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L’Œil de Sauron, ce dinosaure marocain grand comme le T-rex !

D’imposants dinosaures peuplaient le Maroc au Crétacé supérieur. Un nouveau prédateur, l’Œil de Sauron ou Sauroniops pachytholus, vient d’être décrit. Ce théropode de la taille d’un tyrannosaure aurait aimé donner des coups de boule !

Emiliano Troco a imaginé le Sauroniops pachytholus en se basant sur la description faite par Andrea Cau. Il nous livre sa vision du dinosaure, ici en arrière-plan. Il mange un Spinosaurus juvénile. © Andrea Cau Emiliano Troco a imaginé le Sauroniops pachytholus en se basant sur la description faite par Andrea Cau. Il nous livre sa vision du dinosaure, ici en arrière-plan. Il mange un Spinosaurus juvénile. © Andrea Cau

L’Œil de Sauron, ce dinosaure marocain grand comme le T-rex ! - 2 Photos

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Voici 95 millions d’années, donc au Crétacé supérieur, le Maroc était peuplé au minimum par 3 espèces de carcharodontosauridés, une famille de théropodes carnivores particulièrement terrifiants. Certains individus pouvaient en effet atteindre une longueur comprise entre 15 et 17 m, soit 3 à 5 m de plus que le Tyrannosaurus rex ! Les Carcharodontosaurus, littéralement les lézards aux dents aiguisées, seraient même considérés par certains scientifiques comme de vrais prédateurs, par opposition au T-rex qui serait plutôt un charognard. Ce dernier point fait toujours débat à ce jour. 

Un os frontal gauche au parcours atypique permet depuis peu d’affirmer qu’un 4e prédateur géant et bipède vivait en Afrique du Nord à la même époque. Le fossile aurait été trouvé en 2007 à proximité de la ville de Taouz, dans l’est du pays, puis vendu à un collectionneur qui le donna ensuite au Museo Paleontologico di Montevarchi en Italie. Andrea Cau du Museo Geologico Giovanni Capellini de Bologne se chargea alors de le décrire. 

L’os de 18,6 cm de long possédait encore, bien qu’étant partiellement érodé sur certains côtés, des traces de la cavité orbitale. Sachant que ce dinosaure devait être un superprédateur et ne disposant d’informations que sur un unique œil, l’auteur nomma l’animal Sauroniops pachytholus, littéralement « l’Œil de Sauron » en grec, en référence à la saga du Seigneur des anneaux de Tolkien ! Cette nouvelle espèce a été présentée dans la revue Acta Palaeontologica Polonica.

Le fragment d’os du Sauroniops pachytholus, le nouveau dinosaure trouvé au Maroc, a été repositionné dans un crâne de carcharodontosaure. Le crâne humain fournit une échelle. © Andrea Cau
Le fragment d’os du Sauroniops pachytholus, le nouveau dinosaure trouvé au Maroc, a été repositionné dans un crâne de carcharodontosaure. Le crâne humain fournit une échelle. © Andrea Cau

Des combats de mâles réglés par des coups de tête

Selon toute vraisemblance, l’os aurait été trouvé au sein d’une structure géologique, nommée Kem Kem beds, datant du Cénomanien (entre 93,5 et 99,6 millions d’années). Le crâne auquel il appartenait devait être long, épais et de forme triangulaire. À la suite de comparaisons réalisées avec d’autres espèces proches, il semble que son propriétaire devait mesurer environ 12 m de long au moment de sa mort, soit la taille d’un T-rex adulte. Les estimations restent cependant imprécises vu le peu de matériels disponibles.  

Selon de nombreux caractères morphologiques, la nouvelle espèce aurait pu être classée parmi les Carcharodontosaurus. Il n’en est rien ! Sauroniops pachytholus possède en effet une bosse à l’avant du crâne, un caractère unique le plaçant dès lors dans un nouveau groupe frère (Sauroniops). Cette excroissance aurait pu, d’après l’auteur, servir lors de combats entre mâles, ces derniers s’affrontant en se donnant des coups de tête.

De son vivant, l’Œil de Sauron a dû partager son territoire avec Carcharodontosaurus saharicus, un autre grand dinosaure carnassier. Mais ils ne sont pas obligatoirement entrés en compétition, chacun pouvant par exemple chasser des proies différentes. Selon l’auteur, Sauroniops pachytholus vivait sur les rives d’un large delta particulièrement riche en poissons et en crocodiles. L’abondance de nourriture pourrait également expliquer la présence de plusieurs prédateurs. 


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