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Grippe H5N1 : un vaccin autorisé aux États-Unis en cas de pandémie

La grippe épidémique A(H5N1) circule en Asie et en Afrique depuis plus de 15 ans, frappant peu mais très sévèrement. Dans l’éventualité où le virus muterait, deviendrait contagieux d’Homme à Homme et provoquerait une pandémie, les autorités sanitaires des États-Unis viennent d’approuver le premier vaccin avec adjuvant capable de prévenir de la maladie à grande échelle.

Les États-Unis viennent d'autoriser le premier vaccin contre la grippe H5N1 avec un adjuvant, permettant de fournir des stocks importants dans l'éventualité d'une pandémie. © Alain Grillet, Sanofi PAsteur, flickr, cc by nc nd 2.0 Les États-Unis viennent d'autoriser le premier vaccin contre la grippe H5N1 avec un adjuvant, permettant de fournir des stocks importants dans l'éventualité d'une pandémie. © Alain Grillet, Sanofi PAsteur, flickr, cc by nc nd 2.0

Grippe H5N1 : un vaccin autorisé aux États-Unis en cas de pandémie - 2 Photos

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En 1997, Hong-Kong faisait face aux 18 premiers cas humains de grippe aviaire A(H5N1). Puis, après 6 ans de répit, la maladie a finalement ressurgi en 2003 en Chine, mais surtout au Vietnam, et continue depuis de circuler sur le continent asiatique, mais également en Afrique, l’Égypte étant aujourd’hui le deuxième territoire le plus durement touché par l’épidémie. Au 8 octobre dernier, l’OMS avait dénombré depuis 2003 et à l'échelle mondiale 641 cas avérés, fatals à 380 reprises, soit une mortalité de 59 %. Un chiffre énorme pour un virus de la grippe, compensé (et heureusement) par une faible force de contagion.

En effet, la grippe ne se transmet que lors d’un contact rapproché avec un oiseau contaminé et pour l’heure, il n’y a aucune raison de penser que le virus passe d’un Homme à un autre. Mais les scientifiques craignent qu’avec le temps, le pathogène mute et devienne bien plus contagieux, auquel cas les scénarios les plus pessimistes imaginent une pandémie responsable de centaines de millions de morts.

Alors les scientifiques tentent de trouver la parade pour nous prémunir d’une telle catastrophe. Depuis quelques années, différents vaccins contre la grippe H5N1 sont même disponibles. Mais aucun d’eux ne se compose d’adjuvants, si bien qu’il faut injecter des doses importantes de virus inactivé pour protéger un individu. Une stratégie qui impose des stocks énormes en cas de pandémie.

Le virus de la grippe aviaire pourrait avoir du mal à causer une pandémie si l'on dispose désormais d'un vaccin utilisable plus facilement à grande échelle.
Le virus de la grippe aviaire pourrait avoir du mal à causer une pandémie si l'on dispose désormais d'un vaccin utilisable plus facilement à grande échelle. © Cynthia Goldsmith, CDC, DP

Un vaccin anti-H5N1 qui protège 91 % des 18 - 64 ans

La Food and Drug Administration (FDA), l’agence du médicament des États-Unis, vient d’approuver le premier vaccin anti-H5N1 avec un adjuvant. Il s’agit de l’AS03, déjà utilisé contre la grippe A(H1N1) qui, elle, a provoqué une pandémie entre 2009 et 2010, pour son aptitude à amplifier la réponse immunitaire. Ainsi, la FDA peut diminuer la quantité de virus inactivés dans chaque vaccin, ce qui augmente donc le nombre de doses disponibles. Elle espère avoir les moyens de lutter si jamais le virus acquérait la possibilité de se transmettre facilement d’Homme à Homme. Pour l’heure, les vaccins ne sont pas vendus mais stockés pour être ressortis le cas échéant. Ce que personne ne souhaite.

La vaccination consiste en deux injections intramusculaires, séparées de 21 jours. Le virus A(H5N1) inactivé et l’adjuvant se retrouvent dans deux compartiments différents, qu’il est nécessaire de combiner avant l’administration.

Le produit a été testé chez 3.400 adultes, comparés à 1.000 participants sous placébo. Chez 91 % des adultes vaccinés, entre 18 et 64 ans, les niveaux d’anticorps laissent supposer une immunité forte contre la grippe, tandis que le chiffre chute à 74 % pour les seniors de plus de 65 ans. Quelques effets secondaires bénins ont été constatés. Le plus fréquent : une douleur sur le lieu de l’injection. D’autres douleurs musculaires, des céphalées, de la fatigue ou des rougeurs ont également été couramment observées, mais la balance bénéfices/risques est jugée favorable.


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