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L’incontinence urinaire en détail

En France, 3 millions de personnes souffrent d'incontinence, qu'elle soit urinaire ou fécale. Ce dossier présente les causes de cette affection, les divers traitements et des conseils pour l'éviter.

Page 8 / 15 - Les traitements de l'incontinence Sommaire
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Poser le diagnostic d'incontinence permet d'envisager les différents traitements de l'incontinence urinaire.


Il existe plusieurs traitements de l'incontinence, une affection handicapante au quotidien. © capl@washjeff.edu-nc sa 3.0

Le diagnostic de l'incontinence

Un bon diagnostic, c’est aussi pouvoir respecter certaines règles pour se sortir de l’incontinence. Une personne incontinente peut en effet aider son médecin et jouer un rôle de première importance pour soulager sa vessie et son esprit de ce fléau. Ceci tient en cinq points.

  • Se rendre en premier lieu chez son médecin traitant ou un spécialiste (urologue) pour exposer son mal-être face à l’incontinence car il pourra effectuer un premier interrogatoire. Il s’agit d’identifier les troubles et d’en établir la gravité, de rechercher les antécédents familiaux, chirurgicaux, gynécologiques ou andrologiques, obstétriques pour trouver le bon traitement aux symptômes décrits.
  • Parallèlement, le patient entre en action et doit tenir un calendrier mictionnel, très bon support qui dresse les difficultés rencontrées pour uriner comme la dysurie (jet d’urine de faible intensité) ou les gouttes retardataires, qui permet de noter la fréquence (jour/nuit et volume), si la vessie est complètement vidée ou non, si des brûlures apparaissent lors du passage aux toilettes et s’il y a eu besoin de protections et de les chiffrer. Cette part active du patient sert d’adjuvant au médecin qui pourra alors se baser sur un tableau le plus objectif possible.
  • Une fois ces deux éléments remplis, un examen clinique est nécessaire pour déterminer le type d’incontinence dont souffre le patient (urinaire ou anale mais aussi à l’effort, par impériosité ou mixte). L’examen consiste à observer les comportements vésicaux en cas de vessie pleine et vide et en position allongée. Il doit également être en mesure de constater un éventuel prolapsus ainsi que la tonicité du périnée.
  • En outre, pour repréciser la sévérité de l’incontinence, le médecin peut prescrire un examen complémentaire qui consiste à faire un bilan urodynamique. Il s’agit de l’implantation d’une sonde munie de capteurs à pression à l’intérieur de la vessie, de la remplir afin d’observer son comportement et celui du patient. De plus, lors de ce bilan, il est noté la débitmétrie (mesure du jet d’urine et de son intensité), la cystomanométrie (enregistrement de la pression dans la vessie en cas de remplissage et de vidange), la sphinctérométrie ou encore appelée profilométrie urétrale (mesure de la pression du sphincter lors de l’enlèvement de la sonde dans l’urètre) et enfin le test de la toux pour savoir si elle provoque des fuites urinaires ou non. Le but de ce bilan est de détailler le fonctionnement de l’appareil vésicosphinctérien, de pointer où se situe la faille de ce système et de chiffrer en détail les éléments anatomiques.
  • Enfin, une endoscopie peut être envisagée pour détecter d’éventuelles anomalies de type perforation présentes sur la paroi vésicale voire urétrale.

Par ailleurs, une échographie peut être pratiquée pour déceler un problème survenu au niveau des reins ou de la vessie et reste surtout optionnelle en cas de point de discorde sur les résultats cliniques et urodynamiques.

Il existe de multiples traitements adaptés d’après le type d’incontinence auquel doit faire face le patient et selon la gravité. Le recours à une thérapie médicamenteuse et la chirurgie sont les deux traitements principaux mais il émerge aussi des solutions alternatives et moins lourdes.

Traitement de l'incontinence : la pharmacologie

Les médicaments sont majoritairement employés pour soigner l’incontinence d’hyperactivité vésicale. Certaines molécules regroupées sous la terminologie de médicaments anticholinergiques sont disponibles en France pour traiter l’urgenturie (qui par voie de conséquence relaxent le détrusor). Ils bloquent les récepteurs muscariniques c’est-à-dire ceux qui contractent correctement la vessie. Il s’agit de l’oxybutinine, du chlorure de trospium, de la toltérodine, de la solifénacine et de la darifénacine qui diminuent la pression vésicale. Des effets secondaires peuvent apparaître comme la xérostomie (c’est-à-dire la sécheresse buccale), des troubles cognitifs et de la constipation. Ils marquent une avancée significative dans le domaine de la nouvelle classe thérapeutique française. Leur prescription se fait à dose progressive et est hautement surveillée par le médecin. Les myorelaxants peuvent s’avérer utiles dans la guérison car ils sont décontractants.

Concernant la période de ménopause, les femmes peuvent disposer d’un traitement substitutif hormonal et local à base d’œstrogènes car leur taux diminuent lors de cette phase, ce qui provoque un relâchement du plancher pelvien et favorise l’incontinence.

Ainsi, une multitude d’aide médicamenteuse ou chirurgicale accompagnée d’un peu d’exercice physique pour renforcer la tonicité des muscles ou leur maintien s’ouvre aux patients souffrant d’incontinence urinaire. La recherche avance et les progrès apportent sinon ne guérison totale du moins un soulagement inévitable.

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