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La pyramide de Khéops défie la science

La pyramide de Khéops renferme encore de nombreux mystères. Jean-Pierre Houdin, avec sa théorie de l’usage d’une rampe intérieure pour la construction de cet édifice, lève un coin du voile. Dans ce dossier, il revient sur de nombreuses facettes de ses projets au fil d’une interview.

Page 8 / 9 - Biographie de Jean-Pierre Houdin, l’homme en noir des pyramides Sommaire
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Jean-Pierre Houdin naît à Paris en 1951 d'un père ingénieur, Henri Houdin, diplômé de l'École nationale supérieure d’arts et métiers de Paris, et d'une mère médecin, Renée Mésana. Il est le cadet d'une famille installée depuis 1950 à Abidjan, en Côte d'Ivoire.

Dans le cadre de son métier d'ingénieur, Henri Houdin avait pour mission de développer les infrastructures, ponts, routes ou encore barrages d'un pays qui faisait partie, à l'époque, de l'Afrique-Occidentale française. Quant à Renée Mésana, son travail consistait à soigner les ouvriers malades ou blessés au sein de la société de son mari, ainsi que les villageois dans les dispensaires de brousse. On doit notamment à M. Houdin « père » les deux grands ponts d'Abidjan, le pont Félix-Houphouët-Boigny et le pont Charles-de-Gaulle.

Retour de la famille Houdin à Paris

La vie poursuit son cours et, au moment de l'indépendance de la Côte d'Ivoire en 1962, toute la famille se réinstalle à Paris où Renée se spécialise en médecine du travail : elle est l'une des premières à alerter l'opinion publique sur les risques de l'amiante. Quant à Henri, il réalise de nombreux projets de génie civil à travers le monde : Grèce, Guyane, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, mer du Nord. Pour le cadet de la famille, la carrière d'architecte représente, à l'époque, la voie à suivre la plus logique et la plus stimulante.

Jean-Pierre Houdin a connu plusieurs vies avant de s'intéresser à Khéops. © Hannah
Jean-Pierre Houdin a connu plusieurs vies avant de s'intéresser à Khéops. © Hannah

À 19 ans, Jean-Pierre Houdin entreprend des études à l'École nationale supérieure des beaux-arts, tout en travaillant à temps partiel dans une agence d'architecte. Son projet avant-gardiste de maison solaire lui permet d'obtenir son diplôme, puis de s'envoler pour la Côte d'Ivoire afin de proposer au gouvernement de se mettre au solaire. Malheureusement, cela n'ira pas plus loin. Plus tard, Jean-Pierre développe sa propre agence à Paris, en compagnie de son épouse Michelle, une artiste au goût prononcé pour l'art contemporain.

L'esprit d’entreprise du couple ne fait qu'éclore : aidés de leur ami ingénieur, Laurent, ils achètent une boulangerie, puis ils créent un café-galerie d'art, Les Enfants Gâtés, dans un style colonial 1920. Le succès du concept est au rendez-vous, tandis qu'au sous-sol, la Galerie 43 expose à titre gracieux une cinquantaine de jeunes artistes en une dizaine d'années.

Année sabbatique à New York

L'automne 1996, année sabbatique pour eux, est un tournant dans leur vie : ils s'envolent pour New York après avoir vendu leur café-galerie d'art. Là-bas, Jean-Pierre se découvre de nouvelles passions : l'informatique et le Web, tout en observant et s'inspirant de l'architecture de la ville. Quant à Michelle, c'est la visite de plus de 20 galeries d'art par semaine qui rythme ses journées.

Après avoir épuisé leurs économies aux États-Unis, et s'être rendu dans les plus beaux sites naturels et architecturaux (le barrage Hoover dans le Colorado, San Francisco, etc.), ils retournent à Paris pour vendre ce qu’il leur restait, et vivre ainsi en mode « nomade », avec pour métier la création de sites Web, et comme petit plaisir une coupe de champagne tous les soirs.

Et pour connaître l'histoire de la nouvelle passion de « l'homme en noir », il faut creuser du côté de deux grands bâtisseurs, Henri Houdin et Jean Kérisel, et d'un croquis qui nous révélera bien des secrets (voir page trois).

Jean-Pierre Houdin a consacré plusieurs ouvrages à la grande pyramide de Gizeh. © DP
Jean-Pierre Houdin a consacré plusieurs ouvrages à la grande pyramide de Gizeh. © DP

Michaël Bagot : Vous avez écrit plusieurs livres relatant vos recherches, pouvez-vous nous en parler ? Peut-on considérer la logique et le savoir comme une technique de découverte non-invasive ?

Jean-Pierre Houdin : Mes livres sont des « étapes » dans l'avancement de mes recherches. Une théorie ne peut pas être fixée une fois pour toutes, elle évolue au fur et à mesure que l'on apprend, découvre des choses. Mon but est d'arriver à rendre la théorie, ou plutôt maintenant mes explications, comme les seules possibles, et je cherche toujours à simplifier, écrémer comme je dis, pour ne garder que l'essentiel, ce qui est le plus réaliste au regard des connaissances de l'époque. Simplifier, c'est ce qu'il y a de plus dur à atteindre.

L'important, c'est d'avoir un point de départ. Le problème de la construction des grandes pyramides était comme une grosse pelote de laine dont personne ne trouvait l'une des extrémités du fil. En disant « de l'intérieur », mon père a sorti une extrémité, et depuis je déroule. Il ne reste pratiquement plus de pelote, juste un très long fil où tout se suit, est cohérent. Mais en 12 ans, j'ai beaucoup appris au niveau de l'ancienne Égypte, et je pourrais avoir un doctorat en égyptologie.

Le savoir et la logique sont des éléments indispensables dans ce type de démarche. Cela ne fait pas une découverte, mais amène à une découverte.

Michaël Bagot : Depuis combien de temps êtes-vous devenu le « nouvel Hemiounou », l'architecte de Khéops ? L'Égypte a-t elle été depuis longtemps une source d'inspiration pour vous ?

Jean-Pierre Houdin : Peut-être depuis le 30 mars 2007, après la première conférence de presse à la Géode. L'Égypte m'est tombée dessus en janvier 1999.

Cette statue du vizir Hemiounou, architecte de la grande pyramide de Gizeh, frère ou demi-frère de Khéops, a été découverte à Gizeh. © Einsamer Schütze, cc by sa 3.0
Cette statue du vizir Hemiounou, architecte de la grande pyramide de Gizeh, frère ou demi-frère de Khéops, a été découverte à Gizeh. © Einsamer Schütze, cc by sa 3.0

Michaël Bagot : Si les autorisations ne sont toujours pas d'actualité, un mode moins conventionnel est-il envisageable ?

Jean-Pierre Houdin : Question à 100.000 dollars.

Michaël Bagot : Quel est l'avenir des techniques non-invasives ? Quelles sont les nouvelles pistes ou améliorations ? Rayons X, analyse aux neutrons (permet de révéler les matières premières utilisées, les techniques de fabrication, le développement historique d'alliages et de matériaux composites, les origines géologiques des minerais et de l'argile)...

Jean-Pierre Houdin : La science fait des progrès tous les jours, et avec la loi de Moore (ou conjectures de Moore), cela accélère, le temps travaille pour moi.

Michaël Bagot : Comment se déroulent les financements de ces opérations (Géode, Djedi, etc.) ?

Jean-Pierre Houdin : Pas de problème de ce côté-là, puisque les techniques deviennent de plus en plus « légères ». Et le projet Khéops est bien demandé.

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