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Alcool, effets sur la santé : une expertise collective de l'Inserm

La consommation excessive et régulière d'alcool est dangereuse pour la santé. Elle est directement responsable de près de 23 000 décès chaque année en France, sans compter les décès par accidents sous l'emprise de l'alcool. Cirrhose du foie, cancers, troubles du système nerveux, syndrome d'alcoolisation fœtale sont les pathologies les plus graves provoquées par la consommation excessive de boissons alcoolisées...

Page 3 / 7 - Les principales pathologies liées à la consommation excessive d'alcool Sommaire
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Consommé en excès pendant plusieurs années, l'alcool exerce des effets redoutables sur l'organisme. Comme il passe directement dans le sang, les principaux organes sont touchés, surtout le foie et le système nerveux. Les voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, œsophage et larynx), directement en contact avec le produit, peuvent également être atteintes.

L'excès d'alcool est toxique pour le foie

Une consommation chronique d'alcool peut entraîner des perturbations hépatiques telles qu'une stéatose, caractérisée par une surcharge en lipides, une hépatite alcoolique ou une cirrhose. L'ensemble de ces pathologies constitue les maladies alcooliques du foie. La malnutrition, tout comme le surpoids, semblent favoriser ces pathologies hépatiques. Environ 9 000 décès par cirrhose alcoolique ont été recensés en France en 1998. La plupart des cirrhoses sont diagnostiquées vers l'âge de 50 ans chez l'homme. La durée d'intoxication nécessaire pour développer une cirrhose est estimée à au moins 10 ans chez les femmes et au moins 15 ans chez les hommes, pour des doses quotidiennes plus faibles chez la femme : d'après les études, le risque de développer une cirrhose devient important (risque multiplié par 3 ou 4) à partir de 30g d'alcool par jour chez la femme et 50g d'alcool par jour chez l'homme. Après le diagnostic d'une cirrhose, 40 à 80% des patients décèdent dans les 5 ans. La transplantation hépatique reste l'ultime recours en cas de cirrhose alcoolique sévère.

L'excès d'alcool provoque des cancers


C'est aujourd'hui bien démontré : les gros consommateurs présentent plus de risque de développer un cancer des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, œsophage et larynx) que ceux qui ne consomment pas ou peu d'alcool. Selon la quantité d'alcool ingérée chaque jour, le risque est entre 2 et 6 fois plus important. L'alcool et le tabac forment un redoutable cocktail aux effets particulièrement néfastes. Consommés conjointement, ils augmentent nettement le risque de survenue des cancers des voies aérodigestives. Comparés à ceux qui ne boivent pas d'alcool et ne fument pas de tabac, les consommateurs de plus de 45g d'alcool par jour ont deux fois plus de risque de développer un cancer de la cavité buccale et du pharynx. Ce risque est multiplié par 15 si, de surcroît, ils fument chaque jour plus de 40 cigarettes. De même, les personnes qui boivent et fument beaucoup ont un risque de développer un cancer de l'œsophage multiplié par 44.

Le cancer du foie peut aussi se déclarer suite à une consommation excessive d'alcool. Ce type de cancer n'apparaît que chez les patients ayant d'abord développé une cirrhose. Pour ces patients cirrhotiques, et en particulier pour ceux ayant été infectés par le virus de l'hépatite B ou C, la probabilité d'être atteints d'un cancer du foie dans les cinq années qui suivent est estimée à 15-20%.

Certaines études soulignent la probable relation entre une consommation chronique d'alcool et le risque de développer un cancer du sein chez la femme. Au-delà de 10g d'alcool par jour, ce risque semble augmenter de 10% tous les 10g supplémentaires d'alcool consommés.

Les effets de l'alcool sur le système nerveux


Les changements de comportement lors d'une prise d'alcool varient en fonction de la dose d'éthanol ingérée : effet psychostimulant si l'alcoolémie - l'alcoolémie est le taux d'alcool dans le sang. Elle s'exprime en gramme d'alcool par litre de sang - ne dépasse pas 0,5g par litre de sang, effet sédatif au-delà. L'effet psychostimulant s'accompagne d'une désinhibition : les tâches cognitives sont exécutées plus rapidement, avec une sensation de facilité, mais avec un taux d'erreur accru. Cet effet désinhibiteur peut engendrer des comportements de prise de risque, au volant d'une voiture par exemple. A long terme, la consommation d'alcool entraîne des troubles qui ne sont pas directement liés au taux d'éthanol dans le sang. Des troubles cognitifs sont fréquemment observés chez plus de 50% des consommateurs excessifs.

Ces troubles affectent la mémoire, les capacités visuomotrices et perceptives, les praxies (adaptation des mouvements au but visé), l'abstraction ou les capacités d'élaboration. Ces symptômes peuvent persister après le sevrage, pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Plus grave, l'encéphalopathie de Wernicke, surtout quand elle évolue en syndrome de Korsakoff (troubles importants de la mémoire, fabulation, fausses reconnaissances), se traduit par un état confusionnel, des troubles visuels et des problèmes dans la coordination des mouvements. Le cortex frontal, une région cérébrale impliquée dans la réalisation des tâches cognitives, est particulièrement sensible aux effets de l'alcool. Il n'existe pas de mécanisme unique expliquant la neurotoxicité du produit. Toutefois, il est certain que l'éthanol, lui-même, est neurotoxique : à fortes doses, il perturbe les mécanismes de transmission de l'information nerveuse. Il peut même détruire les neurones. Mais l'alcool agit aussi de manière indirecte. Par exemple, il peut induire une carence en vitamine B1 (thiamine), responsable du syndrome de Wernicke-Korsakoff.


Au delà de 0,5g d'alcool par litre de sang mieux vaut ne pas prendre le volant

Crédit : oct.zoy.org

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