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La reine Hatshepsout aurait provoqué son cancer... en se soignant

De quoi est morte la première femme pharaon, Hatshepsout, dont la momie a été récemment identifiée ? On l'ignore mais l’étude du corps embaumé a montré qu’elle souffrait d’une tumeur et d’une maladie de peau. L’analyse du contenu d’une fiole lui ayant appartenu a montré qu’elle contenait une crème de soin hautement cancérigène. Hatshepsout a peut-être ainsi causé son cancer...

Le flacon de la reine Hatshepsout dont le contenu a été analysé par les chercheurs. © Barbara Frommann-Uni Bonn Le flacon de la reine Hatshepsout dont le contenu a été analysé par les chercheurs. © Barbara Frommann-Uni Bonn

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C’est en 2007 que l’on a enfin identifié la momie d’Hatshepsout. Fille du pharaon Thoutmôsis Ier, ayant accédé au rang de première épouse royale en épousant son demi-frère, le pharaon Thoutmôsis II, elle est surtout connue par son temple funéraire à Deir el-Bahari. Situé non loin de Thèbes, il est constitué de trois terrasses accolées à une falaise dans laquelle le temple se poursuit. 

Dans le monde de l’égyptologie, Hatshepsout est célèbre pour avoir été la première femme pharaon, titre dont elle s’est emparée avec l’accord des plus hauts dignitaires du clergé de l’époque au décès de son époux, évinçant pendant des décennies le futur pharaon Thoutmosis III.

Comme  le montre la vidéo du documentaire ci-dessous, Hatshepsout est probablement morte des conséquences d’un abcès dentaire ayant entraîné une infection généralisée, mais on sait aussi que la reine avait une tumeur. En outre, comme son père, son demi-frère et le fils de celui-ci (qui n’était pas le sien), elle souffrait d’une maladie de peau, très vraisemblablement héréditaire.

Le conservateur du musée d’égyptologie de l’université de Bonn, Michael Höveler-Müller, s’est demandé si les moyens modernes d’investigation ne permettraient pas de connaître le contenu d’un flacon hermétiquement bouché depuis des millénaires et ayant appartenu à Hatshepsout. Il pensait qu’il contenait du parfum.


Un documentaire sur la reine d'Égypte Hatshepsout. © France 5/ Brando Quilici Produzioni /Discovery Channel/Dailymotion

La substance cancérigène de la cigarette

Avec Helmut Wiedenfeld de l’institut pharmacologique de la même université, il a d'abord fait passer un scanner au flacon. Constatant qu'il contenait effectivement des restes déshydratés d’une substance quelconque, les deux hommes se sont adjoints l’aide de Friedrich Bootz, un otorhinolaryngologue, pour en prélever un échantillon par endoscopie.

Les analyses chimiques ont d'abord révéler qu’il ne s’agissait pas des restes d’un parfum mais de ceux d’une sorte de pommade particulièrement grasse et dont la composition indiquait qu’elle devait servir à soigner des problèmes d’eczéma et de démangeaisons.

Parmi les divers composants, on trouve de l’huile de palme mais aussi des huiles, comme l'huile essentielle de noix de muscade et celle de pépins de pomme. Malheureusement, on trouve aussi du créosote et surtout du benzopyrène qui sont des substances particulièrement cancérigènes, surtout la seconde. Le benzopyrène est en effet la cause principale du danger des cigarettes.

Hatshepsout étant morte entre 40 et 50 ans, on peut conjecturer qu’elle a fait un usage prolongé de cette pommade qui est peut-être en lien avec sa tumeur et, pourquoi pas, avec les causes de son décès. C’est en tout cas une spéculation dont les trois hommes à l’origine de cette découverte ne se privent pas.


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