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A table : des produits chimiques au menu !

Des produits chimiques tels que les pesticides, les PCBs et les retardateurs de flamme bromés ont été retrouvés dans les aliments consommés partout en Europe - aussi bien dans les produits laitiers que dans le poisson ou la viande - selon un rapport que publie le WWF.

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Ce nouveau rapport, intitulé « Chaîne de Contamination : le Maillon Alimentaire » montre que les aliments constituent un élément crucial dans la chaîne de contamination qui commence par la fabrication des produits chimiques et se termine avec leur apparition indésirable dans notre sang, accompagnée du risque potentiel de développer des maladies graves. Le rapport atteste que ces substances nocives sont également présentes chez les animaux sauvages et dans l'environnement.

© WW.Fr
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« Les hommes se trouvant en haut de la chaîne alimentaire, il est normal qu'ils soient tout particulièrement exposés aux produits chimiques présents dans la nourriture », explique le professeur Jan Åke Gustafsson, coordinateur de CASCADE, un réseau européen qui s'intéresse aux perturbateurs endocriniens contenus dans les aliments et qui soutient le rapport du WWF. « Dans la mesure où certaines de ces substances chimiques sont comparables aux hormones, elles entraînent des perturbations de notre système endocrinien et peuvent être un facteur de risque de maladies comme l'obésité, différentes formes de cancer et de diabète, ainsi qu'une baisse de fertilité. »

Le rapport du WWF dévoile les résultats d'une analyse effectuée sur 27 échantillons d'aliments différents achetés en supermarché dans sept pays européens : Grande Bretagne, Italie, Espagne, Grèce, Suède, Finlande et Pologne. Ces aliments comprennent des produits laitiers (lait, beurre et fromage), de la viande (saucisses, lard, blancs de poulet, jambon et saucisson) du poisson (saumon et thon), du pain, du miel et de l'huile d'olive. Ils ont été analysés selon huit groupes de substances chimiques fabriqués par l'homme : pesticides organochlorés, PCBs, retardateurs de flamme bromés, substances chimiques perfluorées, phtalates, organoétains, alkyphénols et muscs artificiels.

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Les tests ont mis en évidence la présence de matières synthétiques à risque potentiel dans tous les échantillons, qui s'étendent des phtalates dans l'huile d'olive, le fromage et les viandes, aux pesticides organochlorés interdits dans le poisson et la viande de renne, des muscs artificiels et organoétains dans le poisson aux retardateurs de flamme dans les viandes et les fromages.

Alors que le WWF souligne que la consommation de ces aliments ne rend pas pour autant malade, l'organisation mondiale se déclare sérieusement préoccupée par les effets potentiels et à long-terme de faibles expositions répétées à des produits chimiques par le biais du régime alimentaire, en particulier sur les foetus, les enfants en bas-âge et les jeunes enfants.

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« Il est choquant de s'apercevoir qu'un régime sain entraîne l'ingestion de tant de substances contaminantes », indique Sandra Jen, Directrice de la campagne DetoX du WWF. « Rompre cette chaîne globale de contamination requiert un engagement ferme de la part des politiques européens en faveur de la santé et de l'environnement. »

Les aliments constituent pour l'homme une des principales sources d'exposition aux polluants, en particulier ceux dits persistants et accumulateurs (dans l'environnement) tels que le DDT, les PCB et les retardateurs de flamme bromés. Mais les produits chimiques apparaissent dans l'environnement par de nombreux autres biais : fuites au moment de leur fabrication, pendant le transport et le stockage, lors d'application directe, ainsi que dans l'utilisation de produits de type ordinateurs, télévision ou encore articles de toilette.

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Cet automne, le Parlement Européen est appelé à voter la nouvelle loi (REACH) qui a pour vocation de protéger les hommes et les animaux des méfaits de substances chimiques nocives. Malheureusement, cette législation, durant toute la période de son développement, a fait l'objet d'attaques répétées du lobby de l'industrie chimique, ce qui a eu pour effet de réduire considérablement sa portée et de la rendre aussi inefficace, selon le WWF, que la législation actuelle.

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Le WWF enjoint vivement l'UE à adopter une version de REACH beaucoup plus ferme. Les législateurs en charge de cette directive doivent s'assurer qu'elle contraigne les producteurs de substances chimiques à fournir suffisamment de données sur leurs produits de façon à pouvoir en identifier les risques, surtout pour ceux qui présentent les plus forts taux de toxicité. De plus, les substances les plus inquiétantes, telles que les perturbateurs hormonaux, doivent pouvoir être remplacées par des alternatives plus fiables dès lors qu'elles sont disponibles.

Pour en savoir plus

· Les pesticides organochlorés sont utilisés en agriculture, les PCB dans l'équipement électrique, les retardateurs de flamme bromés dans les plastiques, les textiles et les équipements électroniques, les substances chimiques perfluorées dans la fabrication de surfaces anti-adhésives et emballages de restauration rapide, les phtalates pour assouplir le plastique, les organoétains dans les revêtements anti-fouling, les alkyphénols dans les détergents et enfin les muscs artificiels comme parfums de synthèse dans les produits d'entretien et les cosmétiques.

Retrouvez toutes les solutions pour réduire votre exposition aux produits chimiques toxiques, pour protéger votre santé, celle de vos enfants et celle de la planète dans l'ouvrage du WWF « Planète Attitude Santé », aux éditions du Seuil, sortie en librairie le 21 septembre 2006. Parce qu'on ne peut pas vivre en bonne santé sur une planète malade !


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