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Biographie de Walter Wahli

Spécialiste en endocrinologie moléculaire

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Sa biographie

Né à Moutier en 1946, Walter Wahli a fait des étude de biologie à l'Université de Berne et y a obtenu un doctorat (Dr. Phil Nat ; PhD) en 1977. Il a poursuivi ses recherches au Department of Embryology, Carnegie Institution of Washington à Baltimore en qualité de postdoctorant, puis comme "Visiting associate" aux National Institutes of Health, Cancer Institute, Department of Biochemistry, à Bethesda. Il a été nommé Professeur ordinaire et directeur de l'Institut de Biologie Animale de l'Université de Lausanne en 1980. Il a été Vice-recteur de l'Université de Lausanne (Recherche et Formation postgraduée) de 1999 à 2003. Il est entré au Conseil de la Recherche du Fonds National en 1997 et y préside la Division "Biologie et Médecine" depuis 2004.

Spécialiste en endocrinologie moléculaire, Walter Wahli étudie le mode d'action des récepteurs nucléaires, en particulier celui du récepteur des oestrogènes et, plus récemment, ceux des récepteurs des acides gras. Ces derniers contrôlent la plupart des voies du métabolisme énergétique. Une perturbation de ces voies engendre les maladies métaboliques, comme le diabète, l'obésité, et les maladies cardiovasculaires.

Walter Wahli est membre élu de l' "European Molecular Biology Organization" et de l'Institut Jurassien des Sciences, des Lettres et des Arts. Il est lauréat du Prix Otto-Naegeli 2002 et de l' "European Federation of Lipid Research Award 2002" pour sa contribution à la recherche biomédicale, particulièrement dans la connaissance des mécanismes de régulation du métabolisme des graisses, de l'inflammation et de la cicatrisation.

Son métier au quotidien

Les étapes pour accéder à un poste de professeur ordinaire dans le milieu académique sont nombreuses et passionnantes. Au terme des études universitaires, le savoir, tout comme les techniques de laboratoire apprises, restent relativement générales. Elles permettent néanmoins de définir les axes d’intérêt de  chacun, les domaines de recherche qui nous attirent le plus. La thèse de doctorat précise déjà ce choix et permet au chercheur de jongler avec les concepts  et les idées expérimentales pour mener à terme son propre projet de recherche. S’en suivent un ou plusieurs emplois en qualité de post-doctorant pendant  lesquels le chercheur, devenu plus indépendant, est vivement invité à voyager pour découvrir d’autres laboratoires si possible dans un contexte culturel  différent et à parfaire ses connaissances d’anglais, indispensables à la communication dans les sciences. C’est ainsi que mon parcours professionnel, de  Berne à Lausanne, en passant par Baltimore et Bethesda aux Etats-Unis, m’a plongé dans l’univers de l’endocrinologie moléculaire, c’est-à-dire des signaux  hormonaux qui, dans une cellule, aboutissent à la régulation des voies métaboliques dans le corps.


Laboratoire © DR

En tant que professeur, mon rôle n’est plus de mener personnellement un projet expérimental de A à Z mais d’en superviser plusieurs, au sein d’une thématique commune. J’ai sous mon aile une équipe de recherche composée de post-doctorants, de doctorants, d’étudiants et de laborantins, qu’il convient de guider, d’aiguiller, de conseiller et de motiver. Une partie de ma journée est donc consacrée à des discussions avec les différents chercheurs du groupe dont je suis  responsable. Par ailleurs, je consacre beaucoup de temps à la lecture d’articles scientifiques, afin de rester à jour sur tout ce qui touche de près ou de  loin à mon domaine de prédilection. Fréquemment, la mise en commun des savoir-faire et des connaissances est bénéfique pour faire aboutir une recherche. Dans  cette optique, je m’occupe donc de créer des collaborations fructueuses non seulement entre mes collaborateurs mais aussi avec des collègues du monde entier. Ces contacts se créent souvent lors de conférences et congrès internationaux auxquels je participe, à raison d’une bonne demi douzaine par année environ. Cela m’amène à voyager souvent et à faire sans cesse de nouvelles connaissances enrichissantes. Lors de ces congrès, je suis souvent sollicité pour présenter mes axes de recherche et les résultats obtenus. Cela fait appel à des qualités de synthèse, de simplification et d’orateur. Quand une recherche a abouti à un  résultat jugé important pour l’avancée de la science, je m’occupe de la rédaction d’articles destinés à être publiés dans des journaux scientifiques, si possible les plus prestigieux.


La mise sur pied, le développement et le fonctionnement d’un laboratoire de recherche sont extrêmement coûteux. Avec les chercheurs de mon équipe, je rédige des requêtes pour obtenir des financements pour nos projets qui sont mis en concurrence avec ceux, nombreux, émanant d’autres laboratoires.
 
L’enseignement représente une part importante du métier de professeur en sciences. Durant toutes mes années de professorat, j’ai dispensé des cours et des  séminaires aux étudiants en cursus universitaire (biologie, médecine, pharmacie). Cela m’a permis de mettre à profit mes compétences pédagogiques acquises de ma première formation d’enseignant. Certains de ces étudiants, interpelés par le domaine de recherche de mon laboratoire, y ont ultérieurement réalisé un  travail pratique ayant abouti à une maîtrise ou un doctorat. Cette proximité constante avec les chercheurs de demain est stimulante pour la transmission du  savoir.

Actuellement à un cheveu de la retraite, je vois peu à peu mes derniers doctorants et post-doctorants terminer leurs travaux et partir vers la suite de leur carrière. Mais être chercheur n’est pas simplement pour moi un métier, c’est une passion qui définit l’homme que je suis. Aussi, mes activités, loin de se  terminer, vont se prolonger, que ce soit dans la rédaction d’ouvrages scientifiques spécialisés ou vulgarisés, ou encore dans ma participation active dans  des compagnies privées de recherche et développement innovatrices. Par ailleurs, mes compétences spécifiques qui m’ont déjà amené à être consultant  scientifique, par exemple dans l’appréciation de demandes de fond ou la relectures de manuscrits, vont très certainement se poursuivre et me permettront de continuer à faire bénéficier de mes connaissances. Peut-être aussi vais-je avoir enfin du temps pour m’intéresser à d’autres domaines que celui qui a été le  mien pendant toute ma carrière !

Sa dédicace

A part l’air que nous inhalons, l’alimentation constitue la seule matière extérieure que notre corps ingère. Elle exerce de ce fait l’impact environnemental le plus important et le plus constant, tout au long de notre vie. Les sciences de la nutrition encourent actuellement une véritable révolution technologique qui leur permet enfin d’entrevoir comment les composants de notre alimentation agissent sur nos gènes  et influencent notre état de santé. La pleine réalisation du potentiel prometteur de la recherche scientifique dans ce domaine nécessite transparence et information à l’égard de la population.

Grâce à son interface simple et vivante, Futura-Sciences contribue ainsi à vulgariser et à diffuser les concepts servant au développement de la nutrition de demain.

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