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La pyramide de Khéops défie la science

La pyramide de Khéops renferme encore de nombreux mystères. Jean-Pierre Houdin, avec sa théorie de l’usage d’une rampe intérieure pour la construction de cet édifice, lève un coin du voile. Dans ce dossier, il revient sur de nombreuses facettes de ses projets au fil d’une interview.

Page 5 / 9 - Techniques non-destructives : le robot Djedi explore Khéops Sommaire
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Le principe des techniques non-destructives est, comme leur nom l’indique, de ne pas détériorer l’édifice. C’est un peu le principe d’une échographie. Les instruments utilisés pour ausculter la pyramide de Khéops sont le microgravimètre et le radar spectroscopique à infrarouge, pour ne citer qu’eux (voir page suivante). Un outil, le robot Djedi, est déjà dans la place.

Mickaël Bagot : Nous arrivons au prolongement de l’étape de simulation, celle des techniques non-invasives, pouvez-vous nous-en parler ?

Jean-Pierre Houdin : Pour les techniques non-invasives, j'ai étudié le problème depuis 2001 et j'ai fait un premier résumé pour le congrès des égyptologues de Grenoble en septembre 2004. J'ai également fait un dossier pour une demande de mission en 2005 (c'est-à-dire juste avant ma rencontre avec Dassault Systèmes) pour les techniques étudiées (avec les CV des participants) : cela faisait un dossier de 250 pages qui est resté bloqué à la porte du Conseil suprême des antiquités égyptiennes.

En 2006-2007, avec la société Thales, nous avons fait des expériences sur site pour tester un nouveau type de radar : une semaine dans les sous-sols et douves du château de Coucy, dans l'Aisne (château en calcaire du XIIIe siècle détruit par les Allemands à la fin de la première guerre mondiale), et une semaine dans une tour du château de Pierrefonds, dans l'Oise (château en calcaire restauré par Eugène Viollet-le-Duc).

Nous connaissons les limites de ce type de technique au-delà de cinq mètres d'épaisseur de pierre : il devient alors très difficile de détecter du vide. La collaboration sur l'infrarouge avec Dassault Systèmes (simulations) et l'université Laval (qualification des techniques infrarouges à mettre en œuvre et préparation de mission) a débuté en 2010. Des expériences sont en cours à Québec sur un vieux fortin du XVIe siècle.

Le prototype du robot Djedi. Il a été conçu par l'université de Leeds et Dassault systèmes. © DR
Le prototype du robot Djedi. Il a été conçu par l'université de Leeds et Dassault systèmes. © DR

Mickaël Bagot : Une technique non-invasive a consisté à concevoir un petit robot en collaboration avec l'université de Leeds et Dassault systèmes. Comment ont-ils conçu ce robot, sur quelles bases ? Et pour quelle utilité ?

Jean-Pierre Houdin : Le robot Djedi est un outil conçu avec le logiciel SolidWorks. Shaun Whitehead, le concepteur du robot, m'a contacté un jour après avoir vu le documentaire Unlocking the Great Pyramid de National Geographic Channel et la BBC. Il voulait me rencontrer pour avoir des conseils. Je l'ai fait venir à Paris et je l'ai présenté à Dassault Systèmes. Ils ont conclu un partenariat avec Leeds pour pouvoir soutenir le projet (hébergé par cette université). Shaun Whitehead a travaillé avec la Nasa sur les rover de Mars, donc il sait comment faire des petits robots très performants. Pour Dassault Systèmes, le projet dans la chambre de la reine est très important.

Une image de synthèse du robot Djedi. © Djedi Team, Dassault Systèmes
Une image de synthèse du robot Djedi. © Djedi Team, Dassault Systèmes

Mickaël Bagot : Quelles sont ses limites ? Ce robot peut-il être équipé d'un petit détecteur infrarouge ou un autre outil de spectroscopie ? Y a-t-il des améliorations possibles dans le futur ? Peut-il percer le « cœur de l’Égypte » dans le conduit pour y glisser une caméra optique s'il détecte une anomalie thermique ? Peut-il avoir des « oreilles » et percuter les bords du conduit pour détecter des changements de son (principe utilisé dans la chambre du roi pour détecter la pierre menant aux deux antichambres) ? 

Jean-Pierre Houdin : On est dans la place, c'est tout ce que je peux vous dire.

Shaun Whitehead est le concepteur du robot Djedi. © DR
Shaun Whitehead est le concepteur du robot Djedi. © DR

Mickaël Bagot : Le robot Djedi conçu pour l'exploration de la grande pyramide de Khéops a-t-il des fonctions créées spécifiquement pour cette recherche ? Que lui manque-t-il pour être le plus performant possible ?

Jean-Pierre Houdin : En fait, ils ont conçu et construit trois robots différents. Le dernier a une « remorque » et est monté plusieurs fois en haut du conduit. Il est en carbone et équipé de tout ce qu'il faut. Il est surtout non-invasif, car il ne frotte pas contre les parois (contrairement aux précédents qui étaient équipés de chenilles). Celui-ci se déplace en se rétractant et en s'étirant, se bloquant contre les murs du conduit avec des patins extensibles.

Exemple d’instruments qu’il est possible d’équiper sur le robot Djedi. © DR
Exemple d’instruments qu’il est possible d’équiper sur le robot Djedi. © DR

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