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Dossier : les secrets de la lutte contre le dopage

Découvrez le dossier Dopage : la traque aux molécules dopantes. Il est courant de pratiquer une activité sportive, porteuse de valeurs positives comme le respect ou l'esprit d'équipe. Des vertus qui peuvent parfois être entachées par le dopage. Quels sont les produits utilisés ? Comment les détecter ? Des réponses que vous trouverez au fil des pages de ce dossier.

Les stéroïdes anabolisants ont été massivement utilisés dans le milieu du culturisme, notamment au cours des années 1970. © David, cc by sa 2.0

Les stéroïdes anabolisants ont été massivement utilisés dans le milieu du culturisme, notamment au cours des années 1970. © David, cc by sa 2.0

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On ne peut aborder le sport de haut niveau sans évoquer le problème du dopage qui l’entache malheureusement. Pour gagner une compétition, il faut faire preuve de grandes qualités, tant physiques que mentales. Il arrive que des sportifs se laissent tenter par l’absorption de substances ou par l’utilisation d’actes médicaux (comme oxygéner le sang) permettant de stimuler ou d’augmenter artificiellement leurs capacités.

 

Le dopage est une pratique très ancienne : dès l’Antiquité, des manuscrits faisaient état de ce comportement, notamment chez les guerriers.

 

À l’origine, en 1968, la lutte antidopage était principalement menée par le comité olympique. C’est en 1999 qu’a été mise en place l’Agence mondiale antidopage ; cet organisme international est reconnu par toutes les associations sportives.

 

Dans le dopage, certaines drogues sont plus souvent utilisées que d'autres : ce sont les drogues récréatives et les stéroïdes anabolisants.

 

Jusqu’à la fin des années 1970, on se dopait principalement avec des molécules exogènes, c’est-à-dire celles que notre corps ne produit pas. Il s’agit généralement de petites molécules (dont les masses molaires sont de l’ordre de 200 à 500 grammes par mole) telles que les amphétamines ou des dérivés de la morphine, produits stimulants ou analgésiques.

 

Afin d’asseoir et d’appliquer la législation sur le dopage, il était nécessaire de développer la connaissance des produits et de pouvoir les détecter, mais aussi de déceler les molécules issues de leurs transformations dans l’organisme, ce que l’on appelle les métabolites.

 

Lors d’un test de dopage, on analyse soit des prélèvements sanguins, soit de l’urine. Quelle que soit la matrice biologique à analyser, les substances à détecter s’y trouvent en faibles, voire très faibles concentrations dans des mélanges complexes contenant des sels, de l’eau, souvent des protéines ou d'autres grosses molécules, qui rendent le tri difficile.

 

La difficulté majeure des analyses antidopage réside dans l’identification d’une molécule parmi une multitude – parfois plusieurs centaines, et généralement en très faible concentration ! Il s’agit donc de disposer de puissants détecteurs. Des avancées spectaculaires ont été réalisées ces 20 dernières années dans les techniques de détection.

 

La chromatographie est peu adaptée à l’analyse de grosses molécules car elles migrent difficilement au travers d’un support solide, ne permettant pas de bonnes séparations, contrairement à l’électrophorèse.

 

Certains produits dopants comme l'hormone de croissance ou le sang (utilisé en transfusion) sont sécrétés naturellement par l'organisme, ce qui rend parfois leur dépistage difficile.

 

Si les techniques d’analyse pour le contrôle antidopage ont progressé, le dopage lui même devient de plus en plus complexe et joue à cache-cache avec les laboratoires et les autorités. Molécules plus grosses de type biologique, molécules endogènes, transfusions sanguines autologues... les difficultés d’analyse sont nombreuses et la frontière entre le naturel et le synthétique est parfois indétectable.

 

Malgré les performances de plus en plus remarquables, en termes de spécificité, de sensibilité et de rapidité des techniques d’analyse, le dopage est de plus en plus difficile à dépister, souvent planifié scientifiquement chez les professionnels, profitant des failles dans les protocoles, ou utilisant des substances ou des méthodes de plus en plus transparentes pour les appareils, avec des concentrations de plus en plus faibles.

 

Course contre la montre, course au record, course à la performance, dépassement de soi, dans le sport comme dans la vie personnelle ou professionnelle… Mais jusqu’où ira le dopage ?

 

Débattre sur les rapports entre chimie et sport illustre l'extrême diversité de la chimie : on y sollicite autant la chimie moléculaire que la chimie des matériaux. À découvrir aux Éditions EDP Sciences, le livre La chimie et le sport, auquel l'auteur de cette carte blanche a participé.

 


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