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L'Inrap étudie un cimetière d'esclaves en Guadeloupe

Les plages guadeloupéennes, comme bien d’autres, n’échappent pas à l’érosion marine. Sur le littoral de Saint-François, un cimetière datant de l’époque coloniale serait actuellement mis à mal pour ce phénomène naturel. C’est pourquoi l’Inrap y intervient. En effet, il est important de comprendre qui étaient les défunts, probablement des esclaves, et de quoi ils sont morts. 

Deux archéologues de l’Inrap s’appliquent pour exhumer des restes humains du cimetière colonial de la plage des Raisins clairs (Guadeloupe), avant que l’érosion marine ne les emporte à la mer. © Jérôme Rouquet, Inrap Deux archéologues de l’Inrap s’appliquent pour exhumer des restes humains du cimetière colonial de la plage des Raisins clairs (Guadeloupe), avant que l’érosion marine ne les emporte à la mer. © Jérôme Rouquet, Inrap

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En Guadeloupe, l’érosion marine sur le littoral de Saint-François, côte sud de la Grande-Terre, détruit progressivement un cimetière d’époque coloniale sur la plage des Raisins clairs. L’Inrap intervient du 13 janvier au 12 février 2014 sur une bande de 3 m de large, sur 60 m de long, directement en arrière du front d’érosion.

Ce cimetière est connu depuis plusieurs années en raison de l’apparition régulière d’ossements humains et de clous de cercueil. Dans les années 1990, la découverte d’un crâne associé à un collier de servitude avait évoqué la présence d’un cimetière d'esclaves. Les sondages réalisés en 2013 ont permis de mettre au jour 48 inhumations individuelles, avec des indices de cercueil pour la plupart.

Les défunts sont déposés sur le dos selon un axe est-ouest parallèle au rivage, la tête le plus souvent à l’ouest. La présence de boutons en os montre que les défunts étaient vêtus. L’un d’entre eux a les incisives taillées, ce qui indiquerait, par analogie avec les découvertes effectuées sur le cimetière d’esclaves de l’Anse Sainte-Marguerite, que cet individu serait né en Afrique.

Fouille archéologique à Saint-François, en Guadeloupe, qui a révélé un cimetière colonial de la plage des Raisins clairs. Le chantier se trouve sur le front d'érosion.
Fouille archéologique à Saint-François, en Guadeloupe, qui a révélé un cimetière colonial de la plage des Raisins clairs. Le chantier se trouve sur le front d'érosion. © Jérôme Rouquet, Inrap 

Les anthropologues entrent en jeu pour faire parler les défunts

La population est constituée d’adultes et d’enfants des deux sexes. Les recoupements entre sépultures témoignent d’une utilisation relativement longue du lieu, probablement plus d’un siècle. La chronologie reste à préciser, mais les indices récoltés permettent de proposer une occupation allant de la fin du XVIIe au XIXe siècle. Entre 500 et 1.000 sépultures sont encore en place. Le statut de ce cimetière sera précisé, grâce à la fouille des vestiges menacés et à l’étude des sources historiques. 

Une équipe d’archéologues de l’Inrap spécialisés en anthropologie va intervenir sur le terrain pour mettre au jour et inventorier l’ensemble des vestiges. Au sens large, l’anthropologie est la science qui étudie les populations et les caractéristiques anatomiques, biologiques, culturelles et sociales des êtres humains. Appliquée à l’archéologie, elle s’intéresse aux restes humains et au contexte dans lequel ils sont découverts.

Sur le terrain puis en laboratoire, l’anthropologue examine les vestiges du défunt pour identifier ses caractères biologiques, les circonstances de sa mort et les traumatismes et maladies auxquels il a, ou non, survécu. Il étudie également toutes les caractéristiques de la sépulture, enrichissant ainsi la connaissance des sociétés à travers leurs pratiques funéraires : traitement du corps, type de tombe, mobilier… À l’issue de l’étude des vestiges, l’ensemble de ceux-ci sera entreposé dans un dépôt de l’État.


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