Mots-clés |
  • médecine

Vaccin contre le VIH : un essai clinique débute en février à Marseille

Alors que les différentes tentatives pour développer un vaccin contre le Sida se sont révélées infructueuses, une équipe de chercheurs marseillais emprunte une autre voie, à travers les protéines Tat (qui participent au développement du virus). L’essai clinique commencera en février dans le sud de la France. Ce traitement, qui avait bien fonctionné sur des singes, sera-t-il aussi efficace chez l’Homme ?

Même si les trithérapies parviennent à diminuer très fortement la charge de VIH dans le sang, au point de le rendre indétectable, ces traitements sont contraignants et non dénués d'effets secondaires. Ce vaccin, s'il s'avère efficace, pourrait protéger du Sida sur plusieurs mois sans avoir recours à la prise quotidienne du médicament. Ce serait déjà une avancée dans la prise en charge des patients. © theodore38, StockFreeImages.com Même si les trithérapies parviennent à diminuer très fortement la charge de VIH dans le sang, au point de le rendre indétectable, ces traitements sont contraignants et non dénués d'effets secondaires. Ce vaccin, s'il s'avère efficace, pourrait protéger du Sida sur plusieurs mois sans avoir recours à la prise quotidienne du médicament. Ce serait déjà une avancée dans la prise en charge des patients. © theodore38, StockFreeImages.com

Vaccin contre le VIH : un essai clinique débute en février à Marseille - 2 Photos

PDF

En février 2013 débutera à Marseille un essai clinique pour évaluer l’efficacité d’un vaccin thérapeutique contre le VIH, le virus du Sida. Mis au point par l’équipe du docteur Erwann Loret, il a déjà été testé sur des macaques. Les premiers résultats semblent prometteurs. Cependant, ce vaccin pourrait-il remplacer les trithérapies ? « Non », rétorque l'Agence nationale de recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS).

Tat Oyi – c’est le nom de ce candidat vaccin – cible une protéine du virus appelée Tat, qui favorise la multiplication virale et bloque la réponse immunitaire de l’hôte. « L’objectif de ce vaccin thérapeutique est de faire produire par le système immunitaire des anticorps qui neutralisent Tat, et ainsi permettre l’élimination des cellules infectées par le VIH », annonce l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) dans un communiqué. Avant de préciser que « le premier bénéfice escompté par ce vaccin serait de pouvoir remplacer la trithérapie ».

Le Sida est causé par un virus, le VIH. Face aux différents échecs, certains laboratoires ont abandonné l'idée d'un vaccin pour se tourner vers de nouvelles thérapies. D'autres ont poursuivi la piste et essaient de l'affiner. © R. Dourmashkin, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0
Le Sida est causé par un virus, le VIH. Face aux différents échecs, certains laboratoires ont abandonné l'idée d'un vaccin pour se tourner vers de nouvelles thérapies. D'autres ont poursuivi la piste et essaient de l'affiner. © R. Dourmashkin, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Objectif du vaccin : diminuer les doses de trithérapies

Le professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS,  s’est empressé de nuancer cette annonce. « Non, ce vaccin ne pourra pas remplacer à terme les trithérapies. Il est là pour stimuler la réponse immunitaire et aider les patients à avoir un meilleur contrôle du virus. C’est un essai de vaccin thérapeutique parmi d’autres. Attendons les résultats de la phase d’évaluation de la tolérance. »

La première phase de l’étude clinique visera à évaluer comment le vaccin est supporté. Menée sur 48 patients séropositifs, elle permettra également de déterminer la dose optimale à utiliser. « Trois groupes seront vaccinés avec Tat Oyi, mais à une dose différente pour chaque groupe. Le quatrième recevra un placébo. » Après trois injections intradermiques espacées d’un mois, les patients cesseront leur trithérapie pendant deux mois. « Au terme de cette période sans traitement, la dose optimale correspondra à celle reçue par le groupe dont la charge virale est restée indétectable pour un nombre significatif de patients. »

En cas de succès de cette première étape, une seconde phase sera lancée sur 80 patients randomisés en deux groupes. Le premier sera vacciné avec la dose optimale alors que l’autre recevra un placébo« le but étant alors de démontrer l’efficacité du vaccin sur un groupe de patients statistiquement significatif », indique l’AP-HM. Mais la route est encore longue.


Sur le même sujet

Vos réactions

Chargement des commentaires