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Les Journées de l’archéologie dévoilent un patrimoine insoupçonné

La France a une histoire riche. De très nombreuses découvertes faites par l’Institut national de recherches archéologiques préventives peuvent en témoigner. Cette institution coordonne ce weekend, du 22 au 24 juin 2012, la 3e édition des Journées nationales de l’archéologie. Plusieurs centaines de manifestations sont prévues sur tout le territoire. Des sites de fouilles, comme le fort temporaire de Saint-Sébastien construit par des soldats de Louis XIV, sont ouverts au public. 

Les Journées nationales de l'archéologie offrent également au public l'occasion de rencontrer des chercheurs. Les manifestations se déroulent dans plus de 400 lieux en France. © Inrap Les Journées nationales de l'archéologie offrent également au public l'occasion de rencontrer des chercheurs. Les manifestations se déroulent dans plus de 400 lieux en France. © Inrap

Les Journées de l’archéologie dévoilent un patrimoine insoupçonné - 3 Photos

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La 3e édition des Journées nationales de l’archéologie (JNA) est organisée ce weekend, du 22 au 24 juin 2012, sous l’égide du ministère de la Culture et de la communication. À cette occasion, 736 manifestations et 39 portes ouvertes de sites de fouilles sont organisées un peu partout sur le territoire. Elles permettent ainsi au public de découvrir ou d’approfondir de nombreux aspects méconnus de l’histoire de la France, tout en faisant comprendre l’importance que revêt l’archéologie dans notre société. Elles soulignent également la nécessité de réaliser des fouilles préventives sur des sites devant faire l’objet d’aménagements (près de 700 km² par an).

Cette mission est entre autres confiée à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) dont le but est de « sauvegarder par l’étude les archives du sol ». Cet organisme réalise donc des diagnostics sur les lieux de futurs chantiers et, si le besoin s’en fait sentir, met en place des chantiers de fouilles. Un très bel exemple de l’importance de leurs travaux vient d'être fourni dans les plaines d’Achères, entre la Seine et la forêt de Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines. 

Vue panoramique du bastion sud-est du fort Saint-Sébastien (seconde moitié du XVIIe siècle) de la fouille d'Achères, dans les Yvelines. © Michel Assezat, Inrap
Vue panoramique du bastion sud-est du fort Saint-Sébastien (seconde moitié du XVIIe siècle) de la fouille d'Achères, dans les Yvelines. © Michel Assezat, Inrap

Un fort de Louis XIV enseveli aux portes de Paris 

Souhaitant moderniser ses installations d’épuration, le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap) a déclaré ses intentions de réaliser de grands travaux sur un site de près de 28 hectares. Des fouilles ont été prescrites par la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France (Drac) et confiées à l’Inrap, représentée par Séverine Hurart, par le Siaap. Elles ont mis au jour les restes d’un camp d’entraînement, le fort Saint-Sébastien, utilisé par les troupes du roi Louis XIV. Cette découverte serait inédite car elle témoignerait pour la première fois en France de la poliorcétique de la seconde moitié du XVIIe siècle, i.e. de l’art du siège. 

Édifiée en 1669, cette fortification en terre, composée de talus, fossés et palissades, formait un quadrilatère de 600 m de long pour 380 m de large. Elle était utilisée pour simuler des attaques et préparer la prise de places fortes. Le fossé était par exemple large de plus de 7 m et bordé par un talus recouvert de briques d’argile crue. Leur rôle était d’absorber les chocs des boulets de canons. Le site comportait également un réseau complexe de tranchées d’attaque, un dispositif apprécié par Vauban et utilisé à grande échelle lors du siège de la ville de Maastricht (aux Pays-Bas) en 1673. Près de 30.000 hommes, des soldats recrutés et non plus enrôlés, y auraient séjourné, comme en témoigne l’abondant mobilier retrouvé au sein des restes de bâtiments (céramiques, verres, pipes en terre cuite, etc.). Les objets récoltés ont ainsi permis d’étudier le mode de vie et l’organisation militaire de l’époque. 

Ensemble de céramiques et d’objets (seconde moitié du XVIIe siècle) liés à la vie quotidienne des soldats (dés à jouer, monnaie,  pipes, pot à onguent, pot à cuire, plat de service, pot en grès)  découverts sur la fouille du fort Saint-Sébastien à Achères, dans les Yvelines. © Michel Assezat, Inrap 
Ensemble de céramiques et d’objets (seconde moitié du XVIIsiècle) liés à la vie quotidienne des soldats (dés à jouer, monnaie, pipes, pot à onguent, pot à cuire, plat de service, pot en grès) découverts sur la fouille du fort Saint-Sébastien à Achères, dans les Yvelines. © Michel Assezat, Inrap 

Le fort a été rasé en 1670 lors du départ des soldats en guerre. Les troupes étant passées par ce lieu se sont notamment battues durant la campagne de Hollande (1672-1678). Elles ont pris la ville de Maastricht en 13 jours, un exploit pour l’époque, mais y ont perdu un illustre personnage, le comte d’Artagnan, capitaine des Mousquetaires.  

Le site sera ouvert au public ce samedi 23 (de 14 à 18 h) et dimanche 24 juin (de 10 à 18 h). L'ensemble des manifestations coordonnées par l’Inrap peuvent être visualisées sur le site officiel de l’événement. Une galerie photo publiée par Futura-Sciences retrace également certaines des plus belles découvertes faites par cette institution publique depuis sa création en 2001.


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