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L'Homme moderne aurait pu traverser le Sahara avant de quitter l'Afrique

Pour rejoindre l’Asie et l’Europe, l’Homme moderne a foulé le nord de l’Afrique. La question du chemin qu’il a suivi est encore largement débattue. Une nouvelle étude démontre qu’il aurait pu traverser le désert du Sahara, qui était parcouru voilà 100.000 ans de cours d’eau de la largeur du Rhin.

Actuellement, le désert du Sahara s'étend sur 7.500 km, couvre 12 millions de km2 et traverse 10 pays : l'Algérie, l'Égypte, la Libye, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Soudan, le Tchad, la Tunisie et le territoire du Sahara occidental (non officiel et revendiqué). © David Domingo, Flickr, cc by nc sa 2.0 Actuellement, le désert du Sahara s'étend sur 7.500 km, couvre 12 millions de kmet traverse 10 pays : l'Algérie, l'Égypte, la Libye, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Soudan, le Tchad, la Tunisie et le territoire du Sahara occidental (non officiel et revendiqué). © David Domingo, Flickr, cc by nc sa 2.0

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L’Homme moderne est né en Afrique, mais quand et comment il migra vers l’Europe et l’Asie relève encore du mystère. Les spécialistes s’accordent à dire que notre ancêtre serait parti depuis le centre du continent africain, au plus tard il y a 62.000 ans, et se serait dirigé vers le nord-ouest. Son trajet précis reste difficile à déterminer. Certains avancent que l’Homme moderne aurait d’abord rejoint la côte ouest, puis migré le long des côtes pour rejoindre le Moyen-Orient. D’autres suggèrent qu’il aurait longé le Nil. Or, s’il était parvenu à traverser le Sahara, la distance eût été bien plus courte.

Des études antérieures ont déjà trouvé des preuves que l’Homme moderne serait descendu des chaînes de montagnes Hoggar (Algérie) et Tibesti (Lybie et Tchad). Venait-il pour autant du désert ? Une équipe de chercheurs britanniques et allemands suggère, dans une étude parue dans la revue Plos One, que l’Homme moderne aurait bel et bien pu traverser le désert du sud vers le nord, en longeant les rives de trois rivières aujourd’hui complètement recouvertes par la mer et les dunes de sable.

Probabilité simulée des eaux de surface au cours de la dernière période interglaciaire. En bleu ciel, les zones les moins probables, en fuchsia les zones les plus probables.
Probabilité simulée des eaux de surface au cours de la dernière période interglaciaire. En bleu ciel, les zones les moins probables, en fuchsia les zones les plus probables. © Tim Coulthard et al.Plos One

Il y a 100.00 ans, trois importantes rivières traversaient le désert, et étaient alimentées par l’intense régime de mousson existant à l’époque. Ces cours d’eau, de la taille du Missouri, du Rhin ou du Nil dans ses mauvais jours, ont créé des zones de verdure le long des rives, qui auraient permis à l’Homme de migrer malgré l’aridité du milieu.

La mousson arrosait les montagnes d’Algérie

Menée par le chercheur Tom Coulthard, l’équipe a développé un modèle climatique qui reproduit les conditions de mousson existantes de l’époque. Les pluies de mousson étaient plus localisées dans le nord du désert qu’aujourd’hui, et arrosaient donc régulièrement les montagnes du Hoggar et du Tibesti. Le modèle utilise la topographie du milieu pour prévoir où ruisselle l’eau de pluie et en quelle quantité.

Les chercheurs ont ainsi constaté que les pluies de mousson alimentaient trois rivières : Irharhar, Sahabi et Koufra. D’après le modèle, le régime de mousson était suffisamment intense pour surmonter les pertes d’eau liées à l’évaporation et à l’infiltration souterraine. Les précipitations, en particulier dans cette région, sont sensibles à la modification des paramètres orbitaux. En effet, l’excentricité de l'orbite et l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre varient au cours du temps et modifient le climat. Il s’agit du cycle de Milankovitch, à qui l’on doit les périodes glaciaires et interglaciaires.

Si actuellement le désert du Sahara est ensablé et aride, il était bien plus arrosé il y a 100.000 ans. Les Hommes ont-ils choisi de traverser le Sahara pour migrer ? Si c’est réellement le cas, les dunes de sable doivent regorger d’outils ou traces de la présence humaine…


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