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Fertilité masculine en baisse : un colloque pour sonner l'alarme

Dans tous les pays industrialisés, la fertilité des hommes s'est réduite jusqu'à des niveaux qui deviennent très préoccupants. Entre le tabagisme, le stress et la pollution chimique de notre environnement, les facteurs sont multiples et à peu près connus. Le 25 novembre, des experts feront le point...

Spermatozoïdes colorés au papanicolaou (colorant cytologique pentachrome). © CPMA Spermatozoïdes colorés au papanicolaou (colorant cytologique pentachrome). © CPMA

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On estime qu'aujourd’hui, dans les pays industrialisés, un homme produit deux fois moins de spermatozoïdes que son grand-père au même âge ! A l’inverse, l’incidence du cancer du testicule a augmenté ces dernières décennies. Dans les deux cas, des facteurs environnementaux (tabagisme, stress, exposition aux polluants…) sont en cause.

Ce problème de santé publique figure au cœur d’un colloque organisé le 25 novembre à Paris au Ministère de l’Ecologie, dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, en collaboration avec l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) et le GIS-Institut de Recherche en Santé Publique. Sur le thème Environnement chimique, reproduction et développement de l’enfant, les experts feront le point sur les études et surtout les stratégies à mettre en œuvre « pour faire face aux enjeux ».

Matières plastiques en accusation

Et ils sont de taille. Les chiffres concernant la baisse de la fertilité masculine sont en effet alarmants. Quant aux études réalisées chez les animaux, elles ne sont guère plus rassurantes. Quelques espèces de mollusques souffriraient d’une anomalie du système reproducteur, l’imposex. Elle est caractérisée par le développement d’organes génitaux mâles chez la femelle.  Certains poissons des fleuves et estuaires se féminiseraient également. A en croire les organisateurs du colloque, on observe alors « dans les cas les plus sévères, des incidences d’intersexualité de 100% ».

Sont pointés du doigt, notamment, les résidus de médicaments retrouvés dans les eaux de rivières ou marines. Chez l’Homme, ajoutons à ce facteur de risque le tabagisme, le stress et bien sûr l’exposition à de nombreux produits chimiques.

En septembre dernier, une étude française a également montré que les phtalates – un composé commun dans les plastiques – « étaient délétères pour la mise en place du potentiel reproducteur masculin dans l’espèce humaine ».

Une campagne pour le don de spermatozoïdes

Dans ce contexte, l’Agence de la Biomédecine lance ce 24 novembre un dispositif national pour favoriser le don de spermatozoïdes. Pour certains couples souffrant d’infertilité majeure, c’est là en effet l’unique chance d’avoir un enfant. « Mais le nombre de donneurs est actuellement insuffisant pour satisfaire la demande des couples », indique l’Agence.

En 2006, 248 hommes seulement ont fait don de spermatozoïdes. Il en aurait fallu plus du double pour répondre au besoin, selon l'Agence. Effectivement, cette même année, 2.837 couples ont formulé une demande. Avec un donneur pour onze couples, les délais d’attente peuvent atteindre 2 ans.

Le dispositif d’information et de sensibilisation passe par un numéro Vert : le 0800 541 541 (appel gratuit). Un site internet est également à disposition du grand public. Outre de nombreux témoignages vidéo (donneur, couple receveur, médecins…), toutes les informations médicales et juridiques sur le don y sont accessibles.


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