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Aliments : une source de produits dangereux ?

Nos aliments contiennent-ils des molécules dangereuses pour notre santé ? Futura-Sciences décortique les effets des différentes substances qui suscitent les interrogations des scientifiques et des consommateurs.

Page 15 / 15 - Bisphénol A : les doutes persistent Sommaire
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Le bisphénol A est l’une des molécules retrouvées dans nos aliments les plus médiatisées. Ce composant de nos plastiques alimentaires est-il réellement dangereux pour notre santé ?

Le bisphénol A est une molécule utilisée dans les plastiques alimentaires. © DR
Le bisphénol A est une molécule utilisée dans les plastiques alimentaires. © DR

Créé en 1891, le bisphénol A (ou BPA ou 4,4'-(propan-2-ylidène)diphénol, ou p, p'-isopropylidène bisphénol) est un composé organique aromatique artificiel de formule C15H16O2, constitué de deux phénols liés par un équivalent propane.

Il possède des propriétés similaires à l’œstrogène et fut à ce sujet très étudié dans les années 1930. En effet, il possède la capacité de se fixer (1.000 fois moins efficacement que la molécule naturelle) sur le récepteur alpha des œstrogènes, ce qui aurait pu mener à son utilisation dans le rôle d’œstrogène de synthèse.

Finalement détourné de son rôle premier suite à la découverte de molécules encore plus efficaces, il fut utilisé dès les années 1960 dans la fabrication de plastiques et de résines, où il est associé à d’autres substances chimiques.

Utilisation du bisphénol A dans les emballages plastiques

Ainsi, on retrouve du bisphénol A dans un grand nombre de produits, comme dans les CD, les lunettes de soleil, les tickets de caisse, mais aussi les emballages alimentaires : bouteilles recyclables, biberons (le bisphénol A est interdit dans les biberons en Europe depuis lété 2011), vaisselle (assiettes et tasses). Des résidus de BPA se retrouvent également dans des résines époxy utilisées pour fabriquer des films de protection dans les canettes et certaines boîtes de conserve.

Le BPA peut migrer en petites quantités dans les aliments et les boissons stockées dans des matériaux qui contiennent cette substance, surtout lors du chauffage du plastique (où le polymère qui le compose, sous l'effet de la température, libère une partie du bisphénol A). Ainsi, l’exposition journalière moyenne est estimée à 7 microgrammes de BPA par adulte et par jour, et 90 % des adultes testés ont des traces de bisphénol A dans leurs urines.

 
Les biberons européens sont désormais sans bisphénol. © Sfar, Flickr, CC by-nc-nd 2.0

Risques pour la santé

Le bisphénol A fait l’objet de beaucoup d’études scientifiques concernant ses effets sur la santé, qui ont souvent donné des résultats contradictoires. Malgré tout, son action sur le récepteur alpha des œstrogènes lui confère une action hormonale possible, et permet de le classer dans la catégorie des perturbateurs endocriniens

Des études effectuées sur des rats ou des souris ont montré des effets néfastes sur la reproduction, sur les intestins, le cœur, voire sur le développement embryonnaire. Toutefois, il existe des différences majeures entre les espèces de rongeurs et l’Homme sur la façon dont le BPA est assimilé par l’organisme et il n’est donc pas pertinent de transposer les résultats d’une espèce à l’autre. Chez l’Homme, le bisphénol est rapidement éliminé par les urines (en 4 à 5 heures) et ne s’accumule vraisemblablement pas, excepté chez les fœtus et les nourrissons. 

Règlementations

Le manque de rigueur de certaines études ne permet pas de conclure avec certitude sur les risques réels de la molécule. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a néanmoins établi une dose journalière tolérable (DJT) de 0,05 milligramme par kilogramme de poids corporel pour le BPA, suivant la dose estimée comme n'ayant aucun effet chez l'animal. Actuellement, le bisphénol A n’est plus autorisé dans les biberons européens, mais reste autorisé dans d’autres emballages alimentaires.

Des alternatives au bisphénol A ?

Le bisphénol A préserve la souplesse du PVC (polychlorure de vinyle) et évite que les plastiques ne se cassent lors des chocs. Les industriels qui ont la volonté de modifier la composition de leurs plastiques doivent donc trouver des molécules aux mêmes propriétés, ou accepter de commercialiser des produits moins résistants.

Ces dernières années, le bisphénol A a beaucoup fait parler de lui, avec ses détracteurs et ses défenseurs. Retour sur le fil d’actualité mouvementé de cette molécule aux effets encore bien mystérieux…

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