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Cyberplasm, le microrobot presque vivant pour détecter les maladies

Un prototype de minirobot composé en partie de cellules vivantes et inspiré de la lamproie, un poisson primitif, pourrait être testé d’ici cinq ans. L’engin, dont le concept est inédit, détecterait les maladies en circulant dans le sang, et laisserait entrevoir des avancées dans d’autres domaines, comme dans la mise au point de prothèses musculaires.

S'il devrait ressembler à une lamproie, Cyberplasm pourrait un jour se promener dans nos artères et nos veines à la recherche de signaux moléculaires et visuels de maladies. Le microrobot, partiellement composé de cellules vivantes et d'outils microélectroniques, collecterait des informations qui pourraient servir aux médecins à détecter très vite des bactéries ou des virus pathogènes, ou encore des molécules chimiques annonciatrices de cancer par exemple. S'il n'est pas prévu pour l'heure de lui implanter des outils chirurgicaux pour soigner le mal à la source, l'idée pourrait être envisagée. © Carlos Suarez, StongBox3D

S'il devrait ressembler à une lamproie, Cyberplasm pourrait un jour se promener dans nos artères et nos veines à la recherche de signaux moléculaires et visuels de maladies. Le microrobot, partiellement composé de cellules vivantes et d'outils microélectroniques, collecterait des informations qui pourraient servir aux médecins à détecter très vite des bactéries ou des virus pathogènes, ou encore des molécules chimiques annonciatrices de cancer par exemple. S'il n'est pas prévu pour l'heure de lui implanter des outils chirurgicaux pour soigner le mal à la source, l'idée pourrait être envisagée. © Carlos Suarez, StongBox3D

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Un petit robot pour l’Homme, un pas de géant pour l’humanité ? La question se pose depuis que des chercheurs britanniques et américains annoncent développer un prototype de microrobot qui fonctionnerait comme un être vivant et pourrait, en circulant dans nos artères, détecter des maladies. Cela mérite bien quelques explications.

Le principe est de combiner des éléments de microélectronique de pointe avec les dernières innovations en matière de biomimétisme, ces technologies inspirées de la nature. Le robot serait équipé de cellules de mammifères, qui joueraient le rôle de capteurs sensoriels envoyant des informations à un cerveau électronique, et prenant alors la décision de s’orienter et de nager en allant stimuler électriquement la contraction ou le relâchement de muscles artificiels qui carburent au glucose, comme dans le monde vivant. 

Ainsi, les scientifiques espèrent mettre au point une machine réagissant à la lumière et aux molécules chimiques, de la même façon que le font les systèmes biologiques. Ce qui n’a encore jamais été fait. Les données seraient récoltées et collectées pour qu'un opérateur les récupère ultérieurement et les analyse. Cela devrait aboutir, ils l’espèrent, à un composé très sensible à son environnement et capable de répondre très rapidement à tout changement.

Cyberplasm, le microrobot qui veille sur nous

Ce petit robot, déjà baptisé Cyberplasm, devrait ressembler à un vertébré marin, la lamproie (Petromyzon marinus). Cet animal long de quelques dizaines de centimètres vit en Atlantique et en Méditerranée et parasite des poissons en s’accrochant à la peau de ses hôtes grâce à sa bouche en forme de ventouse. Pourquoi prendre cette créature en modèle ?

Les lamproies ne sont pas vraiment des poissons, même si la confusion est facile à faire. Ils appartiennent au groupe des agnathes et sont des vertébrés primitifs. Ils constituent un modèle de choix pour l'étude du système nerveux, car il est nécessaire de comprendre les mécanismes fondamentaux avant de s'attaquer aux systèmes plus complexes. © U.S. Fish and Wildlife Service, Wikipédia, DP
Les lamproies ne sont pas vraiment des poissons, même si la confusion est facile à faire. Ils appartiennent au groupe des agnathes et sont des vertébrés primitifs. Ils constituent un modèle de choix pour l'étude du système nerveux, car il est nécessaire de comprendre les mécanismes fondamentaux avant de s'attaquer aux systèmes plus complexes. © U.S. Fish and Wildlife Service, Wikipédia, DP

La lamproie est équipée d’un système nerveux simple, et donc bien plus facile à imiter. Étant un animal nageur, il est en plus particulièrement adapté pour se déplacer dans la circulation sanguine. Ces caractéristiques font de ce parasite un très bon candidat.

La première étape consiste donc à mettre au point un prototype de ce Cyberplasm de moins d’un centimètre de long. Par la suite, le but est de créer des versions plus petites, de l’ordre du millimètre avant de voir encore plus petit s’ils le peuvent.

Du diagnostic des maladies à la prothèse musculaire

Ces travaux résultent de l’idée du Conseil de recherche en ingénierie et en sciences physiques (Grande-Bretagne) et de la Fondation nationale de science américaine. Les travaux se déroulent à l’université de Newcastle (Grande-Bretagne) et pour l’heure, les chercheurs n’en sont qu’au développement et au test de chaque composant individuellement. La phase d’assemblage n’est prévue que dans les deux prochaines années. Dans le meilleur des cas, Cyberplasm pourrait être utilisé dans cinq ans.

Ces recherches présentent un intérêt encore plus vaste. Ces travaux se focalisant sur l’interaction entre le cerveau et le mouvement, ils pourraient constituer une première étape menant à des prothèses musculaires capables de répondre au doigt et à l’œil aux injonctions émanant du système nerveux central. La réalité semble donc rattraper la science-fiction !


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