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La lutte internationale contre le dopage s'organise !

La Conférence générale de l'UNESCO, réunie à Paris pour sa 33e session, a adopté à l'unanimité la Convention internationale contre le dopage dans le sport, premier instrument juridique visant l'éradication du dopage et possédant à la fois un caractère contraignant et une portée universelle. A problème mondial, réponse mondiale, tel est le défi relevé par la nouvelle Convention.

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Elle fournit aux gouvernements un cadre légal pour une harmonisation internationale des efforts dans la lutte contre ce fléau qui bafoue les valeurs éthiques et sociales du sport et met en péril la santé des sportifs.

Les derniers Jeux Olympiques (Athènes, 2004) ont connu un nombre record de cas de dopage. Par ailleurs, en France, selon le Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD), près de 5% des échantillons prélevés, l'année dernière, sur des sportifs professionnels faisaient apparaître des substances ou des procédés interdits.

Alors que le dopage des sportifs professionnels ne cesse de défrayer la chronique, on parle très peu du recours à des substances dopantes par des amateurs et le grand public, qui prend pourtant de plus en plus d'ampleur. Selon une étude menée par la Commission européenne en 2002, près de 6% des usagers des centres de mise en forme dans plusieurs pays européens reconnaissaient prendre régulièrement des produits dopants pour améliorer leurs performances. Une enquête de l'Université du Québec révélait la même année que 26% des jeunes athlètes interrogés avaient fait usage de produits interdits par le Comité international olympique au moins une fois au cour des 12 mois précédents.

La Convention internationale contre le dopage dans le sport comble une lacune. La plupart des instruments normatifs existants, qu'ils soient nationaux, régionaux ou internationaux privilégient la répression et les contrôles dans la lutte antidopage, méthodes qui se sont avérées d'une efficacité limitée, selon les spécialistes. D'autres, comme la Charte internationale olympique contre le dopage (1988), n'ont pas de portée juridique universelle.

La nouvelle Convention ne se limite pas aux contrôles et sanctions, mais incite les Etats parties « à soutenir, concevoir ou mettre en œuvre des programmes d'éducation et de formation à la lutte contre le dopage », pour sensibiliser le public aux effets négatifs du dopage sur la santé et les valeurs éthiques du sport, et l'informer sur les droits et responsabilités des sportifs et les procédures de contrôles. Elle encourage également « la participation active des sportifs et du personnel d'encadrement des sportifs à tous les volets de la lutte antidopage ».

Sur le plan des contrôles et sanctions, la nouvelle Convention prévoit que tous les athlètes du monde doivent être soumis aux mêmes règles, régulièrement testés et subir les mêmes conséquences en cas d'infraction. Elle engage, en effet, les Etats parties à adopter des mesures qui soient conformes aux principes énoncés dans le Code mondial antidopage de l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui a été adopté lors de la Conférence mondiale sur le dopage dans le sport à Copenhague en 2003.

Le Code et les standards internationaux, relatifs aux volets techniques et opérationnels (interdictions, exceptions accordées pour un usage thérapeutique, laboratoires) regroupent les règles et les procédures universelles touchant à tous les principaux aspects du contrôle antidopage. La Convention prévoit une procédure permettant de soumettre très rapidement à tous les Etats parties, pour approbation, la liste des substances interdites et des exceptions à des fins thérapeutiques, telle qu'elle est établie et mise à jour régulièrement par l'AMA.

Les Etats parties à la Convention s'engagent par ailleurs à faciliter « la tâche de l'AMA et des organisations antidopage pour qu'elles puissent procéder à des contrôles du dopage en compétition ou hors compétition auprès de leurs sportifs, sur leurs territoires ou en dehors », ainsi que « la circulation transfrontalière en temps utile des équipes de contrôle du dopage dûment agréées ». Ils s'engagent également à favoriser la coopération entre les laboratoires de contrôles et « reconnaissent mutuellement les procédures de contrôle du dopage et les méthodes de gestion des résultats de toute organisation antidopage qui sont conformes au Code, y compris les sanctions sportives qui en découlent ».

La Conférence des parties est l'organe souverain de la Convention, qui en assure le suivi. L'AMA a le statut d'une organisation consultative au sein de la Conférence des parties, alors que l'UNESCO en assure le secrétariat.

L'élaboration de ce nouvel instrument juridique avait été proposé lors de la Table ronde des ministres du Sport qui avait réuni, au siège de l'UNESCO (janvier 2003), 360 participants de 103 pays. L'idée a été entérinée à la 32e session de la Conférence générale de l'UNESCO, en octobre 2003. Depuis cette date, un projet de Convention a été élaboré avec la participation de représentants de 95 pays et la contribution financière de 9 Etats membres (Australie, Canada, Danemark, Finlande, Islande, Japon, Norvège, Nouvelle Zélande, Suède). La Convention entrera en vigueur dès qu'elle aura été ratifiée par au moins 30 Etats membres, si possible avant les Jeux Olympiques d'hiver qui se tiendront à Turin, en janvier 2006.


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