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Dopage : la traque aux molécules dopantes

Il est courant de pratiquer une activité sportive, porteuse de valeurs positives comme le respect ou l'esprit d'équipe. Des vertus qui peuvent parfois être entachées par le dopage. Quels sont les produits utilisés ? Comment les détecter ? Des réponses que vous trouverez au fil des pages de ce dossier.   

Page 11 / 14 - Le dopage de demain ? Une traque de plus en plus complexe Sommaire
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Jean-Luc Veuthey Vice-Recteur de l’Université de Genève

Si les techniques d’analyse pour le contrôle antidopage ont progressé, le dopage lui même devient de plus en plus complexe et joue à cache-cache avec les laboratoires et les autorités. Molécules plus grosses de type biologique, molécules endogènes, transfusions sanguines autologues... les difficultés d’analyse sont nombreuses et la frontière entre le naturel et le synthétique est parfois indétectable.

On peut craindre de voir apparaître bientôt des manipulations génétiques à des fins de dopage. Les techniques de la génétique, qui, appliquées à des plantes ou des animaux, ont permis de nombreux progrès notamment dans l’agronomie, pourraient en inspirer plus d’un, qui seraient tentés de les appliquer à l’Homme pour augmenter ses performances sportives…

Un bœuf de la race Bleu-Blanc-Belge. © Agriflanders, cc by 2.0
Un bœuf de la race Bleu-Blanc-Belge. © Agriflanders, cc by 2.0

Parmi les exploits réalisés sur des animaux, on peut citer la création d’une race de bœuf dans les années 1990, le Bleu-Blanc-Belge, qui possède un gène lui permettant de devenir déficient en myostatine, une protéine qui régule la croissance des muscles. L’absence de cette protéine conduit à une croissance hors norme de l’animal (sans effet secondaire décelé à ce jour). Mais la déficience en myostatine peut être naturelle et créer spontanément des surhommes, comme en témoigne le cas de Liam Hoekstra, né en 2005 avec une déficience de ce gène, issue d’une mutation génétique rarissime qui inhibe sa production de myostatine.

Chez l’Homme, on assiste de plus en plus à des phénomènes qui ouvrent la porte à de sérieuses interrogations sur de nombreux plans, et tout particulièrement celui de l’éthique. Ce fut le cas aux Jeux olympiques d’hiver de 2006, à Turin, avec une athlète inscrite aux Jeux féminins alors qu’elle avait un gène de caractère masculin. De même, un test de féminité pratiqué sur l’Indienne Santhi Soundarajan s’est révélé anormal et l’athlète a été privée de sa médaille d’argent du 800 m des Jeux asiatiques de Doha.

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