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Quand le manque d'eau fait croître la forêt amazonienne...

Alors que, sur Terre, une grande partie de la végétation tire profit des saisons humides pour croître, et voit son activité décliner lors des saisons sèches, le phénomène est opposé dans les parties préservées de la forêt amazonienne. C'est le résultat pour le moins étonnant d'une étude parue le 22 mars dans le Geophysical Research Letters.

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Sur cette image d'Amérique du sud, où la forêt amazonienne est délimitée par des lignes noires,
La végétation en pleine croissance apparaît en vert ;
En rouge figurent les zones où les plantes brunissent et ralentissent leur activité
(Crédits : Terrestrial Biophysics and Remote Sensing Lab, University of Arizona)

Pour mener son étude, l'équipe d'Alfredo Huete s'est basée sur les données du satellite Terra de la NASA, qui a photographié des parties de la forêt amazonienne tout au long de l'année et a mesuré le degré de « verdure » de la végétation. Lorsqu'elles sont en pleine croissance, les plantes contiennent davantage de chlorophylle et apparaissent avec un vert plus vif sur les clichés. Ainsi, Terra a pu déterminer à quelle période l'activité est la plus forte.

Les résultats de cette étude, parus le 22 Mars dans le Geophysical Research Letters, ont de quoi étonner : c'est durant les saisons sèches que les plantes amazoniennes connaissent la plus forte croissance : « En général, la végétation sur Terre suit le schéma suivant : les plantes se remplissent de sève et deviennent plus vertes durant la saison des pluies, tandis que, pendant les saisons sèches, la pénurie d'eau dans le sol ne leur permet plus de se développer. Pourtant, dans les parties encore intactes de la forêt amazonienne, le phénomène est exactement à l'opposé… » explique Alfredo Huete, chercheur à l'université de l'Arizona.

Alors, pourquoi un tel paradoxe ? Selon Alfredo Huete, les arbres de la forêt amazonienne ont des racines profondes, qui peuvent atteindre l'eau même pendant les saisons sèches, et ils jouissent d'autant plus du soleil pendant ces périodes. Par contre, dans les zones clairsemées ou converties par l'homme, la végétation ne peut aller chercher l'eau dans les profondeurs, et adopte le cycle « traditionnel ».

Les zones intactes de la forêt amazonienne suivent un rythme différent des zones forestières colonisées. Cette étude tendrait à prouver que, quand l'homme bat la mesure, le poumon du monde change de cadence...


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