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Résistance aux antibiotiques : les élevages intensifs incriminés

Les antibiotiques, ce n’est pas automatique, et pour les animaux d’élevage non plus. Pourtant, aux États-Unis, les exploitations industrielles continuent à délivrer de fortes doses de médicaments au bétail pour augmenter leur masse. Ce n’est pas sans conséquence, puisque les éleveurs sont maintenant porteurs de bactéries antibiorésistantes…

Dans les élevages industriels, les éleveurs américains, mais aussi français, continuent à utiliser des antibiotiques pour faire grossir leurs animaux, malgré les recommandations. En conséquence, les bactéries s'adaptent et ont une raison de plus de devenir résistantes. © St0rmz, Flickr, cc by sa 2.0 Dans les élevages industriels, les éleveurs américains, mais aussi français, continuent à utiliser des antibiotiques pour faire grossir leurs animaux, malgré les recommandations. En conséquence, les bactéries s'adaptent et ont une raison de plus de devenir résistantes. © St0rmz, Flickr, cc by sa 2.0

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Des chercheurs américains ont découvert, dans le nez d’agriculteurs de Caroline du Nord, des bactéries résistantes aux antibiotiques. Une menace réelle puisque les infections qu’elles provoquent sont difficiles à traiter. Mais tous les travailleurs agricoles ne sont pas concernés. Seuls ceux attachés à une exploitation industrielle en particulier en sont porteurs.

La législation américaine ne limite pas l’emploi des antibiotiques dans l’élevage comme le fait l’Union européenne, qui interdit notamment depuis 2006 leur usage pour stimuler la croissance des animaux. C’est pourtant bien ce que pratiquent les exploitations agricoles de type industriel aux États-Unis, d’après les résultats d’une étude menée par des chercheurs de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health (Baltimore).

Des staphylocoques dorés antibiorésistants ont été prélevés chez les travailleurs de ces fermes à haut rendement. Dans celles-ci, le bétail est élevé dans des enclos confinés. À l’inverse, ces bactéries étaient absentes du nez des employés de fermes biologiques, dont les animaux étaient élevés dans les pâturages, sans antibiotiques, comme montré dans Plos One.

Le staphylocoque doré est l'une des bactéries résistantes les plus célèbres. Il est responsable de nombreux cas de maladies nosocomiales, contre lesquelles les traitements sont inopérants.
Le staphylocoque doré est l'une des bactéries résistantes les plus célèbres. Il est responsable de nombreux cas de maladies nosocomiales, contre lesquelles les traitements sont inopérants. © M. Arduino, CDC

Des antibiotiques aussi utilisés dans les élevages européens

Les auteurs se disent inquiets quant à l’utilisation de ces molécules sur le bétail. Selon eux, « les bactéries résistantes pourraient à terme se retrouver dans les hôpitaux, et donc dans la population générale ». Les staphylocoques dorés peuvent être à l’origine d’infections plus au moins graves. Certaines mettent la vie des malades en danger. Souvent traitées par antibiotiques, les bactéries résistantes sont par définition plus difficiles à évincer, puisqu’elles leur résistent.

Si l’UE a bien interdit l’utilisation des antibiotiques pour stimuler la croissance du bétail voilà six ans, certaines exploitations françaises continuent de les administrer en trop grande quantité. Et ce sans surveillance vétérinaire. Pour preuve, selon l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV), en 2009, le volume total des ventes d’antibiotiques vétérinaires s’élevait à 1.067 tonnes. Plus de 92 % avaient été vendus à des élevages d’animaux entrant dans les filières viande, lait et œufs. Et le niveau d’exposition des animaux aux antibiotiques avait augmenté de 12,6 % entre 1999 et 2009.


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