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Sida : guérison spontanée ou erreur de diagnostic ?

La "guérison" spontanée d'un jeune homme britannique laisse la communauté scientifique perplexe.

Image en microscopie électronique du virus VIH.

Image en microscopie électronique du virus VIH.

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En effet, jusqu'à présent, aucun cas de guérison spontanée du sida n'avait été rapporté. Une fois le virus dans l'organisme, celui-ci se multiplie aux dépens du système immunitaire, provoquant ainsi une baisse du nombre de lymphocytes dans l'organisme. Les protocoles thérapeutiques mis au point pour lutter contre la progression du virus dans l'organisme (tri-thérapie) ont permis une grande amélioration de la qualité de vie de nombreux patients, sans pour autant parvenir à débarrasser l'organisme du virus.

Le jeune homme a appris sa séropositivité à 22 ans suite à des examens effectués en raison d'une détérioration de sa santé. Trois ans plus tard, les nouveaux tests pratiqués sont négatifs sans que l'on sache si cela signifie que le virus a disparu de son organisme ou qu'il ne fabrique plus les anticorps contre le VIH.

En absence de toute publication scientifique sur la question, il convient de rester très prudent sur l'interprétation de ces informations. En effet, les médecins affirment qu'aucune inversion de tubes ou d'étiquettes n'a été effectuée, mais il faudrait pouvoir analyser les échantillons prélevés pour s'assurer que les premiers résultats n'étaient pas dus à une erreur de diagnostic. En effet, l'échantillon aurait pu être contaminé au laboratoire et donner ainsi un résultat faussement positif. Il est donc maintenant essentiel de déterminer si l'organisme du jeune homme continue de fabriquer des anticorps ou non. Il est aussi important de vérifier si la présence du virus avait été recherchée durant les premiers tests ou si seuls les anticorps avaient été recherchés.

Si les vérifications confirment les premières observations alors nous serons face au premier cas de guérison spontanée du virus du sida. Il est important que cette nouvelle ne fasse pas naître de faux espoirs chez les malades atteints par ce virus. En effet, ce cas est pour l'instant tout à fait exceptionnel, et rien ne permet d'affirmer que les données qui pourront être récoltées permettront de faire avancer notre connaissance sur le virus. Il ne faut pas non plus exclure la possibilité que ce soit la souche virale ayant infecté le jeune homme qui soit particulièrement peu virulente et ait pu ainsi être éliminée par l'organisme.

Plus d'espoirs sont nés de l'identification de patients dit "VIH contrôleurs". C'est-à-dire des patients dont le système immunitaire arrive à juguler la prolifération du virus. Ces patients sont toujours porteurs du virus (mais à une dose si faible qu'il est indétectable par les techniques habituelles), mais ne développent aucun signe clinique 15 ans après l'infection. Il est possible que leur système immunitaire soit particulièrement efficace pour lutter contre le virus, ou que chez ces personnes le virus ne soit pas capable d'infecter efficacement les cellules. Nous pouvons espérer que la compréhension de ce phénomène permettra des avancées significatives dans la lutte contre le VIH.


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