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La science en 2014 : quelles avancées attendre ?

Avec un doigt de prudence et un zeste de prise de risque, voici nos prévisions de découvertes scientifiques ou d’innovations technologiques pour l’année qui démarre. Que notre boule de cristal fonctionne ou non, ces domaines sont à surveiller…

Le virus du Sida, le VIH, est un ennemi public traqué par la médecine. Il se cache, il se défend, il ruse, mais ses attaques sont souvent contrées. © Stephen Fuller, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0 Le virus du Sida, le VIH, est un ennemi public traqué par la médecine. Il se cache, il se défend, il ruse, mais ses attaques sont souvent contrées. © Stephen Fuller, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

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Médecine

  • Une meilleure connaissance de notre corps

Un nombre important de travaux ont porté sur le sommeil 2013 avec des résultats intéressants, notamment sur l’influence sur notre santé. De même, les étonnantes conclusions qui se succèdent depuis plusieurs années sur l’importance de notre flore intestinale pourraient en faire une vedette de 2013. Et pourquoi pas de 2014 ? Plutôt que d’explorer des voies de lutte contre certaines maladies, ce genre de travaux nous apporte des connaissances sur ce qui maintient notre bonne santé ou au contraire l’affaiblit.

  • Alzheimer, Parkinson… : des progrès à coup sûr

Les efforts sont si lourds dans ces domaines que les chercheurs progressent régulièrement sur les origines de ces maladies neurodégénératives et sur les moyens de contrer. C’est un pari : sur les articles que Futura-Sciences publiera en 2014 sur ces sujets, l’un sera d’une grande importance.

  • Sida : les médecins remportent des batailles mais pas la guerre

Le bilan 2013 de la lutte contre le VIH montre des avancées (l’efficacité des traitements) et des déceptions (attaquer les réservoirs de virus), mais pas de recul. Par différentes voies, la médecine contre efficacement l’épidémie mondiale. Pour les résultats 2014, la probabilité la plus forte est que ces progrès se poursuivront mais que l’on n’annoncera pas l’arme fatale contre le VIH.

Technologie

Ces charnières métalliques, dont des modèles identiques équipent des avions Airbus, ont été réalisées par impression 3D. Le procédé est balbutiant mais intéresse au plus haut point l'industrie aéronautique, et même astronautique, pour produire des pièces en petites quantités et aux spécifications précises, voire changeantes.
Ces charnières métalliques, dont des modèles identiques équipent des avions Airbus, ont été réalisées par impression 3D. Le procédé est balbutiant mais intéresse au plus haut point l'industrie aéronautique, et même astronautique, pour produire des pièces en petites quantités et aux spécifications précises, voire changeantes. © Airbus Group

  • Je surveille mon corps

Via un smartphone, une montre ou un vêtement « intelligent », des capteurs miniaturisés peuvent surveiller différents paramètres corporels, comme le rythme cardiaque ou la tension. À côté de gadgets pour les sportifs solitaires voulant suivre leurs performances, des applications médicales pourraient se répandre et aider des personnes à risques.

  • L’impression 3D, derechef

Elle fut la vedette de 2013. De l’aéronautique aux prothèses médicales en passant par les objets téléchargeables en « freeware », la fabrication d’objets de forme à peu près quelconque par un dispositif relié à un ordinateur a fait parler d’elle. Gageons que des applications plus concrètes de l'impression 3D verront le jour en 2014 et que, du côté de la R & D, les progrès porteront sur l’utilisation du métal.

Dans nos prévisions de 2012 pour l’année 2013, nous avions avancé des progrès notables en matière de domotique, qui ne se sont guère manifestés. Osons reprendre cette prédiction avec un élément complémentaire : le smartphone. L’absence de standardisation des équipements a toujours handicapé cette discipline. La connexion au téléphone relié à Internet, agissant comme un fédérateur, pourrait changer la donne. Google, en ce tout début 2014, ne vient-il pas d’acquérir Nest, une jeune entreprise du secteur qui connaît un bon succès aux États-Unis ?

Astronomie

La caméra HiRise, installée sur l'orbiteur MRO (Mars Reconnaissance Orbiter) a saisi le 6 janvier 2014 les traces qu'ont laissées les roues du rover Curiosity, alors en route vers le pied du mont Sharp. Ce robot géologue y cherchera des données sur le passé de Mars, lorsque la Planète rouge avait une atmosphère plus humide et plus chaude.
La caméra HiRise, installée sur l'orbiteur MRO (Mars Reconnaissance Orbiter) a saisi le 6 janvier 2014 les traces qu'ont laissées les roues du rover Curiosity, alors en route vers le pied du mont Sharp. Ce robot géologue y cherchera des données sur le passé de Mars, lorsque la Planète rouge avait une atmosphère plus humide et plus chaude. © Nasa, JPL, University of Arizona

Cette prédiction-là est peu risquée. Le premier millier d’exoplanètes connues a été atteint en 2013 (en octobre), mais de nombreuses candidates restent à étudier dans les données déjà récoltées par Harps (Eso, observatoire de La Silla) et, dans l’espace, Corot (Esa) et Kepler (Nasa). Sur Terre, le tout nouvel instrument GPI installé sur le télescope Gemini Sud (au Chili) a commencé à scruter le ciel, avec un programme de 600 étoiles proches du Soleil, et se révèle prometteur. On peut parier sur la découverte d’exoterres, et pourquoi pas situées dans la zone habitable d’une naine rouge.

  • Mars pour les amateurs… et pour Curiosity

Le spectacle commencera fin mars : la Planète rouge s’approche de la Terre. Elle sera au plus près, donc à l’opposition, le 8 avril à exactement 22 h 03 TU (donc le 9 à 0 h 03 en heure de France métropolitaine). Sur Mars, Curiosity est en route pour le pied du mont Sharp et, si ses roues tiennent bon, il commencera à étudier des terrains sédimentaires tout à fait différents du fond d’étang asséché dans lequel il a travaillé en 2013. C’est près de quatre milliards d’années qui, couche par couche, s’empilent devant lui.

Aéronautique

Le prototype du petit avion électrique E-Fan, à hélices carénées, au salon du Bourget en 2013. Il n'a pas encore volé, mais démontre qu'un grand industriel de l'aéronautique, en l'occurrence Airbus Group (anciennement EADS), peut s'intéresser de près à ce mode de propulsion encore à inventer.
Le prototype du petit avion électrique E-Fan, à hélices carénées, au salon du Bourget en 2013. Il n'a pas encore volé, mais démontre qu'un grand industriel de l'aéronautique, en l'occurrence Airbus Group (anciennement EADS), peut s'intéresser de près à ce mode de propulsion encore à inventer. © Rémy Decourt

  • L’essai de l’E-Fan, l’avion électrique d’Airbus

Le géant européen de l’aéronautique devrait procéder aux premiers essais en vol de son petit avion électrique expérimental E-Fan, présenté au Bourget en 2013. L’avion électrique reste un domaine balbutiant, avec, surtout, une autonomie très restreinte. Mais les innovations réunies dans ce projet, qui fait suite au Cri-Cri électrique, pourraient servir ailleurs ou autrement. Emmanuel Joubert, responsable du projet, qui a reçu en décembre le prix du développement durable de L’Usine Nouvelle et Industrie et Technologies, avait répondu aux questions de Futura-Sciences. L’E-Fan possède des hélices carénées à bon rendement et des roues propulsives pour faire rouler l’avion au sol, ce qui économise de l’énergie. Safran, leader mondial du train d’atterrissage, a déjà testé, avec Honeywell, un tel système sur un Airbus, et vient de créer une filiale, Labinal Power Systems (LPS), dédiée à « l'avion plus électrique ». Dans le courant de l’année, des annonces sur de futurs dispositifs où l’électricité remplacerait l’hydraulique ne seraient pas étonnantes.

  • La fin de la construction et le premier vol du HB-SIB de Solar Impulse

Après les vols réussis par le prototype HB-SIA, qui a effectué un vol de nuit, sillonné l’Europe, atteint le Maroc et, en 2013, traversé les États-Unis, Solar Impulse a démontré que l’énergie solaire peut, à elle seule, faire voler un avion. Le second exemplaire, plus grand et plus puissant, le HB-SIB, est en construction à Payerne, en Suisse, depuis l’été 2013. Elle devrait s’achever au cours du premier semestre 2014 et les vols pourront commencer. Cet appareil devrait permettre à Bertrand Piccard et Arnaud Borschberg de réaliser un tour du monde en 2015. Rappelons que l’objectif de Solar Impulse n’est pas de démontrer que les avions du futur tireront leur puissance de cellules photovoltaïques (le HB-SIA n’emporte qu’une personne à quelques dizaines de km/h) mais que l’énergie solaire peut être exploitée dans des domaines plus larges que les applications auxquelles on pense habituellement.

Environnement

  • Des surprises, sûrement

Dans ce domaine, les prévisions relèvent de la boule de cristal. Les découvertes de 2013 sont là pour en témoigner : en explorant la forêt amazonienne, les chercheurs ne pouvaient savoir combien de nouvelles espèces ils débusqueraient. Et la récolte fut excellente... De même, sous la glace ou dans la croûte océanique, la vie réservait de belles surprises aux scientifiques. On parlera également climat, bien sûr, avec peu de catastrophes, espérons-le, mais aussi sans doute de pollution, en particulier en Chine où elle devient un vrai problème de santé publique.


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