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La gestion durable des forêts du Bassin du Congo

Lors de l'Assemblée plénière du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo sur l'avenir du deuxième plus grand massif forestier tropical au monde, Monsieur Ephraïm Inoni, Premier ministre camerounais et Madame Brigitte Girardin, Ministre déléguée à la Coopération et au Développement, ont signé un accord financier « historique » de conversion de dette pour le développement durable du Cameroun dans le cadre du C2D. Le C2D ou Contrat de Désendettement Développement est un instrument financier bilatéral qui s'applique aux 22 pays reconnus comme Pays Pauvres très Endettés et qui vise à réduire la pauvreté par l'annulation et la réaffectation de toute ou partie de leur dette.

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La France est le seul pays à avoir mis en place un mécanisme financier qui permet de convertir jusqu'à 100 % de la dette des pays concernés, le Cameroun dans le cas présent. En contrepartie, celui-ci s'engage à utiliser les fonds résultant de cette annulation pour des projets ou programmes dans les domaines des « Objectifs du millénaire pour le développement » (éducation, santé maternelle et infantile, lutte contre le sida et les maladies transmissibles, équité des sexes, éradication de la pauvreté et de la faim, développement durable...).

20 M seront consacrés uniquement à des actions en faveur de la gestion durable des forêts tropicales camerounaises, ce qui est une première dans le cadre de ce dispositif. Ce montant contribuera directement à la mise en oeuvre du nouveau Programme sectoriel Forêt et Environnement du gouvernement camerounais dont les activités visent à réduire la pauvreté tout en préservant les ressources forestières du pays. Ce programme inclut notamment une meilleure application de la réglementation environnementale, l'exploitation durable des ressources forestières via la certification, la gestion des aires protégées et de la faune sauvage (études sur la répartition des espèces menacées telles que éléphants, grands singes, tortues marines) et la mise en place de mesures anti-braconnage. Il veillera également à distribuer équitablement les revenus forestiers aux populations locales.

Laurent Somé, Représentant régional du WWF pour l'Afrique Centrale, souligne que « cet accord est unique car il représente un investissement bénéficiant aux forêts et aux populations qui en vivent tout en allégeant la dette du pays ».

Le WWF, actif dans la région depuis plusieurs décennies, se félicite de cette décision qui vient concrétiser les déclarations des Chefs d'Etat faites lors du sommet de Brazzaville en février 2005. En effet, le traité de la COMIFAC(*) prévoit de mettre en place des mécanismes innovants pour le financement à long terme des actions nécessaires à la conservation et à la gestion durable des forêts du Bassin du Congo. Le WWF espère que cette initiative saura inspirer d'autres partenaires de la région.

NB : Dans les années 1980, la crise internationale des pays endettés a entraîné l'introduction du mécanisme d'échanges de dette, en vue de convertir la dette des pays en développement dans l'incapacité d'honorer le remboursement de leur dette extérieure. C'est au profit du secteur de l'environnement que les premières conversions de dette ont été appliquées (premier échange de dette pour l'environnement en 1987 en Bolivie).

(*) Commission des Forêts d'Afrique Centrale


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