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Arrêter de fumer : comment s’affranchir du tabac

Les dangers de la cigarette sont nombreux. Pour arrêter de fumer il existe divers traitements et aides, présentés dans ce dossier. Un spécialiste répond également aux questions sur le sevrage tabagique.

Page 10 / 14 - Tabac : dopamine et addiction Sommaire
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La dopamine est souvent mise en cause dans la dépendance au tabac. Mais comment agit-elle ? Quels sont ses liens avec la sérotonine et la noradrénaline ?

Quel est le rôle de la dopamine dans la dépendance au tabac ? Sur ce schéma, évolution naturelle de l’abstinence tabagique (d’après Sachs II). © Gilbert Lagrue, Sevrage tabagique et pseudo-sciences par - SPS n° 258, juillet-août 2003.
Quel est le rôle de la dopamine dans la dépendance au tabac ? Sur ce schéma, évolution naturelle de l’abstinence tabagique (d’après Sachs II). © Gilbert Lagrue, Sevrage tabagique et pseudo-sciences par - SPS n° 258, juillet-août 2003.

Quatre-vingt-dix pour cent des fumeurs ayant arrêté de fumer sans aide médicale ou avec placébo se remettent à fumer au bout de 6 mois. Avec les chewing-gums à la nicotine, ils sont 84 % à rechuter. Il y a donc un écart de 6 points (29). Cela laisserait à penser que les TSN ne sont pas aussi efficaces qu’on le souhaiterait. Quelles sont les perspectives d’avenir pour une amélioration de ces traitements ?

La dopamine, seule responsable de l’addiction ?

Une nouvelle voie semble s’ouvrir avec les travaux mettant en évidence le rôle de la sérotonine et de la noradrénaline en plus de la dopamine dans le processus de dépendance. Par ailleurs, parmi les quelque 800 composants (dont le sucrose, le miel et le chocolat) de la cigarette et de sa fumée, il semble, d’après une étude Inserm, que certaines substances aient une importance non négligeable dans la constitution de la dépendance à la cigarette.

Composés de la cigarette supposés nocifs en dehors des sucres, miel et chocolat. © DR
Composés de la cigarette supposés nocifs en dehors des sucres, miel et chocolat. © DR

Comment agit la dopamine ?

Schématiquement, la dopamine est un neuromédiateur qui intervient dans le circuit dit de la récompense, soit celui du plaisir, elle est impliquée avec la prise de toutes les drogues. Au plan biologique, elle est libérée au niveau des synapses neuronales et va se fixer sur les récepteurs spécifiques d’un autre neurone au niveau de son axone.

Action de la dopamine sur les neurones. © svtoiselet.free.fr autorisation/MR Morales du site
Action de la dopamine sur les neurones. © svtoiselet.free.fr autorisation/MR Morales du site

Une fois que la dopamine est fixée sur les récepteurs du neurone récepteur, l’activation de ce dernier se fait et la dopamine est relâchée dans la fente synaptique (interface entre la structure émettrice et la structure réceptrice) ce qui lui permet d’être recapturée dans le neurone émetteur ; c’est la voie de la recapture (5 du schéma). C’est ici qu’interviennent les drogues ; elles bloquent le système de recapture de la dopamine, il en résulte une plus grande quantité de neurotransmetteurs présents dans la fente synaptique, donc une plus intense stimulation du neurone récepteur, par conséquent, une activation intensifiée du circuit de la récompense.

À part le système dopaminergique, y en a-t-il d’autres ?

Il existe dans le cerveau des systèmes qui perçoivent l’environnement. Le rôle du système noradrénergique est de rendre l’environnement attrayant, celui du système sérotoninergique est de moduler les impulsions c'est-à-dire de contrôler les envies en régulant les réponses. Ces deux systèmes sont liés et couplés. Par exemple un grand cri vous fait sursauter (le système noradrénergique vous donne envie de fuir) et la réaction que vous aurez à la suite (fuite ou pas) sera modulée par le système sérotoninergique. Les drogues les activent en même temps, ce faisant le lien qui existe entre eux se défait. Il n’y a donc plus de lien entre le désir et le contrôle. Chez une personne qui consomme de la drogue, le lien désir-contrôle étant défait, toute émotion intense va provoquer un besoin irrépressible et compulsif de consommer sa drogue, comme pour compenser ce manque de contrôle.

Quels liens entre dopamine, sérotonine et noradrénaline ?

Au niveau biologique, les deux systèmes sérotoninergique et noradrénergique contrôlent le cortex qui lui-même contrôle la libération de la dopamine. Si on bloque les deux premiers, expérimentalement, les drogues n’ont plus d’effet chez l’animal (30).

Un substitut du tabac plus efficace ?

Il a été démontré que la nicotine seule et les IMAO (inhibiteurs de la monoamine oxydase) seuls ne défont pas le lien désir-contrôle mais associés tous les deux ils le défont. Il se trouve que les IMAO sont présents dans le tabac. Dès lors il ne s’agit plus de dépendance à la nicotine mais de dépendance au tabac dont au moins un des composants  est nécessaire en sus de la nicotine, pour développer une addiction. C’est à partir de ces travaux que les espoirs de l’élaboration d’un substitut plus efficace que les TSN sont permis.

Un brevet pour un nouveau médicament de sevrage

Un brevet européen protégeant un composant permettant le servage tabagique a été déposé en octobre 2009, dont les travaux desquels il est issu, ont été récompensés par le prix de l’European College of Neuropsychopharm Acology en septembre 2009.  Il reste à l’industrie pharmaceutique de s’y intéresser réellement.

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