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Archéologie : les géoglyphes de Nazca seraient des labyrinthes !

Les géoglyphes de Nazca correspondraient à des labyrinthes construits dans un contexte spirituel. Cette nouvelle théorie vient d’être émise par deux archéologues ayant étudié l’un d’entre eux depuis… le sol, un fait étonnamment peu fréquent ! 

Les géoglyphes nazcas peuvent afficher différentes formes géométriques ou ressembler à certains animaux, à l’image de ce singe. Le site les abritant est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1994. © Markus Leupold-Löwenthal, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0 Les géoglyphes nazcas peuvent afficher différentes formes géométriques ou ressembler à certains animaux, à l’image de ce singe. Le site les abritant est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1994. © Markus Leupold-Löwenthal, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

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Le désert de Nazca abrite sur plus de 220 km2 d’étranges figures tracées à même le sol. Elles ont été laissées par une civilisation pré-inca ayant peuplé cette région péruvienne voilà 1.200 à 2.300 ans : les Nazcas. Ces formes parfois longues de plusieurs kilomètres suscitent de nombreuses interrogations depuis leur découverte dans les années 1920. Leur fonction reste en effet inconnue.

Plusieurs théories ont déjà été émises dans le passé. La plupart se veulent sérieuses, à l’image de celle proposée par Maria Reiche, une mathématicienne allemande pour qui les géoglyphes formeraient un calendrier astronomique géant. D’autres hypothèses sont plus farfelues. L’écrivain suisse Erich von Däniken pense par exemple que ces structures correspondraient à d’anciennes pistes d’atterrissage pour extraterrestres !

Une nouvelle théorie vient d’être dévoilée dans le journal Antiquity par Nicholas Saunders et Clive Ruggles. Pour l’émettre, ces deux archéologues appartenant respectivement aux universités britanniques de Leicester et Bristol ont analysé un géoglyphe depuis un point de vue trop souvent négligé : le sol. La plupart des recherches antérieures ont en effet été menées grâce à des photographies aériennes ou satellitaires. Mais les Nazcas ne pouvaient pourtant pas voir leurs œuvres d’en haut. Leurs figures pourraient en réalité être des labyrinthes à vocation spirituelle !

Représentation schématique du géoglyphe nazca découvert au Pérou en 1984 par Clive Ruggles, mais cartographié seulement en 2007. Selon les archéologues, il s'agirait d'un labyrinthe à vocation spirituelle, peut-être destiné aux dieux ou aux esprits, car il était peu fréquenté par l'Homme. Le tracé fait plus de 4 km de long. © Clive Ruggle, Nicholas Saunders, 2012, Antiquity
Représentation schématique du géoglyphe nazca découvert au Pérou en 1984 par Clive Ruggles, mais cartographié seulement en 2007. Selon les archéologues, il s'agirait d'un labyrinthe à vocation spirituelle, peut-être destiné aux dieux ou aux esprits, car il était peu fréquenté par l'Homme. Le tracé fait plus de 4 km de long. © Clive Ruggle, Nicholas Saunders, 2012, Antiquity

Les bords des géoglyphes encore nets malgré 1.500 ans d’histoire

Les archéologues ont parcouru près de 1.500 km à pieds en 150 jours pour tenter de percer le secret des géoglyphes. Ils ont focalisé leur attention sur un site découvert en 1984 par Clive Ruggles. Le sol du désert est recouvert de pierres affichant des oxydes de fer en surface, elles sont donc sombres. Pour sculpter leurs œuvres, les Nazcas ont tout simplement retiré ses cailloux en suivant un motif précis. Ils ont ainsi mis à nu des sols gypseux clairs. Problème : le géoglyphe étudié a été modifié à plusieurs reprises au cours des différentes périodes de l’histoire des Nazcas. 

Pour débuter leurs travaux, Nicholas Saunders et Clive Ruggles ont tout d’abord décidé de différencier les étapes de la construction du géoglyphe. Pour ce faire, ils ont notamment eu recours à des analyses stratigraphiques. Au final, un tracé composé d’une seule ligne de 4,4 km de long a été mis au jour (certaines parties n’étaient plus visibles à l’œil nu). Il débute (ou se termine) par une spirale puis se compose de longues lignes droites régulièrement marquées par des virages abrupts et, selon l’avis des chercheurs, déroutants. 

Le site a été particulièrement bien préservé au cours du temps, notamment car il y a peu de vent dans cette région du globe. Durant leurs randonnées, les archéologues ont noté deux faits importants : la surface des géoglyphes est en très bon état et leurs bords sont nets. Ainsi, il est peu probable que cette sculpture ait été foulée par de nombreuses personnes et du bétail. Si des Nazcas cheminaient sur son tracé, ils devaient circuler seuls ou en petits groupes, ce qui laisse penser que ces lieux devaient être empruntés dans le cadre de démarches spirituelles ou rituelles. Comme l’ont par ailleurs précisé les archéologues, l’acte de construire ces structures pourrait également avoir eu plus d’importance que les formes qui leur ont été données et sur lesquelles de nombreuses personnes se focalisent ! Attention toutefois, cette nouvelle théorie reste… une théorie.


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