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Ugandapithecus major, un cousin de 20 millions d’années, se découvre

Un crâne remarquablement bien conservé vient d’être présenté au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris : c’est celui d’un primate vieux de 20 millions d’années découvert en Ouganda dans les cendres d’un volcan, parmi d’autres restes de la même espèce.

Le museau d'Ugandapithecus major, avec les dents du devant et la cavité nasale. © Martin Pickford Le museau d'Ugandapithecus major, avec les dents du devant et la cavité nasale. © Martin Pickford

Ugandapithecus major, un cousin de 20 millions d’années, se découvre - 2 Photos

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La découverte ne doit rien au hasard : voilà vingt-cinq ans que l’équipe creuse la lave du volcan Napak, au nord-est de l’Ouganda. Déposées il y a 19 à 20 millions d’années, ces cendres ont conservé les fossiles qui s’y trouvaient, ensevelis au Miocène. L’équipe, c’est celle de Brigitte Senut, du Muséum d’histoire naturelle, et son collègue Martin Pickford, du Collège de France, découvreurs en 2000 des premiers restes d’Orrorin, un hominidé de 6 millions d’années.

Dans cette région, celle de la vallée du grand rift, qui joue un rôle de premier plan dans la théorie dite de l’East Side Story (remise en cause depuis), de nombreux restes d’hominidés ont été découverts, datant du Miocène notamment, c’est-à-dire avant la séparation, il y a 6 millions d'années, entre la lignée conduisant aux humains et celle conduisant aux grands singes actuels (chimpanzés, gorilles, orang-outans).


Le crâne a été montré lundi au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, par Brigitte Senut et Martin Pickford. Yves Coppens était présent, et heureux. © BFM TV/YouTube

Durant cette Uganda Palaeontology Expedition, menée depuis 1985 avec l’Uganda Museum, les paléontologues ont exhumé de nombreux ossements de grands singes. En 2000, Brigitte Senut a ainsi décrit une nouvelle espèce, baptisée Ugandopithecus major. Ce grand singe, de la taille d’un gibbon et d’abord identifié par des morceaux de fémurs, devait être arboricole et de forme humanoïde.

Histoire de famille

Le 18 juillet dernier, l’équipe a mis au jour des dents puis un crâne très bien conservé, de la taille de celle d’un chimpanzé : U. major commençait à se montrer bien plus généreusement. Ses canines puissantes, qui évoquent plutôt celles du gorille, sont interprétées par l’équipe comme la preuve qu’il s’agissait d’un mâle. Ses molaires sont celles d’un herbivore et leur faible usure montre que l’individu était plutôt jeune.

La mâchoire complète découverte dans la roche (des cendres volcaniques d'environ 20 millions d'années). Derrière se trouvait le crâne. © Martin Pickford
La mâchoire complète découverte dans la roche (des cendres volcaniques d'environ 20 millions d'années). Derrière se trouvait le crâne. © Martin Pickford

Les autres fossiles mis au jour sur les différents sites de fouilles des environs montrent que le milieu était alors une forêt tropicale. C’est là qu’évoluait ce singe grimpeur, cousin des hominidés tout autant que des grands singes actuels.

L’étude de son squelette se poursuit. Taille et forme du cerveau, alimentation, modes de vie… : voilà des caractéristiques dont on sait mal comment elles se sont transmises dans les différentes lignées. Les paléontologues espèrent ainsi écrire quelques paragraphes supplémentaires de l’histoire complexe des grands primates du Miocène, parmi lesquels figurent les ancêtres des humains.


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