structure du minéral. © Dunod, DR

La couleur varie aussi en fonction de l’état d’oxydoréduction de l’ion colorant, comme dans le cas du fer. Normalement, le fer dit « ferreux » colorera les minéraux soit en vert (comme pour l’olivine), soit en bleu (dumortiérite), soit en rouge (grenats). Le fer dit « ferrique » peut colorer les minéraux en jaune (comme dans l’orthose), en vert (épidote) ou en bleu (disthène). Dans certains cas, le fer ferrique peut être oxydé par une radioactivité naturelle (de type gamma) et, dans le cas du quartz, le fer tétravalent colore en violet : ainsi se forme l’améthyste à partir de citrines naturelles. Il suffit de moins d’un million d’années pour que la citrine se transforme en améthyste.

Les degrés d’oxydoréduction du fer (ferreux, ferrique) produisent deux gammes de couleurs dans les minéraux.

Les degrés d’oxydoréduction du fer (ferreux, ferrique) produisent deux gammes de couleurs dans les minéraux.
Les degrés d’oxydoréduction du fer (ferreux, ferrique) produisent deux gammes de couleurs dans les minéraux. © Dunod, DR

Outre l’améthyste, d’autres minéraux sont colorés par l’action de la radioactivité naturelle, comme l’halite de couleur bleue ou le quartz fumé, aussi appelé quartz enfumé. La couleur d’autres minéraux résulte d’une interaction complexe entre deux ions, comme celle du saphir, qui implique à la fois le fer et le titane.

Outre les degrés d’oxydoréduction, la radioactivité naturelle peut colorer des minéraux (de gauche à droite : améthyste, sel gemme ou halite, quartz enfumé), comme l’interaction entre ions (saphir, à droite).
Outre les degrés d’oxydoréduction, la radioactivité naturelle peut colorer des minéraux (de gauche à droite : améthyste, sel gemme ou halite, quartz enfumé), comme l’interaction entre ions (saphir, à droite). © Dunod, DR

La couleur d’un minéral peut être très affectée par la source de lumière incidente. Une bougie va accentuer les tonalités « chaudes ». Un tube fluorescent accentue les tonalités « froides » (vert, bleu). Un cas spectaculaire est celui de l’alexandrite (variété de chrysobéryl). Ce minéral, vert émeraude à la lumière naturelle, devient rouge vif à la lumière incandescente.

La couleur d’un minéral peut parfois changer simplement en fonction de l’orientation cristallographique par rapport à la lumière, comme avec la cordiérite.
La couleur d’un minéral peut parfois changer simplement en fonction de l’orientation cristallographique par rapport à la lumière, comme avec la cordiérite. © Dunod, DR

Certains minéraux changent de couleur en fonction de leur orientation cristallographique par rapport à la lumière.

L’exemple type est celui de la cordiérite, qui peut ainsi passer du bleu foncé au jaune vif en passant par le violet clair.

Certains minéraux diffractent la lumière grâce à des particularités internes (nanobilles de l’opale à gauche, lamelles de labradorite à droite).
Certains minéraux diffractent la lumière grâce à des particularités internes (nanobilles de l’opale à gauche, lamelles de labradorite à droite). © Dunod, DR

Autre exemple de coloration : l’opale n’est pas colorée chimiquement, mais est constituée de microbilles de cristobalite (une variété de silice) qui diffractent in situ la lumière, créant des « mini-arcs-en-ciel » dans le minéral. La labradorite diffracte aussi la lumière, car elle est constituée de lamelles intrafeldspathiques qui sont à l’origine de ses irisations spectaculaires.

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