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Science décalée : s’énerver plus pour vivre plus

Manifester son mécontentement permettrait de vivre plus longtemps. Ce sont les conclusions étonnantes d’une étude allemande qui montre que ceux qui intériorisent leurs émotions ont davantage de risques de développer un cancer ou de souffrir d’hypertension…

Laisser échapper sa colère, l'une des clés permettant d'allonger sa durée de vie. Cependant, ce n'est pas une raison pour s'énerver pour la moindre broutille... © PublicDomainPictures, Pixabay, DP Laisser échapper sa colère, l'une des clés permettant d'allonger sa durée de vie. Cependant, ce n'est pas une raison pour s'énerver pour la moindre broutille... © PublicDomainPictures, Pixabay, DP

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Certains gardent leur calme quand d’autres se font entendre dès que le moindre désagrément les perturbe. Ceux-là détiendraient l’une des clés de la longévité. C’est du moins ce que montre une méta-analyse menée par deux chercheurs de l’université d’Iéna, en Allemagne.

Le contexte : la santé passe aussi par l’humeur

Le comportement influe sur la santé. En effet, les émotions s’expriment par un certain nombre d’hormones qui affectent la physiologie de l’organisme. Ainsi, l’anxieux de nature, à coup d’adrénaline et surtout de glucocorticoïdes, va abaisser son immunité et augmenter les risques de tomber malade.

Qu’en est-il de celui de réprimer sa colère ? La question a interpellé des scientifiques allemands qui ont fouillé dans les archives pour ressortir 22 études sur le sujet. Leurs conclusions, présentées dans le journal Health Psychologies, révèlent qu’il est meilleur pour la santé physique et morale de dire tout ce que l’on a sur le cœur !

L’étude : des répresseurs qui se font mal au cœur

À travers l’étude de 6.775 patients, les auteurs ont observé l’évolution de certains paramètres physiologiques dans une situation stressante, en fonction du tempérament de la personne. Les « répresseurs », comme les appelait Freud, ceux qui gardent leurs émotions négatives pour eux, voyaient leur rythme cardiaque s’emballer.

Manifester sa colère, ça a du bon pour la santé. On évite à son cœur de monter en régime, limitant les risques d'hypertension artérielle et de cancer. © Forca, StockFreeImages.com
Manifester sa colère, ça a du bon pour la santé. On évite à son cœur de monter en régime, limitant les risques d'hypertension artérielle et de cancer. © Forca, StockFreeImages.com

Ils essaient de camoufler au mieux les signes attestant de la peur et se mettent sur la défensive. Plusieurs paramètres objectifs révèlent malgré tout leur anxiété. Ils souhaitent tout contrôler, aussi bien eux-mêmes que leur environnement.

À long terme, une telle situation favorise le développement de certaines maladies, surtout l’hypertension et, moins prévisible, le cancer. En revanche, les personnes qui arrivent à donner de la voix en situation crispante s’avèrent plus à risque de déclencher des maladies coronariennes. Aucune différence n’a été constatée pour les autres maladies cardiovasculaires, les attaques cardiaques ou l’asthme.

L’œil extérieur : l’espérance de vie expliquée par la colère

Pour les auteurs, c’est peut-être l’explication au fait qu’Espagnols et Italiens, réputés pour leur sang chaud, vivent en moyenne deux années de plus que les Britanniques, dont le flegme n’est pas qu’une légende. Un peu léger comme explication dans la mesure où l’espérance de vie ne tient pas qu’à un coup de gueule. L’alimentation, pour laquelle les pays latins sont bien plus réputés, y joue beaucoup, et les taux d’obésité, à l’origine de nombreux troubles cardiovasculaires, sont beaucoup plus élevés sur l’île de Sa Majesté. Par exemple.

Que tous les introvertis se rassurent quand même : leur comportement ne leur joue pas que des vilains tours. Si la moindre petite épreuve les secoue beaucoup, le retour à la sécurité est bien mieux vécu. Tout va bien quand on a le contrôle…


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