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Le nouveau cœur artificiel bientôt sur le marché ?

Après l’exploit d’un Français lors de la première greffe de cœur en Europe, c’est un autre Français, le Pr. Alain Carpentier qui s’apprête à s’illustrer dans la chirurgie cardiaque en proposant l’implantation d’un cœur artificiel chez des patients dans les mois à venir.

Le Pr. Alain Carpentier présente le cœur artificiel développé par la société Carmat. © CARMAT SAS Le Pr. Alain Carpentier présente le cœur artificiel développé par la société Carmat. © CARMAT SAS

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Fondateur et directeur du laboratoire d’étude des greffes et prothèses cardiaques de l’Université Paris VI, le Pr. Alain Carpentier a reçu en 1998 le Grand Prix de la Fondation pour la Recherche Médicale pour sa brillante carrière en recherche sur la chirurgie cardiaque. L'aboutissement rêvé de ses recherches sera probablement bientôt réalité, lors de l'implantation d’un cœur artificiel autonome dans un patient.

Ce cœur est fabriqué à partir de matériaux bio-synthétiques, conçus pour leur « hémocompatibilité ». Ils doivent en effet éviter les accidents thrombotiques, qui sont le risque majeur de complication lors d’implantations de cœurs artificiels. La prothèse pèse 900 grammes (plus lourd de 600 g que le cœur humain) et se compose de tous les éléments présents au sein de l’organe naturel : deux ventricules et deux oreillettes, quatre valves et un système de régulation. Ce cœur possède actuellement une autonomie de 4 à 5 heures, grâce à sa batterie rechargeable sur une simple prise de courant, voire sur un allume-cigare, mais pourrait se voir à terme doté d’une autonomie prolongée jusqu’à 12 heures.

Après 15 années de développement, la société Carmat créatrice du cœur artificiel connaît ses priorités : la fiabilité, le cœur devant pouvoir battre 230 millions de fois, c'est-à-dire pendant 5 ans ; la régulation, la prothèse devant réagir automatiquement face aux besoins physiologiques du patient ; la compatibilité anatomique : bien que la prothèse soit conçue pour épouser au mieux le corps des patients, un outil de pré-implantation virtuelle a été développé pour s'adapter au cas par cas.

Une des premières transplantations cardiaques, Canada, 1968. Crédits DR
Une des premières transplantations cardiaques, Canada, 1968. Crédits DR

Objectif : sauver des vies

Actuellement, où en sont-ils ? Après la validation toujours attendue des tests précliniques sur des bovins, ce sont des patients dont le pronostic vital est engagé et qui n’ont plus d’autre alternative qui bénéficieront d’une tentative d’implantation, étape programmée pour 2011. Si ces résultats s’avèrent concluants, la commercialisation de ce cœur artificiel sera lancée et l’implantation sera proposée à des patients dont la greffe est moins urgente.

La société Carmat, dont le Pr. Carpentier est le fondateur, a été créée grâce à l’association de trois partenaires : l’EADS, qui apporte sa connaissance dans les technologies et les matériaux de pointe notamment grâce à sa recherche dans l’aérospatial, Truffle Capital et Oseo. Carmat a tout récemment réalisé la première étape de son introduction en bourse, ce qui devrait lui rapporter de nouveaux fonds permettant l’accélération de la commercialisation du produit.

A l’heure actuelle les organes disponibles sont trop rares pour soigner tous les insuffisants cardiaques. L’entreprise envisage ainsi de répondre aux besoins de plus de 100.000 personnes par an grâce à l’implantation de la prothèse. En attendant la validation de ce cœur artificiel, si vous êtes favorable au don d’organe, faites-le savoir à votre entourage !


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