Mots-clés |
  • Santé,
  • cancer,
  • diabète,
  • bactéries

Cancer : bactéries et obésité augmentent le risque chez les souris

Une étude met une fois de plus en évidence le rôle majeur joué par les bactéries digestives. Les auteurs ont montré que chez des souris obèses le déséquilibre de la flore intestinale pouvait conduire au développement de cancers.

L’obésité est un problème de santé publique qui augmente le risque de contracter des maladies comme le diabète et le cancer. Cette étude montre que le dérèglement de la flore intestinale chez des souris obèses peut conduire au développement du cancer du foie. © Joris Louwes, Flickr, cc by 2.0 L’obésité est un problème de santé publique qui augmente le risque de contracter des maladies comme le diabète et le cancer. Cette étude montre que le dérèglement de la flore intestinale chez des souris obèses peut conduire au développement du cancer du foie. © Joris Louwes, Flickr, cc by 2.0

Cancer : bactéries et obésité augmentent le risque chez les souris - 2 Photos

PDF

L’obésité est une maladie émergente qui favorise l’apparition d’un certain nombre de pathologies chroniques comme le diabète et les problèmes cardiovasculaires. Selon l’étude Obépi de 2012, 1,4 milliard d’individus de 20 ans et plus en souffriraient et auraient un risque plus élevé de tomber malade.

De nombreuses études ont démontré l’influence d’une surcharge pondérale sur la survenue de cancers. L’obésité favoriserait, entre autres, le développement des cancers du sein, du colon, du pancréas et de l’utérus. Les raisons de la hausse de l’incidence du cancer chez les personnes obèses ne sont cependant pas encore bien déterminées. L’augmentation des taux de certaines hormones, souvent impliquées dans des processus biologiques majeurs, pourrait en partie expliquer ce phénomène.

 Les personnes souffrant d'obésité voient leur flore intestinale se dérégler. Les clostridies (en photo) sont plus nombreuses et produisent des composés qui favorisent le développement de cancers. © CDC, DP
Les personnes souffrant d'obésité voient leur flore intestinale se dérégler. Les clostridies (en photo) sont plus nombreuses et produisent des composés qui favorisent le développement de cancers. © CDC, DP

Des chercheurs de la Japanese Foundation for Cancer Research viennent de mettre le doigt sur une des causes de développement du cancer du foie chez les souris obèses. Leur étude, publiée dans la revue Nature, incrimine la flore intestinale.

L’obésité conduit à la sénescence des cellules hépatiques

À l’origine, les scientifiques voulaient tester l’effet de la sénescence (l’arrêt de la division de certaines cellules), sur la formation de cancers chez les souris obèses. Les chercheurs ont fait l’hypothèse que lors de ce processus, les cellules libéraient des substances pouvant entraîner une inflammation et favoriser le développement de cancers.

Pour tester cette idée, les auteurs ont utilisé des souris génétiquement modifiées possédant des cellules qui deviennent fluorescentes lorsqu’elles sont sénescentes. Ils ont tout d’abord exposé les rongeurs à des produits carcinogènes censés, selon eux, avoir le même effet que la pollution atmosphérique. Dans un deuxième temps, les auteurs ont nourri les souris avec une alimentation équilibrée ou avec des aliments très riches en graisses afin de les rendre obèses. Après 30 semaines, seulement 5 % des souris nourries correctement avaient développé un cancer du poumon. En revanche, les souris obèses présentaient toutes des tumeurs au foie et possédaient une quantité élevée de cellules hépatiques sénescentes.

La flore intestinale de souris obèses est responsable de cancers

Pourquoi les cellules du foie des souris obèses deviennent-elles sénescentes ? C’est en analysant leur sang que les chercheurs ont obtenu une réponse. Ils se sont rendu compte que le sang des rongeurs en surpoids contenait un taux élevé d’acide désoxycholique (DCA), un produit chimique qui peut altérer l’ADN et induire la sénescence des cellules. Ce composé provient du métabolisme de certaines bactéries intestinales de la famille des clostridies. Les chercheurs ont alors comparé la flore intestinale de souris saines avec celle de souris obèses, et ont montré que cette dernière contenait plus de clostridies productrices de DCA. Ils ont alors donné des antibiotiques aux rongeurs malades, ce qui a permis de réduire le nombre de tumeurs.

Ces résultats intéressants démontrent une fois de plus l’importance des microbes intestinaux dans la physiologie. Maintenir une alimentation équilibrée semble donc essentiel pour préserver l’intégrité de la flore intestinale et la santé.


Sur le même sujet

Vos réactions

Chargement des commentaires