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VIH : de nouveaux patients guéris du Sida ?

La conférence sur le Sida pourrait tenir ses promesses d’espoir. Deux patients américains auraient guéri du Sida et douze Français survivent avec le VIH sans aucun traitement depuis 6 ans sans que la maladie n’évolue. La solution se rapproche...

Le VIH a déjà tué 25 millions de personnes dans le monde et en contamine encore 34,2 millions dans le monde selon les dernières estimations. Combien mourront encore du Sida avant qu'on ne parle plus de la maladie ? © visualcience.ru.en Le VIH a déjà tué 25 millions de personnes dans le monde et en contamine encore 34,2 millions dans le monde selon les dernières estimations. Combien mourront encore du Sida avant qu'on ne parle plus de la maladie ? © visualcience.ru.en

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Tous les espoirs sont permis. Après le cas unique du « patient de Berlin », alias Timothy Brown, seule personne officiellement guérie du Sida, la liste pourrait s’allonger de deux nouveaux noms. En effet, lors de la XIXth annual International AIDS Conference, qui se tenait du 22 au 27 juillet à Washington, deux conférenciers du Brigham and Women’s Hospital de Boston ont annoncé suivre deux patients chez qui on ne détecte plus aucune trace du VIH. Les scientifiques restent malgré tout très prudents et ne parlent pas encore de guérison, des analyses ultérieures étant nécessaires. Mais les données actuelles ont de quoi susciter l’optimisme.

L’histoire présente beaucoup de similitudes avec celle de Timothy Brown, mais également quelques différences. L’homme, en plus d’une infection au VIH, souffrait d’une leucémie. Pour traiter son cancer, il avait reçu une greffe de moelle osseuse d’un donneur présentant une mutation génétique qui empêchait le virus de pénétrer les cellules. Depuis, il est libéré du Sida.

Deux cas particuliers qui guérissent du Sida

Les deux Américains séropositifs étaient, quant à eux, atteints d’un lymphome, un cancer s’en prenant également aux cellules du système immunitaire. Leur trithérapie a dû être arrêtée avant le début du traitement contre leur tumeur, donnant l’occasion au virus de sortir de son état de latence et d’entamer de nouveau son processus infectieux. Contre leur cancer, les patients ont, eux aussi, bénéficié de greffes de moelle osseuse, mais cette fois les donneurs n’étaient pas protégés contre le Sida.

Juste avant la greffe, et juste après, le génome du VIH était détectable dans leurs cellules. Mais 8 mois après transplantation, le virus ne laissait plus aucune trace ni dans le plasma sanguin ni dans des cellules mises en culture, et ce malgré l’utilisation des tests de détection les plus sensibles. Aujourd’hui, respectivement 2 ans et 3 ans et demi après l’opération, la virémie reste indécelable.

Le VIH, ici en vert, a disparu du corps des deux hommes à la suite d'une greffe de moelle osseuse. Ils pourraient être, si la rémission est confirmée, les deuxièmes et troisièmes patients guéris du Sida. © C. Goldsmith, CDC, DP
Le VIH, ici en vert, a disparu du corps des deux hommes à la suite d'une greffe de moelle osseuse. Ils pourraient être, si la rémission est confirmée, les deuxièmes et troisièmes patients guéris du Sida. © C. Goldsmith, CDC, DP

Les deux hommes restent sous antirétroviral tant que la rémission n’est pas confirmée, et celle-ci ne pourra l'être qu’ultérieurement, après de nouvelles analyses. Cette thérapie, si elle se montre finalement efficace, ne peut cependant pas constituer une solution globale pour tous les patients séropositifs, pour plusieurs raisons.

En effet, les deux hommes ne sont pas comme la majorité des malades : ils bénéficient naturellement d’une mutation qui les rend plus résistants à l’infection au VIH. Cela joue peut-être un rôle dans l’efficacité de la thérapie, comme le suggèrent les échecs chez des patients non pourvus de la modification génétique. De plus, la greffe de moelle osseuse est périlleuse et les risques de décès suite à l’opération sont plus élevés que ceux de mourir du Sida. Elle est donc bannie pour les séropositifs non atteints d’un cancer du sang.

Vivre normalement avec le VIH sans trithérapie

Une autre étude a fait beaucoup parler d’elle lors de cette même conférence. Elle est française et annoncée par l’Agence nationale de recherche sur le Sida et les hépatites (ANRS). Cette fois, il n’est pas question de rémission mais simplement d’arrêt de traitement sans évolution de la maladie. Douze des quinze sujets ne prennent plus aucun médicament depuis 6 ans et ne s’en portent pas plus mal.

La petite subtilité, c'est que tous ces malades ont commencé un traitement antirétroviral dans les 10 premières semaines qui ont suivi l’infection au VIH, ce qui représente une prise en charge précoce, les délais avant de constater la contamination étant souvent plus longs.

Après 3 ans de trithérapie, l’hôpital d’Orléans leur a demandé de stopper leur médication et suit très précisément chacun de ces patients. Pour la grande majorité d’entre eux, la virémie reste indétectable, exactement comme s’ils étaient toujours sous traitement. Pourtant, cela fait 6 ans qu’ils n’ont pas avalé un comprimé.

C’est une excellente nouvelle car les personnes séropositives sont condamnées à prendre à vie leurs médicaments, qui n’éliminent pas le VIH mais le maintiennent à des taux très faibles. Cela montre qu’il est parfois possible de vivre tout à fait normalement, même contaminé par le virus du Sida. De plus, cette découverte pourrait ouvrir de nouvelles pistes pour comprendre le mécanisme et tenter de le généraliser à tous les patients.

La lutte contre le Sida prouve qu’elle est toujours active et que la rémission complète ne relève pas de l’utopie. Malheureusement, le monde sans VIH n’est pas encore pour demain, et le virus causera toujours de nombreux décès à travers la planète…


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