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Biographie de Véronique Gallien

Anthropologue

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Sa biographie

1 - Statut professionnel

- Archéologue, ingénieur chargée de recherches, à l’INRAP (Institut National des Recherches Archéologiques Préventives)
- Spécialiste anthropologue
- Chercheur associé à l’UMR 7264, Cultures et Environnements. Préhistoire, Antiquité, Moyen Age : CEPAM, CNRS-UNS, Nice-Sophia-Antipolis

2 - Etudes

- 2004 : Certificat d'Etudes Universitaires en paléopathologie humaine à la Faculté de médecine de Marseille, Université de la Méditérranée, Aix-Marseille II
- 1992 Thèse de doctorat d’Histoire et Civilisations de l’Antiquité tardive  à l’Université Sorbonne-Paris IV, Paris, sous la direction de Noël Duval et Luc Buchet : Deux populations du haut Moyen Age à Saint-Denis : Histoire, archéologie et anthropologie
- 1990 Formation en anthropologie biologique à l’unité d’anthropologie physique du CRA (Centre de recherche archéologique) du CNRS
- 1987 Diplôme d’études supérieures de l’Ecole du Louvre, Paris

3 - Activité professionnelle

- depuis 2002 : archéologue et anthropologue à L’INRAP (Institut National des Recherches Archéologiques Préventives)
- 1994 à 2002 : archéologue et anthropologue à L’AFAN (Association pour les fouilles nationales)
- 1990 à 1992 : Allocataire de recherche, Université Sorbonne-Paris IV
- 1988 à 1990 : archéologue à L’UASD (Unité d’Archéologie de Saint-Denis, Ville de Saint-Denis)

Responsable d’opération de fouille  et anthropologue

- 2008-2009 : Chéméré (44), Le Brigandin, cimetière du haut Moyen Age (VIIe siècle) + étude biologique de la population inhumée
- 2007 et 2009 : Saint-Georges de Montaigu (85), Ecole publique, quartier périurbain antique et cimetière du XIe siècle + étude biologique de la population inhumée.
- 2001 : Millau (12), Aire de repos de Brocuéjouls, autoroute A75, cimetière VIIe siècle rural + étude biologique de la population inhumée
- 1999 : Coutances (50), Portail Nord de la Cathédrale et Place du Parvis, cimetière de chanoines + étude biologique de la population inhumée

Responsable de secteur de fouille  et anthropologue

- 2008 et 2012 : Angers (49), Chapelle Saint-Lazare, F. Comte (ville d’Angers, responsable d’opération), fouille et étude biologique de la population inhumée dans la chapelle de léproserie (XVIIe s.)
- 2005-2006 : Poitiers (86), Les Hospitalières,  F. Gerber (Inrap, responsable d’opération), fouille de quartier gallo-romain, fouille et étude biologique de la population inhumée dans une nécropole mérovingienne et dans la  salle du chapitre moderne de l’abbaye Sainte-Croix
- 2001-2002 : Notre-Dame-de-Bondeville (76), Sanofi-Synthélabo, J.-Y. Langlois (Afan, responsable d’opération), abbaye cistercienne, Fouille et étude biologique de la population inhumée dans l’église et le cimetière extérieur
- 1994-1997 : Rouen (76), Station palais de justice – Métro-bus de l’agglomération rouennaise, M.-C. Lequoy (SRA Hte-Normandie, responsable d’opération), quartier antique, église et cimetière médiévaux St-Jean, étude de la population médiévale, urbain
- 1988-1993 : Saint-Denis (93), Rénovation urbaine du quartier de la Basilique Saint-Denis, O. Meyer (Ville de Saint-Denis, responsable d’opération), quartier nord de la Basilique St-Denis (habitat, églises et cimetières de l’Antiquité à la fin du Moyen Age), urbain et Etude de deux cimetières et leur population au haut Moyen Age à Saint-Denis

Anthropologue

- 2001, 2004 et 2005 : Louviers (27), Rue du Mûrier, F. Gimenez (Afan et Inrap, responsable d’opération), étude biologique de la population inhumée dans un cimetière du VIIe siècle
- 2004 : Angers (49), Tour Saint-Aubin, dir. F. Comte (ville d’Angers, responsable d’opération), étude biologique de la population inhumée dans un cimetière du XIe siècle
- 2004 : Neuvy-le-Roi (37), Marmaudière, J. Tourneur (Inrap, responsable d’opération), étude biologique d’inhumations dans un  village du haut Moyen Age
- 2000 : Notre-Dame-de-Bondeville (76), Manoir Gresland, J.-Y. Langlois (Inrap, responsable d’opération), Etude biologique d’une population du VIIe-VIIIe siècle inhumée dans une église.
- 1999 : Vivoin (72), La Petite Némerie - autoroute A28 Le Mans-Alençon, B. Aubry (Afan, responsable d’opération), Etude d’une cinquantaine d’incinérations des Ier-IIe siècles
- 1998 : Quimper (29), Place Laennec, J.-P. Le Bihan (Ville de Quimper, responsable d’opération), étude biologique de deux sépultures d’enfants du XIIe siècle
- 1993 : Rouen (76), Puits St-André – Métro-bus de l’agglomération rouennaise, M.-C. Lequoy (SRA Hte-Normandie, responsable d’opération) et N. Millard (Afan, responsable d’opération), étude biologique d’une population (adulte) paroissiale (XIe-XIVe siècle)

Responsable d’opération de fouille hors funéraire

- 2012 : La Milesse (72), Les Rochardières, Mine de fer, sous dir. J.-Y. Langlois (responsable fouilles métallurgiques de la LGV Bretagne-Pays de Loire)
- 1997 : La Bazoge (72), La Maison Neuve – autoroute A28 Le Mans-Alençon, ateliers sidérurgiques Hallstatt/la Tène ancienne, La Tène finale et Moyen Age.
- 1994 : Rouen (76), Rue Victor Hugo, rue médiévale et quartier d’habitations (XIIIe-XIXe siècle).

Coordinatrice

- 2002-2004 : Tours-Montabon-Ecommoy (37 et 72), diagnostic du tracé de l’Autoroute A28

Responsable d’opération de diagnostic

- 2011 : Angers (49), Eglise Saint-Laurent + étude anthropologique
- 2011 : Solesmes (72), Abbaye Saint-Pierre, cimetière haut Moyen Age + étude anthropologique
- 2010 : Joué-L’Abbé-La Quinte (72), LGV Bretagne-Pays de Loire secteur 17, Mines de fer, ateliers métallurgiques, seigneurie, ferme
- 2010 : Saint-Saturnin (72), La Maule, Mine de fer
- 2006 : Pitres (27), Rue du Taillis, rue Lucas, rue Féron, agglomération gallo-romaine et ferme médiévale
- 2000 : Evreux (27), Cambolle, village néolithique
- 1999 : Carhaix (29), CDM, occupation du Ier siècle
- 1999 : Angers (49), Gare St-Laud, nécropole du bas-Empire
- 1999 : Le Mans (72), Périphérique Est, occupation du Ier siècle, ferme du XIIIe-XIVe siècle, atelier de paléométallurgie
- 1997-1998 : Vivoin et Changé (72), autoroute A28, habitat gaulois et atelier de paléométallurgie

4 - Publications, communications

- 2010: Gerber F., Bertrand I., Gallien V., Grancha C., Guitton D. – Morphogénèse d’un quartier. Les marges du monastère Sainte-Croix de Poitiers (Vienne) : la fouille des Hospitalières, in: L. Bourgeois (dir.), Wisigoths et Francs. Autour de la bataille de Vouillé (507). Recherches récentes sur le haut Moyen Age dans le Centre-Ouest de la France, actes des XVIIIe Journées internationales d’archéologie mérovingienne, Vouillé et Poitiers (Vienne, France), 28-30 septembre 2007, tome XXII des Mémoires publiés par l’Association française d’archéologie mérovingienne, Saint-Germain-en-Laye, 2007, p.113-129.
- 2010 : Papageorgopoulou C., Rentsch K., Raghavan M., Hofmann M. I., Colacicco G., Gallien V., Bianucci R., Rühli F.,  2010. - Preservation of cell structures in a medieval infant brain: A paleohistological, paleogenetic, radiological and physico-chemical study. NeuroImage, 50(3), p.893-901.
- 2009 : Langlois J.-Y., Gallien V. - Le souple dans tous ses états. De l'espace vide à l'espace colmaté, in: Bizot B., Signoli M. (dir.), Rencontre autour des sépultures habillées, actes du colloque GAAF de Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), 13-14 novembre 2008, p.13-20.
- 2009 : Gallien V., Darton Y., Rücker C., Buchet L., Périn P. - Arégonde : un cas de poliomyélite, in: V. Delattre, R. Sallem (dir.), Décrypter la différence : lecture archéologique et historique de la place des personnes handicapées dans les communautés du passé, CQFD, p.87-90.
- 2009 : Gallien V., Langlois J.-Y., Cousyn P., Gerber F. -  Les décapités d’Evreux (Eure, Haute-Normandie) : témoignage d’une catastrophe de la fin de l’Antiquité ? in: L. Buchet, C. Rigeade, I. Séguy, M. Signoli (dir.), Vers une Anthropologie des catastrophes, actes des 9èmes Journées Anthropologiques de Valbonne (22-24 mai 2007), Editions APDCA/INED, Antibes, 2009, p.301-316.
- 2009 : Bianucci R., Rahalison L., Peluso A., Rabino Massa E., Ferroglio E., Signoli M., Langlois J.-Y., Gallien V. – Plague immunodetection in remains of religious exhumed from burial sites in central France, Journal of Archaeological Sciences, 36, 3, mars 2009, p.616-621.
- 2009 : Gallien V., Périn P., en coll. avec Rast-Eicher A., Darton Y., Rücker C. - La tombe d’Arégonde à Saint-Denis. Bilan des recherches menées sur les restes organiques humains, animaux et végétaux retrouvés en 2003, in: A. Alduc-Le Bagousse (actes publiés sous la dir.), Inhumations de prestige ou prestige de l’inhumation ? Expressions du pouvoir dans l’au-delà (IVe-XVe siècle), Tables rondes du CRAHM, 4, Publications du CRAHM, Caen, 2009, p.203-226.
- 2008 : Carré F., Jimenez F.  (dir.), avec les contrib. de Le Maho J., Gallien V. , Follain E., Tegel W., Rast-Eicher A., Bell B.; Guerra M.-F., Stutz F., Esquès C., Calligaro T., Escher K., Adrian Y.-M. , Pilet-Lemière J. - Louviers (Eure) au haut Moyen Age, Découvertes anciennes et fouilles récentes du cimetière de la rue du Mûrier, Mémoires de l'Association Française d'Archéologie Mérovingienne, XVIII, 2008, 336 p., 135 fig., 64 pl.
- 2007 : Périn P., Calligaro T.  avec la coll. de Buchet L.,  Cassiman J.-J., Darton Y., Gallien V., Poirot J.-P., Rast A., Rücker C., Vallet F. - La tombe d’Arégonde. Nouvelles analyses en laboratoire du mobilier métallique et des restes organiques de la défunte du sarcophage 49 de la basilique de Saint-Denis, antiquités nationales, 37, (2005), p.181-206.
- 2006 : Gallien V. - Le cimetière des chanoines de la Cathédrale de Coutances (Manche), in L. Buchet, C. Dauphin,  I. Séguy (dir.), La paléodémographie. Mémoire d’os, mémoire d’hommes, actes des 8èmes Journées Anthropologiques de Valbonne, Editions APDCA, Antibes, 2006, p.239-248.
- 2006 : Langlois J.-Y., Gallien V. - L’église de Notre-Dame-de-Bondeville et sa population  (VIIe-IXe siècles, Seine-Maritime), in L. Buchet, C. Dauphin,  I. Séguy (dir.), La paléodémographie. Mémoire d’os, mémoire d’hommes, actes des 8èmes Journées Anthropologiques de Valbonne, Editions APDCA, Antibes, 2006, p.249-257.
- 2005 : Dietrich A., Gallien V., Guillon F., Langlois J.-Y. - Deux tombes exceptionnelles : T.52 et T.69, in: J.P. Le Bihan, J.F. Villard, Archéologie de Quimper, matériaux pour servir l’Histoire, tome 1, de la chute de l’empire romain à la fin du Moyen Age, 2005, p.192-210.
- 2004 : Langlois J.-Y., Gallien V. - La place des morts à l’intérieur et autour de l’église abbatiale cistercienne de Notre-Dame-de-Bondeville (XIIIe-XVIIIe siècle) : note préliminaire, in: A. Alduc-Le Bagousse (actes publié sous la dir.) Inhumations et édifices religieux au Moyen Age entre Loire et Seine, Tables rondes du CRAHM, 1, Publications du CRAHM, 2004, p.207-217.
- 2004 : Gallien V. - Evolution et développement d’un cimetière urbain normand : le cimetière Saint-Jean à Rouen du IXe au XVIe siècle, in: C. Balmelle, P. Chevalier, G. Ripoll, Mélanges d’Antiquité Tardive, Stvdiola in honorem Noël Duval, Bibliothèque de l’Antiquité Tardive, 5, Association pour l’Antiquité Tardive, Brepols Publishers, Turnhout, 2004, p.199-208.
- 2001 : Langlois J.-Y., Gallien V. – L’église mérovingienne de Notre-Dame-de-Bondeville : I – Les données de la fouille. Bulletin des amis de Monuments rouennais, octobre 2000-septembre 2001, p.30-43.
- 2000 : Gallien V., Ferré P., Le Texier R., Lecler E., Montembault V., Argenton C. - Cimetières et populations de la place du Parvis à Coutances au bas Moyen Age. Revue de la Manche., 43, 168, 2000, p.16-42.
- 1998 : Gallien V. - Un cimetière urbain du haut Moyen Age : Saint-Denis. Chronologie d'après les caractères structurels des tombes et les pratiques funéraires, in: X. Delestre et P. Périn (textes réunies par), La datation des structures et des objets du haut Moyen Age : méthodes et résultats, actes des XVèmes journées internationales d'Archéologie mérovingienne, Rouen, Musée des Antiquités de la Seine-Maritime, 4-6 février 1994, AFAM, Mémoires, t.VII, 1998, p.83-91.
- 1998 : Gallien V., Langlois J.-Y. - Typologie du cercueil à Saint-Denis, Rencontre autour du cercueil, actes de la journée du 28 janvier 1997, Musée des Arts et traditions populaires, Paris, GAAFIF, bulletin de liaison, n° spécial 2, SDAVO, AFAN, 1998, p.23-25.
- 1996 : Gallien V. - Identité d’une population dionysienne du haut Moyen Age : rupture ou continuité ? L’identité des populations archéologiques, XVIe rencontres Internationales d’Archéologie d’Antibes, éd. APDCA, Sophia Antipolis, 1996, p.183-195.
- 1996: Gallien V., Langlois J.-Y. - Exemple d’une gestion de cimetière au Moyen Age : le cimetière de la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bulletin et Mémoire de la Société d’Anthropologie de Paris, n.s., t.8, 3-4, 1996, p.397-412.

Son métier au quotidien

Lundi 7h, le véhicule de service est prêt : pelles, pioches, seaux, brouettes, caisse à outils, trousse à pharmacie s’entassent à l’arrière du camion. C’est le grand jour, celui du démarrage d’un chantier. La pelle mécanique sera sur place dans deux heures : une mini-pelle, pas un gros engin de chantier comme nous en avons l’habitude lorsque nous traversons la campagne. Cette fois l’opération se déroule dans un espace clôt et étroit qui ne laissera guère de place à une machine imposante. Nous intervenons dans un espace habité.


Découverte et fouille d'une tombe médiévale © V. Gallien

Ma destination n’est pas exotique. Ce n’est pas le plateau de Gizeh, ni la vallée de l’Euphrate, encore moins la jungle de Bornéo. Mais un sentiment de liberté m’accompagne car la route est différente à chaque opération. Le terrain que je vais fouler, les hommes que je vais rencontrer me sont encore inconnus. Même mon équipe comptera une collègue avec qui je travaillerai pour la première fois. Aujourd’hui le cap est mis sur l’abbaye de Solesmes, dans le sud du département de la Sarthe. Les frères bénédictins souhaitent agrandir leur cimetière avec la construction de nouveaux caveaux. Il est nécessaire de vérifier si, dans ce lieu millénaire, des vestiges archéologiques subsistent. Nous devrons déterminer l’importance des destructions que pourraient occasionner leurs travaux. Notre intervention correspond à une opération de diagnostic - recherche de vestiges archéologiques – et elle précède l’opération de fouille qui aura lieu si les vestiges sont jugés important pour l’histoire et si leur destruction est inéluctable.


Sondage archéologique dans l’abbaye de Solesmes. Les archéologues, au premier plan, dégagent à la truelle les vestiges au fond de la tranchée de diagnostic. On aperçoit, en arrière plan, l’église abbatiale © V Gallien

Nous sommes à présent en place sur le terrain. Situation peu fréquente, nous sommes à l’intérieur d’une abbaye toujours en activité. Généralement, nous œuvrons dans des sites abandonnés ou réoccupés par des entreprises depuis le XIXe siècle. Les moines avertis de notre présence s’arrêtent, échangent quelques mots avec nous. Une tranchée de sondage est ouverte au milieu du projet d’agrandissement. Après que la mini-pelle ait retiré près d’1 m d’épaisseur de remblais grossiers contenant des pierres, des fragments de céramiques médiévales et de nombreux ossements animaux, nous apercevons des niveaux de sols, un alignement de pierres, deux dalles de schiste et, enfin, des bords de cuves de sarcophage en calcaire qui attestent la présence d’un cimetière. Nous découvrons …ou plus exactement, nous redécouvrons une nécropole que les frères ont observée il y a plus de 70 ans en creusant leurs premiers caveaux. Il n’est pas rare que nos recherches fassent suite à des observations de riverains, d’amateurs d’histoire et autres curieux. Notre présence se justifie par le décodage du terrain que nous allons proposer. Nous sommes là pour évaluer l’importance du site, son étendue, sa période, son lien avec l’abbaye. Les moines nous interrogent sur nos découvertes et sur notre travail. Nous en profitons pour en apprendre davantage sur leur communauté et leur mode de vie. La richesse de notre métier réside dans cet échange permanent entre nos connaissances et celles des gens que nous rencontrons.

Mais il nous faut avancer le travail. Nous finissons de dégager l’espace de notre sondage. Nous le sécurisons avec des cordons de terre et une signalisation afin d’éviter toute chute de personnes dans l’excavation. Puis, nous nettoyons les vestiges archéologiques avec nos pelles, nos truelles et nos balais. Chaque pierre, chaque couche de terre doit être lisible à la surface du terrain. Le sommet d’un crâne humain et l’extrémité d’un fémur renversé pointent à la surface. Les premières photos sont prises. Demain, nous installerons nos décamètres, notre lunette de chantier et nous entamerons un relevé graphique avant de procéder à une fouille de la tranchée. Nous sommes convaincus que la zone n’a pas encore révélé tous ses secrets et que les jours suivants seront riches en découvertes …nous rêvons de belles tombes et de leurs lots de squelettes. Lorsque nous aurons recueilli suffisamment d’informations, notre intervention prendra fin. Quelques jours seront encore nécessaires à la remise en forme des plans, à l’analyse des ossements que nous aurons prélevés et à l’écriture du rapport. Le travail remis au Service Régional de l’Archéologie sera rapidement jugé par une commission qui décidera de l’intérêt ou non du site et de la poursuite de son étude. Peut-être retrouverons-nous la communauté de Solesmes dans quelques mois. Sinon, notre route prendra d’autres itinéraires, suivra d’autres paysages et d’autres histoires.

Sa dédicace

Le pouvoir de faire parler les ossements, les objets qui les entourent et la terre qui les recouvre, c’est le privilège de l’anthropologue et de l’archéologue qui participent ainsi à l’écriture de l’Histoire. Accompagné de cette foule de squelettes qui perd de son macabre en dévoilant des fragments de sa vie d’antan, l’anthropologue part à la rencontre de l’homme pour restituer des chroniques quotidiennes ou extraordinaires que l’archive écrite ne possède plus ou qu’elle a parfois ignorée.

Je dois à mon parcours universitaire et professionnel le privilège de côtoyer chaque jour des hommes, des femmes et des enfants du passé. Je dois à ces populations d’outre-tombes la chance de pouvoir collaborer avec nombre de scientifiques qui m’ont appris à décrypter leurs secrets. Et, je dois à l’INRAP, l’institut de recherches archéologiques auquel je suis indéfectiblement attachée, toutes ces rencontres du passé et du présent.

En formation permanente, je n’ai pas fini d’apprendre de cette humanité plus bavarde que son apparence désarticulée ne le laisse croire. Je remercie vivement Futura-sciences qui m’ouvre sa tribune et m’offre l’occasion de partager ma passion en faisant un bout de chemin avec vous.

Ses dossiers

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