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Paludisme : comment un médicament traditionnel chinois est efficace

La médecine traditionnelle connaît parfois des succès. L’halofuginone, un dérivé synthétique d’une molécule utilisée depuis plus de 2.000 ans en Chine, vient de révéler son mode d’action contre la fièvre due au paludisme. Cette molécule pourrait soigner de très nombreuses maladies !

La plupart des médicaments provenant de la nature, il n'y a rien de surprenant à constater l'efficacité de certaines médecines traditionnelles, ayant le plus souvent recours aux plantes. Elles peuvent même servir de modèle pour la médecine moderne, pour l'aider à trouver de nouvelles molécules thérapeutiques. © Pakhnyushcha, shutterstock.com La plupart des médicaments provenant de la nature, il n'y a rien de surprenant à constater l'efficacité de certaines médecines traditionnelles, ayant le plus souvent recours aux plantes. Elles peuvent même servir de modèle pour la médecine moderne, pour l'aider à trouver de nouvelles molécules thérapeutiques. © Pakhnyushcha, shutterstock.com

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Des chercheurs du Scripps Research Institute (La Jolla, Californie) ont pour la première fois découvert les mécanismes d'action d'un médicament traditionnel chinois utilisé depuis 2.000 ans contre le paludisme, a rapporté dimanche la revue Nature.

Extrait d'une racine d'une variété d'hortensia qui pousse au Népal et au Tibet, le Chang Shan, dont le principe actif est la fébrifugine, a été étudié par ces scientifiques américains.

Leurs travaux ont montré comment l'halofuginone, le dérivé synthétique de la fébrifugine, intervient dans le processus biologique crucial qui permet à l'organisme de synthétiser les protéines dont il a besoin. Il empêche notamment la production de mauvaises cellules Th17 qui jouent un rôle dans les maladies auto-immunes tout en maintenant la production des bonnes cellules Th17, qui protègent contre l'infection.

Le Chang Shan, ou Dichroa febrifuga selon son nom scientifique, est l'une des 50 plantes fondamentales qui composent la pharmacopée traditionnelle chinoise. © Keith Edkins, Wikipédia, cc by sa 3.0
Le Chang Shan, ou Dichroa febrifuga selon son nom scientifique, est l'une des 50 plantes fondamentales qui composent la pharmacopée traditionnelle chinoise. © Keith Edkins, Wikipédia, cc by sa 3.0

Halofuginone, la molécule miraculeuse

« Nos travaux ont résolu un mystère qui intriguait les gens concernant le mécanisme d'action d'un médicament utilisé pour traiter les fièvres associées au paludisme remontrant à environ 2.000 ans ou plus », relève Paul Schimmel, l'un des auteurs de l'article.

Selon ces derniers, la capacité du Chang Shan (également connu sous le nom de Dichroa febrifuga) à combattre les fièvres pourrait s'expliquer par une interférence entre la fébrifugine et le processus moléculaire qui permet aux parasites du paludisme de se maintenir dans le sang d'une personne contaminée.

L'halofuginone avait déjà été étudiée en 2009 par des chercheurs qui avaient découvert sa capacité à prévenir certaines réponses immunitaires, mais son mécanisme d'action restait inconnu. Elle a également été utilisée dans des essais cliniques pour des médicaments contre le cancer. Les chercheurs estiment que les propriétés de l'halofuginone pourraient être utilisées à l'avenir pour créer de nouveaux traitements pour de nombreuses autres maladies.


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