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L'oncomoduline : Une protéine qui répare le nerf optique

Il y a cinq ans, des neurologues parvenaient à régénérer en partie des nerfs optiques endommagés, en provoquant simplement une inflammation de l'œil. Cependant, les macrophages suspectés d'être à l'origine de cette réparation étaient aussi coupables de sécréter des substances chimiques nocives pour les cellules nerveuses. Récemment, des chercheurs sont parvenus à isoler la molécule régénératrice et, en l'introduisant dans des yeux de rats, ils ont obtenu des résultats significatifs.

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En haut : fibres nerveuses endommagées ne se régénérant pas En bas : fibres nerveuses traitées par oncomoduline (Crédits : Larry Benowitz)
En haut : fibres nerveuses endommagées ne se régénérant pas
En bas : fibres nerveuses traitées par oncomoduline
(Crédits : Larry Benowitz)

Le nerf optique relie l'œil au cerveau et, lorsque des blessures ou des maladies comme le glaucome l'endommagent, les fibres nerveuses ne se régénèrent pas, probablement pour éviter que des mauvaises reconnections ne se forment. Il y a plusieurs années, une équipe menée par Larry Benowitz, de l'Hôpital pour enfants de Boston, dans le Massachusetts, avait montré qu'induire une réponse inflammatoire dans l'œil était susceptible de favoriser la croissance des axones, mais s'accompagnait généralement d'effets secondaires pouvant malheureusement altérer, voire détruire, les cellules nerveuses.

En analysant les différentes substances sécrétées par les macrophages, l'équipe est parvenue à isoler une protéine, l'oncomoduline, qui semble bien être à l'origine du processus de régénération. En effet, lorsque des fibres nerveuses se trouvent au contact de cette molécule, leur taille croît de 45%, soit 50% de mieux qu'avec tous les autres stimulants existant à ce jour, dont le facteur neurotrophique ciliaire (CNTF).

Forts de ce résultat, présenté dans l'édition en ligne du 14 mai de Nature Neuroscience, Larry Benowitz et ses collègues ont ensuite injecté de l'oncomoduline dans des yeux de rats aux nerfs optiques endommagés. Les mammifères ainsi traités ont vu leurs fibres nerveuses s'étendre sept fois plus que celles des animaux témoins.

Les axones des rats ont connu une grande extension, mais le traitement à l'oncomoduline n'a pas permis de restaurer la vision. Selon les chercheurs, pour ce faire, il faudrait contraindre les axones à se connecter aux sites appropriés du cerveau.

Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant que cette technique ne puisse être utilisée efficacement sur l'homme mais, un jour, l'oncomoduline pourrait bien servir à rétablir la vision ou à réparer des dommages subis par la moelle épinière.


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