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Les peuples indigènes menacés

Déforestation, modernisme, braconnage, maladies... Les menaces qui pèsent sur les tribus isolées sont nombreuses, qu’elles soient au Brésil, au Pérou ou aux îles Andaman. Dans ce dossier, l’organisation Survival raconte leurs contacts avec le « progrès ».

Page 2 / 7 - Au Brésil, les Akuntsus et les Kanoês menacés de disparition Sommaire
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Un groupe de cinq Kanoês fut contacté en 1995 par les employés de la Funai, la fondation nationale brésilienne des affaires indiennes. Peu après, les Kanoês leur parlèrent d’un autre groupe d’Indiens isolés qu’ils appelaient les Akuntsus.

Tous les membres de la communauté akuntsu, ici en 2008. © Fiona Watson, Survival
Tous les membres de la communauté akuntsu, ici en 2008. © Fiona Watson, Survival

Le contact fut établi avec ces derniers quelques mois plus tard. Ils ne représentaient alors qu’un groupe de sept personnes ayant survécu aux vagues de massacres perpétrés par les éleveurs et leurs hommes de main durant les années 1970 et 1980.

Aujourd’hui, les trois Kanoê et les six Akuntsus occupent une parcelle de forêt, appelée Omerê, qui a été officiellement démarquée, mais qui est entourée de vastes fermes d’élevage et de plantations de soja.

Les cinq derniers Akuntsus. Lorsqu'ils mourront, leur tribu disparaîtra. © Fiona Watson, Survival
Les cinq derniers Akuntsus. Lorsqu'ils mourront, leur tribu disparaîtra. © Fiona Watson, Survival

Seuls cinq Akuntsus sur six ont survécu à ce jour. L’un des hommes, Pupak, a encore des plombs dans le dos et peut mimer la scène où des hommes en armes l’ont pourchassé à cheval. Lui et son petit groupe de survivants vivent maintenant à l’écart dans une petite parcelle de forêt qui est tout ce qui reste de leur terre et de leur peuple. Lorsqu'ils mourront, leur tribu disparaîtra.

Personne ne parlant leur langue, on ne saura peut-être jamais ce qui leur est vraiment arrivé. Mais lorsque des agents du département brésilien des affaires indiennes (Funai) les ont contactés, ils ont découvert que les éleveurs de bétail qui avaient fait main basse sur les terres de ces Indiens avaient massacré presque tous les membres de la tribu et détruit ensuite leurs habitations au bulldozer pour camoufler le massacre.

Ururu, la doyenne des Akuntsus. Elle est décédée fin 2009. © Marcelo dos Santos
Ururu, la doyenne des Akuntsus. Elle est décédée fin 2009. © Marcelo dos Santos

Ils vivent dans deux villages séparés, dans deux petites malocas (maisons communautaires) couvertes de palmes. Ce sont d’excellents chasseurs (qui affectionnent les pécaris, les agoutis et les tapirs) ; ils ont également de petits jardins dans lesquels ils cultivent du manioc et du maïs. Ils cueillent aussi les fruits de la forêt et pêchent parfois de petits poissons dans les criques.

Les Akuntsus fabriquent des flûtes en bois utilisées dans les danses et les rituels, et ils portent aux bras et aux chevilles des bracelets en fibre de palmier. Les coquillages avec lesquels ils fabriquaient leurs colliers ont été remplacés par du plastique multicolore récupéré des bidons de pesticides abandonnés par les fermiers.

De tous les peuples indigènes anéantis pour s’être trouvés sur la route du « progrès », peu ont connu un destin aussi poignant que les Akuntsus. Leur sort est d’autant plus tragique qu’il est tout récent.

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