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Rebondissement : les dinosaures auraient été tués par une comète

Selon une nouvelle théorie, c’est une comète, et non un astéroïde, qui aurait mis à mal les dinosaures. Seule cette explication justifierait la quantité, surestimée par le passé, d’iridium trouvé dans les sédiments datant de la crise du Crétacé-Tertiaire. Certains experts sont sceptiques. 

Environ 70 % des espèces se seraient éteintes durant la crise biologique du Crétacé-Tertiaire qui a été provoquée, aux dernières nouvelles, par la chute d'une comète. © Don Davis Environ 70 % des espèces se seraient éteintes durant la crise biologique du Crétacé-Tertiaire qui a été provoquée, aux dernières nouvelles, par la chute d'une comète. © Don Davis

Rebondissement : les dinosaures auraient été tués par une comète - 2 Photos

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La nouvelle est tombée voici quelques semaines : un corps céleste a bien scellé le sort des dinosaures voilà 66,038 millions d’années très précisément. Il est tombé sur la péninsule du Yucatán (Mexique), où il a donné naissance à un astroblème de 180 km de diamètre dit de Chicxulub. L’origine météoritique de ce site est confirmée depuis de nombreuses années, puisque de grandes quantités d’iridium ont été trouvées dans les sédiments de l’époque. Or, aucune source naturelle terrestre ne peut expliquer les valeurs détectées. Il est donc plus que probable que cet iridium soit arrivé de l’espace. 

En s’intéressant à cet élément, Jason Moore du Dartmouth College (États-Unis) s’est dernièrement rendu compte, en compagnie de plusieurs collaborateurs, que les quantités évoquées étaient surestimées. Pour ce faire, il a réalisé des comparaisons avec la concentration d’osmium d’origine extraterrestre, qui peut lui aussi être trouvé au sein des sédiments datant de la crise du Crétacé-Tertiaire. L’origine spatiale du cratère du Yucatán n’est cependant pas remise en cause. En revanche, des doutes ont été émis sur la taille de l’impacteur

Il est communément admis que les dinosaures doivent leur disparition à un astéroïde d’approximativement 10 km de diamètre. Une étude de 2007 pensait même l’avoir identifié avec précision (le coupable s’appelait alors 298 Baptistina), mais des observations réalisées par le télescope Wise ont finalement disculpé le prévenu en 2011. Selon Jason Moore, le corps céleste ayant apporté l’iridium serait bien plus petit qu’on le pense. D’ailleurs, il ne s’agirait pas d’un astéroïde...

Reconstitution du cratère de Chicxulub, sur les côtes du Yucatán (Mexique). Il se serait formé à la suite de la chute d'une comète de longue période. Il s'agit d'une cartographie gravimétrique. © LPI, USGS
Reconstitution du cratère de Chicxulub, sur les côtes du Yucatán (Mexique). Il se serait formé à la suite de la chute d'une comète de longue période. Il s'agit d'une cartographie gravimétrique. © LPI, USGS

Une comète à longue période en cause

Ce résultat, présenté durant la 44e Conférence des sciences lunaires et planétaires (LPSC) qui s’est tenue du 18 au 22 mars à The Woodlands (États-Unis), pose question. En effet, comment un corps céleste faisant moins de 10 km de diamètre a-t-il pu créer un cratère de 180 km de diamètre ? La réponse est simple : il avait beaucoup plus d’énergie (et donc de vitesse) qu’on le pense lors de l’impact. 

Ainsi, l’astroblème de Chicxulub aurait été créé par un objet de petite taille se déplaçant à une très grande vitesse. Selon les chercheurs, il ne peut s’agir que d’une comète à longue période, c’est-à-dire un corps céleste fait de poussières, de roche et de glace dont la période est supérieure à 200 ans. Les trajectoires de ces structures sont très excentrées par rapport au Soleil. Ainsi, elles accélèrent beaucoup à l’approche de notre astre, ce qui explique qu’elles arrivent dans le voisinage de notre planète plus rapidement qu’un astéroïde. 

Cette information souffre déjà de plusieurs critiques. La géochimie permet en effet de déterminer la masse d’iridium qui s’est répandue sur Terre lors de la collision, mais pas celle de l’impacteur. De même, il n’est pas possible de dire avec précision quel pourcentage de celui-ci s’est répandu sur notre planète ou, au contraire, est retourné dans l’espace à la suite du choc. Selon les chercheurs du Dartmouth College, 75 % de la masse de la comète auraient été épandus sur Terre. Mais pour d’autres experts, un astéroïde de 10 km de diamètre pourrait tout expliquer si seulement 20 % de sa masse est restée sur notre planète après l'impact. La célèbre saga « Mais qui a tué les dinosaures ? » n'est donc pas encore achevée. Vivement le prochain épisode.


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