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Aurornis xui replace l'archéoptéryx parmi les ancêtres des oiseaux

L’archéoptéryx vient de retrouver sa place dans l’histoire évolutive des oiseaux. Il doit cette réaffectation à la découverte en Chine d’Aurornis xui, un dinosaure aviaire qui serait « le plus vieil avialien connu », et viendrait tout de même le détrôner… Le débat est ouvert.

Reconstitution du théropode Aurornis xui, tel qu'imaginé par Masato Hattori. Il s'agirait de l'un des premiers avialiens. © Masato Hattori Reconstitution du théropode Aurornis xui, tel qu'imaginé par Masato Hattori. Il s'agirait de l'un des premiers avialiens. © Masato Hattori

Aurornis xui replace l'archéoptéryx parmi les ancêtres des oiseaux - 2 Photos

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Certains seront encore surpris, mais les oiseaux sont bien des dinosaures, les derniers théropodes maniraptors qui subsistent sur notre planète. Si ce fait est de plus en plus accepté, l’histoire évolutive des oiseaux reste en revanche largement débattue. Elle vient de connaître un nouveau rebondissement, suite à la publication d’une étude coécrite par Pascal Godefroit dans la revue Nature. Ce chercheur de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB) aurait découvert « le plus vieil oiseau connu » dans les collections d’un musée chinois, le Fossil and Geology Park de Yizhou.

Le fossile d’Aurornis xui a été mis au jour par un fermier de la localité de Yaolugou (province  du Liaoning), sur un site où affleure la formation géologique de Tiaojishan qui date de la fin du Jurassique (entre 153 et 156 millions d’années). Le squelette est complet et articulé. Cet animal mesurait 51 cm de long (entre la pointe de son museau et l’extrémité postérieure de sa queue), possédait des plumes, avait de petites dents acérées et se déplaçait grâce à de longues pattes. Selon les chercheurs, il ne pouvait très certainement pas voler, mais la mauvaise conservation de ses plumes ne fournit aucune certitude. En revanche, il aurait pu utiliser ses ailes pour planer, par exemple d’un arbre à un autre.

De nombreux caractères morphologiques ont été mesurés, puis intégrés dans un modèle de reconstruction phylogénétique, le but étant de comparer la position d’Aurornis xui par rapport à 101 taxons de dinosaures aviaires ou non aviaires. Les résultats ont placé cet animal à la base de la lignée des avialiens, sous l’Anchiornis huxleyi et… les archéoptéryx. Ce qui relance le débat...

Le fossile d'Aurornis xui était conservé dans un musée chinois depuis plusieurs années, sans avoir été étudié. Qui sait combien de trésors renferment encore de telles institutions ? © Thierry Hubin, IRSNB
Le fossile d'Aurornis xui était conservé dans un musée chinois depuis plusieurs années, sans avoir été étudié. Qui sait combien de trésors renferment encore de telles institutions ? © Thierry Hubin, IRSNB

Le vol battu n’est apparu que dans une seule lignée

En effet, les archéoptéryx ont longtemps été considérés comme les ancêtres des oiseaux modernes, jusqu’à ce qu’une étude parue en 2011 ne les fasse basculer dans le groupe des déinonychosaures. Or, ce taxon rassemble des dinosaures non-aviaires, comme les microraptors et les vélociraptors. Ce changement a eu d’importantes conséquences sur notre compréhension de l’histoire évolutive du vol. Puisque les archéoptéryx savaient voler à l’aide de leurs membres antérieurs, et qu’ils étaient des non aviaires, les chercheurs de l'époque avaient donc conclu que le vol battu était apparu dans deux lignées de dinosaures différentes. 

Ainsi, en replaçant les archéoptéryx dans le groupe des dinosaures aviaires, la présente étude change à nouveau l’histoire évolutive du vol : il serait donc bien apparu dans une seule lignée !

Grâce notamment à des caractères observés sur les os de la hanche, les chercheurs belges et chinois impliqués dans cette découverte sont convaincus qu’Aurornis xui est bien « le plus vieil oiseau connu ». Mais à la vue des résultats, certains spécialistes restent sceptiques, préférant au mieux réserver ce titre à l’archéoptéryx, tout en reconnaissant que le nouveau dinosaure devait être apparenté aux premiers oiseaux. Le mot de la fin revient à Pascal Godefroit qui s’est exprimé dans Nature News : « Nous sommes aux origines d’un groupe. Les différences entre oiseaux et dinosaures non aviaires sont très subtiles ». Un nouveau débat vient-il de voir le jour ?


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